Que devient Marcel Aymar?

L'ancien de Cano sera honoré au prochain gala de la Trille d'Or

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Publié 03/03/2009 par Vincent Muller

«L’industrie musicale a beaucoup changé», a confié Marcel Aymar lors de l’entrevue accordée à L’Express. L’artiste franco-ontarien, qui a commencé sa carrière dans les années 1970, sera récompensé par l’Association des professionnels de la chanson et de la musique (APCM) qui lui remettra le prix Hommage, lors du Gala des prix Trille Or, le 19 mars prochain à Ottawa.

Marcel Aymar avait déjà obtenu en 2005 quatre prix pour son premier album solo, Aymar, sorti en 2003. Bien qu’il soit très flatté de recevoir un prix hommage il explique qu’il ne s’y attendait pas vraiment.

Cette figure notable de la scène musicale franco-ontarienne est l’un des membres fondateurs du groupe Cano qui a connu ses heures de gloire entre le milieu des années 1970 et le milieu des années 1980. Lorsqu’on l’interroge sur les raisons du succès de son groupe, il explique que cette période correspondait à une «façon plus libre de voir les choses» et qu’elle a été «marquée par beaucoup de créativité».

«Il suffisait d’avoir un son original et on pouvait dépasser les bornes de la langue». «Il y avait de grandes stations collégiales communautaires. Les groupes étaient plus capables de développer des carrières dans ce contexte.»

C’est dans cette atmosphère que s’est développé le groupe Cano. Produit pas une grande maison de disques, le groupe a pu bénéficier d’une bonne promotion et d’un soutien financier important qui lui a permis de travailler dans de bonnes conditions et de concocter sept albums entre 1976 et 1984.

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Selon lui, l’industrie musicale a beaucoup changé depuis: «Les radios diffusent à peu près la même chose d’un bout à l’autre du Canada ou des États-Unis».

Mais tout n’a pas changé pour le pire: «Des organismes comme l’APCM permettent aux artistes franco-ontariens d’avoir plus de visibilité, d’avoir également des financements dans ce contexte plus difficile pour se faire connaître.» L’artiste ajoute que l’Internet est également entrain de modifier profondément l’industrie musicale.

Cependant tout cela ne le concerne plus vraiment. Marcel Aymar est passé à autre chose: «Pour faire de la musique je dois en ressentir le besoin, l’envie, sentir le plaisir que ça procure. C’est ce qu’on ressent au début et après on entre dans une routine.»

Ceux qui s’alarmeraient déjà de ne plus jamais l’entendre sur de nouvelles productions peuvent malgré tout garder espoir puisqu’il n’exclut pas la possibilité de travailler sur un autre album solo, mais seulement au moment où il en ressentira le besoin.

Une carrière après Cano

Marcel Aymar n’a pas quitté le milieu artistique pour autant puisqu’il se consacre, depuis la fin de son aventure musicale avec le groupe Cano, à la composition et à la production musicale pour le cinéma et la télévision. Il a pu également s’adonner à une autre de ses passions, le théâtre, en participant à la création de nombreuses produ tions comme compositeur et comédien. À l’écran on a pu le voir dans deux films produits par l’Office national du film du Canada: Le dernier des Franco-Ontariens de Jean-Marc Larivière et L’écureuil noir, de Fadel Saleh.

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Plus récemment, il est monté sur les planches dans le spectacle Trains fantômes mis en scène par André Perrier et on a pu entendre ses réalisations sonores dans la pièce Slague: L’Histoire d’un mineur produit par le Théâtre Nouvel Ontario de Sudbury, et dans Rage, produit par le théâtre La Catapulte d’Ottawa.

Un prix bien mérité

Bien entendu les réalisations de Marcel Aymar sont plus vastes, néanmoins ce rapide aperçu de sa carrière confirme déjà que ce prix
Hommage est bien mérité.

L’APCM, créee en 1990, a mis en place le premier gala des prix Trille d’Or en 2001. Depuis, il se déroule tous les deux ans. Ce gala décerne 21 prix aux plus méritants des artistes franco ontariens et accroit leur visibilité. Il attire de nombreux représentants du monde de la musique dont certains viennent de France, de Belgique et de Suisse.

Le prix hommage est un peu particulier, comme l’explique Jean-Michel Ouimet, président de l’APCM: «ce prix n’est pas aussi objectif que les autres prix qui reviennent au bon jugement du jury indépendant, composé de membres chevronnés de l’industrie. Les propositions pour le prix Hommage sont faites par le public ainsi que par d’autres artistes, alors que pour les 20 autres prix remis, ce sont les artistes qui posent leur candidature.»

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