Panier de crabes de religieux sans scrupules

Richard Ste-Marie, De ton fils charmant et clarinettiste, roman, Lévis, Éditions Alire, 2018, 276 pages, 25,95 $.


8 juillet 2018 à 9h00

Au Québec et ailleurs, l’Église catholique a profité d’une mainmise absolue sur le quotidien de ses ouailles pour commettre impunément des crimes sexuels et économiques. Richard Ste-Marie tisse toute une intrigue sur ce sujet dans son roman intitulé De ton fils charmant et clarinettiste.

Le narrateur est l’ex-sergent Marcel Banville qui, après 35 ans au Service de Police de la Ville de Québec, se retrouve devant rien.

Pour avoir l’esprit en paix, Banville cherche à fermer des dossiers «dans sa tête», comme il dit. «J’ai été un jeune flic pourri jadis, il n’y a pas de raison que je devienne un policier retraité modèle.» Ces dossiers concernent tous des prêtres pédophiles, dont deux qui ont récemment été brutalement assassinés.

Quand Banville prend sa retraite, les enquêtes ne bougent pas assez vite à son goût.

Les premières lignes du premier chapitre sont directes: «Le prêtre est étendu, face contre terre, les bras en croix. Nu sous sa chasuble rose.» La presse parlera de l’abbé Rose, mais le narrateur a fait son cours classique chez des religieux et il précise que la chasuble rose est porté le troisième dimanche de l’Avent, dit Gaudete, mot latin signifiant «Réjouissez-vous».

Dans son enquête «personnelle», Banville découvre le cas de deux autres prêtres et en vient à la conclusion suivante: mis à part le catéchisme et le vin de messe, ils ont tous une chose en commun, soit de connaître leur assassin. Voilà Bainville sur la piste d’un véritable panier de crabes de religieux sans scrupules… et d’un lugubre prédateur qui, étrangement, semble poursuivre les mêmes objectifs que lui.

Le polar est parsemé de flashbacks sur la jeunesse du narrateur. Il n’a que 21 ans lorsque sa mère se suicide, peu après les visites régulières d’un monsieur qui s’avérera être… un prêtre. Il couche avec des femmes d’un certain âge, qui, elles, le couche sur leur testament. Il détrousse aussi des gens très riches et accumule ainsi plus de quatre millions de dollars.

Les membres du clergé sont loin de tenir de beaux rôles dans ce roman. On rencontre un prêtre bénin d’une beauté éclatante, pas pédophile mais qui décide de prendre la justice entre ses mains. «Pas une once de méchanceté dans le regard. Comme bien des criminels…»

Le clarinettiste dans le titre du roman est l’ex-policier qui a joué de cet instrument dans sa jeunesse, jusqu’à une blessure à la main. L’auteur, lui, a poursuivi une carrière de musicien, entreprise après des études de clarinette au Conservatoire de musique de Québec.

À la fin du livre, Richard Ste-Marie remercie ses «lecteurs et lectrices d’ici au Québec, de Belgique, de France et de Suisse». Il peut maintenant ajouter de l’Ontario ou remplacer Québec par Canada.

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