Poussin, le peintre de la délectation

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Évoquer Poussin parmi des noms d’artistes, c’est un bon départ. Découvrir Poussin et le connaître, c’est une étape de plus. Contempler et admirer ses chefs-d’œuvre, c’est bien évidemment l’idéal.

Grâce à une toute récente publication des éditions d’art Somogy, il est possible de franchir allégrement toutes ces étapes, sans avoir besoin de se déplacer, ce qui ne peut que ravir tous les amateurs d’art et leur entourage, car Poussin est un des plus grands artistes de son siècle, le XVIIe.

Nicolas Poussin, peintre génial

Comme l’explique le site consacré aux tableaux de Poussin au Louvre, ayant inventé «un genre nouveau, le paysage idéal où la nature et l’homme – remis à sa place dans un cadre majestueux – sont intimement liés, l’artiste a réalisé certaines compositions figurant parmi les plus beaux paysages classiques de la peinture et invitant à la délectation». (www.nicolas-poussin.com)

Délectation, c’est bien un mot-clé pour parler des tableaux de ce peintre talentueux. «Définition: la peinture est une imitation faite avec lignes et couleurs, en quelque superficie, de tout ce qui se voit sous le soleil. Sa fin est la délectation», écrivait Poussin en 1665 dans une lettre à Frédéric de Chambray, un ami.

«Que Poussin soit peintre, grand peintre, peintre né, suffirait à nous en convaincre quelqu’une de ses petites toiles mythologiques, non encombrées de signification, représentant une nymphe nue, ou quelque Vénus endormie, et répondant uniquement à ce que Poussin proclamait être la fin de l’art: la délectation…» (André Gide, Feuillets d’automne, 1949)

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Mais il faudrait peut-être rafraîchir quelques souvenirs au sujet de cet artiste qui cherche à faire de ses œuvres une source de délectation. Surnommé le peintre des gens d’esprit (L’Express du 29 avril 2014), en raison de «la richesse de ses compositions et la beauté de ses expressions», Nicolas Poussin né en 1594 en Normandie est décédé en 1665 à Rome où il se trouvait depuis 1624, Romain d’adoption.

Cette année 2015 marque donc le 350e anniversaire de la mort de cet artiste, auquel le musée du Louvre a consacré une exposition pour mettre en lumière l’originalité de sa peinture sacrée, source d’une réflexion personnelle sur Dieu, et l’éditeur d’art Somogy le superbe ouvrage qui présente les tableaux de Poussin détenus par ce musée.

On lui attribue près de 250 tableaux d’histoire, de compositions religieuses ou mythologiques, de paysages. «La peinture de Nicolas Poussin, d’une grande richesse d’inspiration, complexe et parfois même qualifiée de savante, n’en demeure pas moins fondamentale dans l’histoire de l’art de son pays natal, fait de lui un des plus grands artistes du siècle et un exemple marquant pour les générations futures.» (www.nicolas-poussin.com)

«Poussin, qu’on le veuille ou non, est devenu au fil des siècles un monument historique de la peinture. Un artiste impressionnant par l’élévation de sas pensée, la sévérité de beaucoup de ses œuvres et l’image qui a «été élaborée de lui par ses contemporains, puis par tous ses admirateurs successifs.» (Alain Mérot, Nicolas Poussin, L’Amitié embrassant la Peinture)

L’ouvrage d’art

On voit de suite, avec ces quelques citations, l’intérêt qu’offre le livre d’art des éditions Somogy pour découvrir Poussin grâce aux richesses du musée parisien du Louvre.

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L’éditeur présente ainsi son ouvrage: «Avec quarante tableaux qui proviennent en majorité de la collection de Louis XIV, le Louvre possède la plus belle collection d’œuvres, au monde, de l’artiste. Celle-ci n’avait à ce jour jamais fait l’objet d’une étude et d’une analyse approfondies.»

«Pour pallier à cette absence, le présent ouvrage a réuni l’ensemble de la documentation disponible concernant chacun de ces tableaux, leurs dates d’exécution, les noms de leurs commanditaires avant qu’ils ne gagnent les collections royales, leurs sorts souvent peu enviables à Versailles au XVIIIe siècle, leurs interprétations iconographiques, leur importance respective pour la carrière du peintre, leur importance pour Poussin, ce qui fait leur unicité dans l’art du XVIIe siècle, mais aussi tente de faire partager leur beauté et leur émouvante poésie, pour les artistes et le public, depuis le XVIIe siècle à nos jours.»

Ce qui rend cette présentation des 40 tableaux extrêmement intéressante, c’est que chacun d’entre eux est présenté non seulement en pleine page, mais aussi avec de gros plans de détails significatifs de l’œuvre. L’ordre des tableaux suit leur chronologie, il est possible de voir l’évolution picturale et psychologique de l’artiste. Et un texte accompagne chaque tableau pour le situer et en dégager le sens et la portée.

Tout commence avec Mars et Vénus, reconnu seulement en 2014 comme étant de la main de Poussin, peut-être parce que son «sujet franchement scabreux» ne semblait guère correspondre au «religieux» Poussin. La série se termine par Apollon amoureux de Daphné (inachevé), avec L’enlèvement des Sabines, Les Bergers d’Arcadie, Eliézer et Rébecca, Autoportrait (1650), Paysage avec Diogène, Les Saisons, Le Printemps, L’hiver et tous les autres.

Ce livre est un chef-d’œuvre que l’on parcourt avec délectation, c’est tout dire.

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