Racisme et santé mentale: une ligne téléphonique de soutien pour les jeunes

Centre francophone du Grand Toronto

Des participants à la table ronde du CFGT sur le racisme jeudi soir.
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Le Centre francophone du Grand Toronto (CFGT) opère depuis vendredi une ligne téléphonique de soutien en santé mentale pour les jeunes de moins de 25 ans aux prises avec divers problèmes, dont du racisme.

C’est ce que la directrice générale Florence Ngenzebuhoro a annoncé jeudi soir à la fin de sa table ronde sur le racisme qui a généré plus de 1300 visionnements et de nombreuses questions et commentaires sur Facebook.

Deux numéros sont accessibles entre 8h30 et 16h30: le 647-881-6761 et le 647-268-2016. Les jeunes peuvent aussi visiter le compte Instagram de l’Espace jeunesse du CFGT.

«Nous souhaitons également appuyer et outiller les familles francophones dans leurs efforts d’encadrer des jeunes Noirs aux prises avec des problèmes sociaux tels que la criminalité accrue, l’usage des stupéfiants ainsi que la pression sociale exercée par les pairs», a précisé Mme Ngenzebuhoro (qui est devenue cette année une des ambassadrices de l’Organisation internationale de la Francophonie pour la consultation des jeunes sur la francophonie de l’avenir).

Table ronde

Animée par Abel Maxwell, le chef des communications du CFGT, la table ronde visait à produire des recommandations à remettre au nouveau Conseil du premier ministre de l’Ontario sur l’égalité des chances, créé dans la foulée des récentes manifestations contre les violences policières.

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La députée de Mississauga Centre, Natalia Kusendova, et le député de King-Vaughan et ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, y participaient, ainsi que trois autres responsables du CFGT: le président Jean-Luc Bernard, la directrice des services d’aide juridique, d’emploi et d’établissement Aissa Nauthoo, et le directeur du développement organisationnel et des ressources humaines Amos Yao Sani.

Les participants à la table ronde du CFGT sur le racisme jeudi soir.

Le racisme persiste

Tous ont convenu que, malgré de grands progrès au Canada en matière de multiculturalisme et de vivre-ensemble, le racisme persiste dans tous les secteurs d’activité (pas juste dans la police «qu’il faut mieux former» et le système judiciaire «trop blanc»).

Trop de barrières freinent encore l’épanouissement des personnes «racisées».

C’est surtout Aissa Nauthoo, directement en contact avec la clientèle majoritairement noire du CFGT et responsables des services qu’ils utilisent le plus, qui a détaillé les nombreuses instances de discrimination qui lui sont rapportées:

– dans le système d’immigration où on doute souvent de l’authenticité des documents africains;

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– dans le logement et l’emploi où on préférera les candidats blancs;

– même dans le système de santé où leurs symptômes de maladies sont parfois minimisés comparés à l’expérience de patients blancs.

C’est un cercle vicieux: la discrimination contre les minorités engendre la pauvreté économique et l’aliénation, qui à son tour alimentent la discrimination…

L’école

Le système scolaire peut lui aussi désavantager et même traumatiser des enfants noirs.

Comme l’ont rappelé Mme Kusendova et M. Lecce, le conseil scolaire public anglophone de Peel a été épinglé récemment pour y avoir discipliné plus sévèrement les Noirs que les Blancs. Le gouvernement de l’Ontario, qui avait commandé une enquête, vient de nommer un superviseur avec mandat d’y restaurer des pratiques plus justes et de respecter une vingtaine de directives.

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De plus, si les écoles du Grand Toronto sont déjà très multiculturelles, ce n’est souvent pas le cas dans les petites villes et les régions rurales. Mme Ngenzebuhoro a mentionné qu’à son arrivée en Ontario, à l’extérieur de Toronto, un de ses enfants était le premier et le seul Noir de son école: une expérience stressante.

Le ministre de l’Éducation, Stephen Lecce, a participé depuis son automobile.

Réécrire l’Histoire

La table ronde a également identifié l’école comme milieu particulièrement important pour finir par éradiquer le racisme.

En commençant par en reconnaître les tenants et les aboutissants chez nous et dans le monde.

Et en y enseignant une histoire du Canada et du monde qui éclaire la contribution de tous, pas seulement des celles des peuples fondateurs ou des colonisateurs.

Il faut carrément «réécrire l’Histoire et la raconter», estime M. Sani.

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Santé publique

Enfin, au sortir de la pandémie de CoViD-19, des panélistes n’ont pas manqué de souligner que le racisme devient aussi un enjeu de santé publique.

La crise sanitaire affecte de façon disproportionnée les gens les plus pauvres et vulnérables de la société. Et la discrimination a un fort impact sur la santé mentale de ses victimes… Or, a-t-on entendu, «tous les Noirs» ont subi du racisme à un ou plusieurs moments de leur vie au Canada.

Mme Ngenzebuhoro assure que cette première table ronde sur ce racisme ne sera pas la dernière. Il est important d’avoir «une discussion courageuse» sur le racisme avec tout le monde, dit-elle. «Pas pour pointer des gens du doigt, mais pour élaborer des recommandations au gouvernement et trouver des solutions.»

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