Pendant ce temps, sur la planète Franco…

Nous devons créer un incubateur d’entrepreneuriat et d’innovation

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Nous avons témoigné ces deniers mois d’une recrudescence d’injustices à l’égard de la communauté franco-ontarienne (mais pas seulement). Beaucoup se sont plaints en ligne, les plus courageux ont même défié le froid pour exprimer leur colère dans la rue. Cependant, rien n’a changé.

Il est à se demander pourquoi, malgré notre place privilégiée comme l’un des peuples fondateurs du pays, beaucoup d’anglophones ne voient en nous qu’une communauté comme une autre, identique aux Chinois, aux Iraniens, aux Indiens… Ni plus ni moins?

Non seulement le nouveau gouvernement provincial n’a pas longtemps hésité à torpiller le rêve d’avoir une université francophone à Toronto, mais il n’a pas non plus manqué de rétrograder le commissaire aux services en français en en faisant un adjoint de l’ombudsman.

500 personnes à la porte du député d’Etobicoke Nord le samedi 1er décembre. Près de 15000 aux quatre coins de la province.

Victimes des circonstances?

Sommes-nous là victimes des circonstances économiques du moment, ou est-ce là un message pour rappeler – tel le chat à la souris – qui a le pouvoir et qui ne l’a pas?

Et pourtant, les premières générations de francophones se sont battues pour faire valoir nos droits. Depuis, énormément de progrès ont été réalisés grâce à ces pionniers. Grâce à eux, le français est aujourd’hui reconnu jusque dans les plus hautes sphères institutionnelles. Bravo!

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À l’instar du village gaulois d’Astérix, nous avons assuré notre pérennité politique en élevant des miradors institutionnels — que nous avons cru jusqu’à lors imprenables.

600 000 agendas

En théorie, chacun de nous, chaque francophone, est invité à participer à cette réflexion collective sur l’avenir de notre culture.

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Même s’il est vrai que les francophones ne prennent conscience qu’un débat collectif est en cours qu’en période de crise, il est indéniable que la majorité d’entre nous ne peut se permettre le luxe d’y participer. Nous avons d’autres priorités bien plus urgentes: travail, enfants, éducation, hypothèque, loyer…

Malheureusement pour nous, l’histoire ne fait pas de cadeaux. Si le futur de notre communauté est décidé en notre absence, c’est nous qui devrons quand même en subir les conséquences. Et ceci n’est pas une critique. 600 000 francophones en Ontario ont 600 000 agendas différents.

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Un luxe

Penser au bien commun est un luxe que seulement une minorité d’entre nous peut se payer. La mère qui élève seule trois enfants se concentre sur l’éducation de ces enfants. Le père francophone essaye de garder son travail pour continuer à subvenir aux besoins de sa famille. Le jeune francophone essaye de se créer un rôle dans une société de plus en plus complexe.

Tous ne peuvent pas tout abandonner pour essayer de dévier la trajectoire culturelle de notre communauté. Ce serait injuste et irréaliste. Cet article n’est donc pas une critique à l’égard de ces citoyens. Je ne fais que témoigner des forces qui façonnent le futur de notre communauté.

Ceci étant dit, si l’avenir de notre communauté est décidé en notre absence, la mère qui élève ses trois enfants sera éventuellement impactée. Le père francophone lui se sentira de plus en plus isolé. Et le jeune comprendra bien vite que sa place en tant que francophone n’est pas tant valorisée que ce que l’on prétend.

Il n’est pas nécessaire d’avoir des pensées apocalyptiques à ce sujet. Ce sera juste la fin d’un chapitre et le commencement d’un autre.

Chaque génération doit se battre

Notre culture francophone est un don de nos parents, mais chaque génération va devoir se battre pour la garder.

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Mais alors que se passe-t-il? Pourquoi, malgré le pouvoir politique dont nous avons hérité, devons-nous constamment nous battre pour avoir les mêmes droits que les anglophones?

leadership mentorat

Pour comprendre ce phénomène d’austérité à l’égard des Franco-Ontariens, il va nous falloir prendre une perspective moins historique et plus systémique. Une remise en question globale pour sortir de ce champ de distorsion de la réalité.

Pour commencer, peut-être faudrait-il arrêter de croire que nos privilèges nous sont dus et par conséquent, imprenables. À nous donc d’en prendre soin, de la faire évoluer et enfin de la transmettre.

