Pénurie d’enseignants : les professionnels de l’immersion prennent les devants

Campagne de valorisation de la profession et portail de recrutement

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L’Association canadienne des professionnels de l’immersion a réuni des membres à Halifax, en Nouvelle-Écosse, pour participer à une consultation sur leurs défis, besoins et perceptions, dans le cadre d’une tournée de 11 villes. (Photo: ACPI)


18 septembre 2018 à 9h00

Une autre année scolaire débute sans que les conseils scolaires au pays ne mettent en œuvre des solutions systémiques à la pénurie de personnel enseignant qui frappe les écoles françaises et d’immersion, ainsi que les programmes de français langue seconde.

Ottawa investira 62,3 millions $ du Plan d’action pour les langues officielles 2018-2023 afin de surmonter cet obstacle au développement des communautés francophones et de la dualité linguistique.

28 conseils scolaires

«On a une demande très forte et une offre difficile», résume la nouvelle directrice générale de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones (FNCSF), Valérie Morand. «Si on avait plus d’enseignants, on pourrait accommoder plus d’étudiants. Il y a des listes d’attentes.»

Les inscriptions dans les 28 conseils scolaires en milieu minoritaire (dans neuf provinces et trois territoires) seraient passées de 143 462 en septembre 2012 à 166 732 en septembre 2017, une hausse de 8,6%.

Selon la FNCSF, un personnel enseignant de 12 645 était à l’emploi des quelque 700 écoles françaises à l’automne 2017. On ignore présentement combien de postes ont été ajoutés et combien sont à combler, mais le manque serait généralisé.

Absentéisme et abandon

«C’est un métier très exigeant qui connaît un taux d’absentéisme très élevé», précise Valérie Morand. «On a beaucoup de postes non comblés au rural. Parfois on embauche des gens qui n’ont pas toutes les compétences requises.»

Une étude financée par Patrimoine canadien tentera de trouver des solutions d’ici septembre 2019. Les partenaires du projet, l’Université d’Ottawa et la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants (FCE), ont fixé les orientations.

«Nous chercherons à savoir ce qui pousse certains débutants à quitter leur poste dans les cinq premières années d’embauche», précise la directrice du Programme pour la francophonie de la FCE, Brigitte Bergeron. Environ 20% des enseignants qualifiés quitteraient la profession en début de carrière.

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Le président de la Fédération nationale des conseils scolaires francophones, Mario Pelletier, et la nouvelle directrice générale Valérie Morand, chargée aussi de diriger le Regroupement national des directions générales de l’éducation. (Photo: FNCSF)

Compromis

Des réponses pour les écoles d’immersion et les programmes de français de base ont déjà été récoltées. Une étude de 2018 de l’Association canadienne des professionnels de l’immersion (ACPI) tire des conclusions à partir d’une tournée nationale de 11 villes et d’un sondage auprès de 900 membres.

L’étude révèle que plusieurs postulants sont retenus «sans qualification en enseignement et en immersion» ou ne parlent pas français. Face à la menace de fermer des programmes, signale la directrice générale de l’ACPI, Chantal Bourbonnais, on fait des compromis.

«Une tendance qu’on a vue un peu partout en français langue seconde, c’est qu’au lieu d’annuler le programme, on va dire à quelqu’un: tu parles un peu français, alors on va te donner le poste.»

Hausse des effectifs

L’immersion française a connu une hausse de 4,6% du nombre d’élèves en quatre ans, accompagnée d’un bond de 21% du personnel enseignant qui demeure toutefois insuffisant. L’ACPI n’a pas de données sur la pénurie actuelle.

Les organismes attendent un appel d’offres imminent de Patrimoine canadien pour présenter leurs stratégies. Lors d’une consultation du ministère le 26 juin, les gouvernements provinciaux avaient été invités à participer dans l’espoir qu’ils contribuent au financement des initiatives à venir.

Mais selon la directrice générale de l’Association des collèges et des universités de la francophonie canadienne (ACUFC), Lynn Brouillette, les provinces n’avaient pas prévu cette dépense.

Trois projets nationaux

Cette participation aurait des conséquences. «Après la consultation», explique la directrice générale, «nous avons encouragé nos neuf universités qui ont des facultés d’éducation d’avoir une discussion avec leur province» afin de voir quelles propositions les gouvernements voudraient déposer.

L’Association élabore un plan B, poursuit Lynn Brouillette. «Nous faisons des consultations avec les universités pour dégager des initiatives régionales au cas où les provinces décident de ne pas soumettre de propositions.»

L’ACPI a pris de l’avance. Fin mars, l’organisme a déposé trois projets pour mettre en œuvre les recommandations de son étude.

Le premier est une campagne de valorisation de la profession auprès des jeunes du secondaire en réflexion sur leur carrière.

Le deuxième projet est une campagne de recrutement pancanadienne pour le postsecondaire en collaboration avec l’ACUFC.

Le troisième est un portail national de recherche d’emploi qui permettrait de réunir toutes les offres des conseils scolaires.

En attendant une réponse de Patrimoine canadien, Chantal Bourbonnais a des regrets. «On a déposé trois jours avant le lancement du Plan d’action, qui accorde 31 millions $ à l’immersion. On n’avait pas cette information à ce moment-là. On aimerait bonifier nos propositions pour aller plus loin.»

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