Quand l’art veut soigner les plaies de l’histoire

Plus que quelques semaines pour se plonger dans la culture syrienne au musée de l'Aga Khan

Tête de Lion en ivoire, 9e–8e siècle avant J.-C., de l'Anatolie à la Syrie et l'Égypte. © Musée Royal de l’Ontario.

Tête de Lion en ivoire, 9e–8e siècle avant J.-C., de l'Anatolie à la Syrie et l'Égypte. © Musée Royal de l’Ontario.


6 mars 2017 à 22h30
Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat entre La Cité et L’Express.
Cet article a été réalisé dans le cadre d’un partenariat entre La Cité et L’Express.

 Thomson Birara est étudiant en journalisme à Toronto au collège d’arts appliqués La Cité.


Le musée de l’Aga Khan prolonge son exposition sur la Syrie jusqu’au 26 mars. Syria: a living history, dont le succès est soutenu depuis des mois, devait prendre fin le 28 février. «Nous voulons donner une plateforme pour que le public prenne connaissance de l’immense richesse de la culture syrienne», explique Filiz Çakır Phillip, une des conservatrice de l’exposition, en entrevue à L’Express.

Filiz Çakır Phillip
Filiz Çakır Phillip

Il va sans dire que l’actualité internationale – la guerre et les réfugiés – a grandement influencé le thème de l’exposition de ce nouveau musée torontois dédiée à la civilisation musulmane. Les 48 artéfacts exposés proviennent de la collaboration de sept institutions, dont le Musée Royal de l’Ontario et le Louvre.

Une expo de cette envergure prend normalement deux ans à organiser, selon la conservatrice. Celle-ci a été réalisée en neuf mois. «Tous nos partenaires étaient d’accord avec notre vision.»

Les oeuvres d’art récoltées par le musée couvrent une période d’environ 5000 ans. À travers l’art syrien, on a la confirmation que la région a toujours été un carrefour d’échanges culturels. Les trois grandes religions monothéistes ont laissé leur empreinte dans la créativité des artistes Syriens autant que les grands empires grecs, romains, perses, égyptiens et byzantins.

Ziad Al Salah
Ziad Al Salah

Pour Ziad Al Salah, cette exposition sur son pays d’origine a été comme si «l’histoire renaît devant ces yeux».

Lui, sa femme et ses cinq enfants sont arrivés au Canada il y a environ un an et demi. «C’est exactement ce que je voulais voir», commente-t-il, lui qui se dit fatigué de parler des conflits.

«Nous pouvions nous faire tuer à tout moment», affirme-t-il. «Il n’y plus de distinction entre les communautés, personne n’est en sécurité.»

Il y a dix jours, sa belle-sœur a été victime d’un bombardement alors qu’elle était réfugiée dans une des «zones protégées» par le gouvernement syrien. Elle est morte au bout de son sang après avoir été démembrée de ses jambes… « En Syrie nul n’est à l’abri», répète M. Al Salah.

Les plaies de la guerre sont profondes. Les enfants de M. Al Salah sont «traumatisés» par ce qu’ils ont vécu. «Ils ont peur quand des avions passent au-dessus de leur têtes», dit-il.

L’exposition du musée n’a pas permis aux enfants de se réconcilier avec leur pays d’origine. Selon  lui, ils ne sont pas encore prêts. «Il faut attendre qu’ils se sentent totalement en sécurité.»

Le musée de l’Aga Khan, ouvert en 2014, ne cache pas son militantisme. D’autres expositions comme Syria: a living history, en liens avec les conflits dans le monde musulmans, seront présentées dans le futur.  Questionnée sur la prochaine exposition, la Dre Filiz Çakır Phillip promet: «j’aurais la réponse dans un mois»…

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