De l’autre côté

En attendant, nous sommes-nous déjà demandé comment la francophonie était vue de l’autre côté de ses miradors? Nous sommes-nous déjà demandé comment les anglophones voyaient notre contribution à l’économie ontarienne?

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Cette approche est difficile, mais tellement nécessaire. En effet, nous avons toujours tendance à prêcher auprès des convaincus: nos amis anglophones, le restaurateur du coin, les parents qui ont inscrit leurs enfants en immersion française. Ils seront unanimes sur la nécessité d’accentuer la culture francophone au sein d’un monde de plus en plus anglophone.

Cependant, ces derniers ne représentent pas la majorité des anglophones. Cette majorité qui croit (à tort ou à raison) que les Franco-Ontariens ne participent pas tant que ça à l’économie ontarienne. Cette majorité qui pense que nous ne sommes bons qu’à remplir des demandes de subventions.

Peut-être est-ce cette même majorité qui soutient le gouvernement Ford pour avoir économisé des millions de dollars en torpillant le projet de l’université francophone.

Pour avoir une chance de nous épanouir, nous allons devoir laisser passer cette période de colère et faire place à une réflexion en profondeur sur notre identité et notre rôle en Ontario. Mais cela n’est possible qu’en faisant preuve d’honnêteté intellectuelle. Alors je m’excuse d’avance si cet article en irrite déjà certaines ou certains. Là n’est pas mon but, je vous l’assure.

Missing in Action

Les Franco-Ontariens des générations passés ont eu le courage et l’intelligence nécessaires pour acquérir les droits dont nous bénéficions aujourd’hui. Il est primordial de reconnaître cette contribution à l’échelle de la province, du pays et même au niveau international. Nous pouvons être fiers de cette bataille politique que nous avons gagnée depuis bien longtemps.

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évaluation mise en marché financement

Cependant, beaucoup pensent que nous ne vivons depuis que sur les ruines de cette gloire passée. Que nous ne sommes bons qu’à nous disputer le peu de pouvoir dont nous croyons avoir hérité!

Ils parlent toujours de nous comme d’une communauté en situation précaire, une communauté en situation minoritaire, victimisée, perdue sans leurs subventions tant nécessaires à leur survie.

Ils disent de notre communauté qu’elle est sujette à des querelles de classes entre les Franco-Ontariens «de souches», les anciens Québécois, les Français, les Africains francophones, et ceux qui n’ont toujours pas compris ce jeu de pouvoir.

Alors que pendant ce temps, ailleurs, loin de cette recherche constante d’identité, une autre bataille fait rage. Une bataille économique. Et nous sommes, comme le diraient les anglophones M.I.A (Missing In Action).

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Pouvoir économique

Les anglophones l’ont bien compris: le pouvoir politique est important, mais les décisions se prennent le plus souvent d’un point de vue économique.

Alors le monde anglo-saxon s’est doté d’un pouvoir économique propulsé par une culture d’innovation sans précédent. Les multinationales sont devenues aussi puissantes que les gouvernements. Google et Facebook en savent plus sur les choix et les désirs de nos adolescents que leurs parents.

Tout est décentralisé: Uber est la plus grande compagnie de taxi au monde, mais ne possède aucun taxi. Tout est de plus en plus interconnecté: AirBnB est la plus grande chaîne hôtelière au monde, mais ne possède aucun hôtel. Tout est sans dessus dessous. Même le siège de la Banque de Montréal est à Toronto.

évaluation du marché

Les multinationales qui façonnent l’Internet (dont les politiciens et les électeurs ont du mal à comprendre le fonctionnement) révolutionnent notre monde bien plus que n’importe quel mouvement politique. Pourtant, avez-vous déjà voté au sujet de l’Internet?

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Et avec l’arrivée de l’intelligence artificielle, les francophones ne comprendront pas ce qui leur arrive.

Économie digitale

Face à cette nouvelle révolution digitale, les anglophones ont compris l’importance de l’innovation s’ils voulaient avoir un pouvoir économique. Les anglophones ontariens ont donc décidé de se mobiliser.

Des incubateurs se sont créés. Des accélérateurs ont vu le jour. Un écosystème d’innovation sophistiqué s’est mis en place — DMZ, MaRS, OCE, VentureLab, CommuniTech, OneEleven (aucun avec une réelle composante francophone).

