Paul Savoie: écrire des dialogues, ça ne s’apprend pas tout seul

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Récemment, l’école secondaire Gaétan-Gervais avait le privilège d’accueillir l’écrivain franco-ontarien (franco-manitobain d’origine) Paul Savoie.

L’auteur et poète a enseigné aux élèves de 7e et 8e année le processus d’écriture d’un roman. Ils ont pu profiter de sa présence pour apprendre comment structurer un livre, mais également comment publier leur propre récit de science-fiction de quelques pages.

Aujourd’hui, d’après Paul Savoie, l’écriture est «ouverte à tous» et «tout le monde peut apprendre à écrire» grâce à toutes les ressources disponibles.

Toutefois, ça n’a pas toujours été à la portée de tous. C’est pour cette raison que Paul Savoie fait des ateliers avec les jeunes élèves, pour leur apprendre à écrire des dialogues. «Je suis content que les jeunes apprennent à écrire des dialogues, car moi on ne m’avait jamais appris», dit-il.

Selon l’écrivain, apprendre à écrire est un privilège, car autrefois on devait apprendre nous-mêmes et ce n’était guère évident: «quand j’avais leur âge, avoir un auteur qui venait dans notre salle de classe pour nous apprendre à écrire, c’était impensable, ça ne se faisait pas», témoigne-t-il. «J’ai appris moi-même avec beaucoup de travail et acharnement.»

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Malgré le fait qu’il soit plus évident d’apprendre à écrire de nos jours, selon Paul Savoie, beaucoup de jeunes prennent trop à la légère la difficulté qui vient avec cette tâche. L’auteur atteste que beaucoup de jeunes qu’il rencontre veulent devenir écrivain – «ce qui est merveilleux!»

«Toutefois, ils veulent apprendre à écrire, mais ils ne lisent pas…» Selon lui, «lire et écrire, ça va ensemble!»

Un conseil que Paul Savoie tient à donner aux élèves à qui il enseigne et à tous ceux souhaitant devenir écrivain, c’est de ne pas apprendre à écrire seul. Il préconise fortement de s’entourer de personnes s’y connaissant en écriture, d’après lui c’est l’un des meilleurs moyens d’apprendre à écrire.

Aussi, ce qui est le plus important pour apprendre à bien rédiger des dialogues, c’est de «surtout accepter la critique».

Tout au long du passage de Paul Savoie, les élèves ont mis en pratique ce qu’ils ont appris, afin de concocter leurs propres récits de science-fiction qui seront d’ailleurs prochainement publiés grâce à l’écrivain.

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* * *

«On ne peut pas prétendre écrire si on ne lit pas»

Paul Savoie est un écrivain et poète né à Saint-Boniface. Son premier recueil de poésie, Salamandre, est également le premier recueil publié aux Éditions du blé, fondée en 1974.

Aujourd’hui l’auteur, en plus d’être prof d’université, fait des ateliers avec les jeunes élèves du primaire afin de les aider dans la rédaction de dialogues.

Voici le parcours et quelques conseils de l’écrivain en résidence:

Quand avez-vous commencé à écrire?

J’ai commencé à écrire pendant mon adolescence dans mon journal intime. À la fin de mon adolescence, j’ai commencé à écrire dans le collège où j’étudiais, c’est là que j’ai publié mes premiers poèmes.

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Dans la rédaction de votre premier recueil, quelle était votre source d’inspiration?

Dans mon premier recueil, il n’y avait pas de source d’inspiration. C’est plutôt dans mon deuxième recueil qu’il y en a eu une. J’étais allé vivre au Québec pour mes études et j’avais eu une idée qui m’était venue comme ça. J’avais écrit autour d’une légende à propos de la rivière Nahanni, mais je l’avais abordée d’une façon poétique plutôt qu’une aventure.

Qu’est-ce que vous trouvez le plus difficile dans l’écriture?

La chose que je trouve la plus difficile dans l’écriture, c’est l’isolement. Pour la poésie c’est moins pire, je peux travailler avec beaucoup d’intensité et finir le recueil en quelques mois et sortir de ma solitude, mais avec les livres c’est différent.

L’autre jour, j’ai écrit un long livre autobiographique et j’ai dû m’isoler pendant plusieurs mois. Sinon une autre chose que je trouve vraiment dure, c’est la relecture. Je suis très bon pour sortir la chose elle-même, mais le problème c’est que c’est jamais complet, tu dois toujours retourner sur le tout une fois, parfois deux et c’est vraiment ardu comme travail. Pondre le contenu est sans aucun doute le plus facile dans le processus d’écriture.

Pourquoi faites-vous des ateliers avec les jeunes dans diverses écoles?

Pour leur fournir une ouverture à la force de l’image. Ça m’a pris vraiment très longtemps à apprendre à écrire, j’ai appris moi-même avec beaucoup de travail et acharnement.

Je suis content que les jeunes apprennent à écrire des dialogues, car moi on ne m’avait jamais appris. Quand j’avais leur âge, avoir un auteur qui venait dans notre salle de classe pour nous apprendre à écrire, c’était impensable, ça ne se faisait pas.

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Avez-vous des conseils à donner aux nouveaux auteurs?

Ne pas être trop pressé, aller lentement. Ne pas essayer d’écrire seul, de s’entourer. Prendre des cours de créations et beaucoup lire.

Ce que je vois beaucoup maintenant c’est des gens qui veulent apprendre à écrire mais qui ne lisent pas: lire et écrire ça va ensemble. Surtout, accepter la critique, c’est important.

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