Des investisseurs privés se sont joints à la bataille pour financer les idées nouvelles de cette économie digitale ontarienne. Les ministères se sont eux aussi mobilisés pour faire en sorte que ces idées se transforment en entreprises financièrement viables et que ces entreprises restent en Ontario (plutôt que de s’envoler vers la Silicon Valley).

Et voilà comment, à l’instar de Shopify, entreprise créée par deux jeunes Ontariens (valorisée aujourd’hui à plus de 650 millions  $) les anglophones ont pris leurs destins en mains et positionnés Toronto et Waterloo en des centres d’innovation économique reconnus dans le monde pour leurs compétences en intelligence artificielle, Blockchain, FinTech et SmartCity.

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L’entrée principale du MaRS Discovery District à Toronto. Le signe signifiait à l’origine «Medical and Related Sciences» mais le mandat de l’organisme a été élargi à innovation et l’entrepreunariat.

Et chez nous?

Pendant ce temps, nous en sommes encore à nous poser la question de savoir si les Africains francophones devraient être considérés comme des Franco-Ontariens…

Il y a quelques mois, j’ai eu la chance d’assister à une discussion (pour le moins nécessaire) autour de l’identité franco-ontarienne à TFO.

À la grande surprise de plusieurs personnalités publiques franco-ontariennes, le verdict de l’audience était clair. «La francophonie ontarienne est aujourd’hui vue comme une oligarchie aux mains d’une minorité qui se donnent bonne conscience en embauchant, une femme, un noir, une arabe, un asiatique — et rien ne pourrait aller mieux sur la planète Franco», a expliqué une participante dans l’audience.

L’ascenseur économique francophone est en panne.
SVP, prendre l’escalier anglophone.

 

Face à cette aridité économique, les nouveaux arrivants francophones pensent que, pour réussir en Ontario, il leur faut absolument sortir de la francophonie pour se rapprocher des anglophones.

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Mon cas est loin d’être unique. Ma candidature a été rejetée de presque toutes les institutions francophones à Toronto. Trop grand, trop petit, trop noir, trop blanc, il semblerait que rien ne me soit destiné sur la planète francophone.

Comprenant que l’ascenseur économique francophone était en panne, mes compagnons d’infortune (tous francophones) et moi-même avons décidé de prendre l’escalier anglophone.

MOFIF
Débat sur l’identité franco-ontarienne organisé par le MOFIF: l’animateur Étienne Fortin-Gauthier et les panélistes Arielle Kayabaga, Carol Jolin, Fété Ngira-Batware Kimpiobi, Nathalie Nadon.

Réussir… en anglais

Nous avons alors développé une expertise en innovation dans la meilleure université du monde (Stanford), nous avons monté une entreprise opérant dans la réalité virtuelle, l’intelligence artificielle et l’apprentissage, aujourd’hui financièrement très viable.

Ironiquement, lorsque nous cherchions des bureaux, ce n’est pas les francophones qui nous ont ouvert leurs portes, mais les anglophones, qui ont vu en nous une valeur ajoutée.

De San Francisco, nous dirigeons aussi l’une des conférences les plus importantes autour du financement de l’innovation et du capital-risque. Le résultat en est qu’aujourd’hui nous n’avons de francophone que le nom (Voilà Learning).

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croissance

Il nous a fallu faire le choix délibéré de ne plus penser comme des «francophones ontariens, en situation minoritaire et précaire» pour nous réinventer. Et nous ne sommes pas seuls.

À la grande perte des Franco-Ontariens, ce sont des centaines de francophones ontariens qui décident chaque année de se rapprocher des anglophones pour avoir une chance de réussir professionnellement.

Dépendre des subventions

En tant que Franco-Ontariens, nous sommes fiers d’avoir créé une culture sociale qui aide les plus démunis à trouver une place dans une société de plus en plus complexe.

Le revers de la médaille est que, sans initiative d’innovation entrepreneuriale, nous sommes condamnés à dépendre des subventions gouvernementales. Ces subventions sont certes nécessaires, mais peuvent être contre-productives si elles ne sont pas accompagnées de réelles ambitions entrepreneuriales.

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Alors que la jeunesse anglophone rêve de créer la prochaine start-up du siècle, les francophones en sont à rêver de l’obtention d’une subvention provinciale ou fédérale. En d’autres termes, si nous avons gagné la bataille politique il y a quelques décennies, nous avons bien du chemin à faire pour acquérir un pouvoir économique.

Le résultat est que nous sommes complètement absents en matière d’innovation, et de technologie. Nous parlons de notre communauté comme d’une population défavorisée, en situation précaire, dans le besoin, alors que nous avons tout pour réussir lorsqu’il s’agit d’innovation et d’entrepreneuriat.

Des étudiants du programme d’entrepreunariat de Stanford.

Avantages concurrentiels

Nous n’avons en effet pas un, mais plusieurs avantages concurrentiels que les anglophones rêveraient d’avoir.

– Nous sommes multiculturels: alors que le Canada a du mal à diversifier ses relations commerciales avec le reste du monde (85% de notre commerce extérieur est destiné aux États-Unis), les francophones donnent un accès direct à l’Afrique, au Proche/Moyen-Orient et à l’Europe. En effet, surtout depuis le Brexit, Londres n’est plus la porte vers l’Europe. La France et l’Allemagne le sont devenues. Les Franco-Ontariens ont tout ce qu’il faut pour tirer avantage de cette opportunité.

– Nous ne sommes pas que bilingues, mais à l’instar des nouveaux arrivants, nous parlons plusieurs langues.

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– Nous sommes partout chez nous. Grâce à notre complexité culturelle, nous sommes plus à même de comprendre les autres, leurs besoins, et ainsi y répondre. Cette empathie est aujourd’hui à la base de l’innovation et d’une méthodologie mondialement connue: le Design Thinking.

cerveau

– Nous avons une expertise institutionnelle. Via la création d’un organisme axé sur l’entrepreneuriat et l’innovation, nous pouvons donner la possibilité à notre jeunesse de reprendre leur destin en mains. Cette démarche est tellement vitale pour la prospérité de notre communauté et totalement à notre protée.

Financer un incubateur

Mais que faire pour arriver à s’épanouir économiquement?

Nous sommes donc livrés à cette lourde tâche de redéfinir, réinventer non seulement notre culture franco-ontarienne, mais aussi sa pérennité. Pour y arriver, nous devrons:

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– Définir une fois pour toutes notre identité et en être fiers, que l’on soit «pure laine» ou nouvellement arrivés.

– Reprendre confiance en notre jeunesse. Trop souvent, nous sous-estimons les compétences et capacités des francophones nouvellement arrivés, qu’ils viennent d’Afrique ou d’ailleurs. Quiconque a visité l’Afrique témoignera que la jeunesse africaine est par nature entrepreneuriale. Tout leur système social est basé sur la débrouillardise et le bootstrapping, pilier de l’entrepreneuriat et de l’innovation.

– Financer un incubateur qui favorise l’entrepreneuriat et l’innovation chez les francophones. Aucun des incubateurs existants (anglophones) n’a pour ambition d’accommoder les entrepreneurs francophones. Cet incubateur réunira les innovateurs francophones les plus avant-gardistes qui coopéreront et créeront une inertie pour motiver les générations suivantes.

– Apprendre des incubateurs anglophones qui ont plusieurs longueurs d’avance.

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Écosystème d’innovation

Nous n’y arriverons pas seuls. Il va nous falloir nous rapprocher des incubateurs anglophones afin d’apprendre de leurs erreurs.

Organiser un écosystème d’innovation en organisant les investisseurs en capital-risque. Travaillant dans la Silicon Valley la moitié de mon temps, je peux témoigner de l’importance d’avoir un réseau d’investisseurs solide. Sans eux, il n’est pas possible que l’écosystème d’innovation fleurisse. «Talent follows money.»

Alors pour revenir à mon point de départ, pensez-vous que le gouvernement Ford aurait osé saboter le projet de l’université francophone, si nous (Franco-Ontariens) représentions un réel pouvoir économique?

Aujourd’hui, je salue le courage et l’ambition des organisations comme la Société économique de l’Ontario ou le Conseil de la Coopération de l’Ontario qui poussent pour la création d’un incubateur d’innovation francophone à Toronto. Il en va de notre héritage, mais surtout de notre prospérité.

usine engrenage

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Un flambeau à passer

Posons-nous la question de savoir comment les futures générations se souviendront de nous? Diront-elles de nous que notre génération a simplement vécu sur les accomplissements de nos aînés qui se sont battus pour nos droits?

Ou aurons-nous la fierté de dire que nous avons porté le flambeau, en nous dotant d’un réel pouvoir économique, en plus d’avoir hérité d’un pouvoir politique?

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