La tour de Babel et sa postérité

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La légende biblique de la tour de Babel n’a pas cessé de fasciner et d’exercer son attrait jusqu’à nos jours, même si l’on a souvent perdu la réalité symbolique de sa signification. S’il est un sujet tours d’actualité en différentes parties du monde, c’est bien celui-là.

Le mythe biblique

L’histoire de la tour de Babel commence dans le livre biblique de la Genèse, que l’on date généralement du VIIe siècle avant notre ère, et qui contient les récits mythiques concernant Adam et Ève, Caïn, Abram et d’autres. La partie relative à la tour de Babel se trouve au début du chapitre 11:

«Tout le monde se servait d’une même langue et des mêmes mots. Comme les hommes se déplaçaient à l’orient, ils trouvèrent une vallée au pays de Shinéar et ils s’y établirent. Ils se dirent l’un à l’autre: Allons! Faisons des briques et cuisons-les au feu! La brique leur servit de pierre et le bitume leur servit de mortier. Ils dirent: Allons! Bâtissons-nous une ville et une tour dont le sommet pénètre les cieux! Faisons-nous un nom et ne soyons pas dispersés sur toute la terre!

Or Yahvé descendit pour voir la ville et la tour que les hommes avaient bâties. Et Yahvé dit: Voici que tous font un seul peuple et parlent une seule langue, et tel est le début de leurs entreprises! Maintenant, aucun dessein ne sera irréalisable pour eux. Allons! Descendons! Et là, confondons leur langage pour qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres. Yahvé les dispersa de là sur toute la face de la terre et ils cessèrent de bâtir la ville.

Aussi la nomma-t-on Babel, car c’est là que Yahvé confondit le langage de tous les habitants de la terre et c’est de là qu’il les dispersa sur toute la face de la terre.» (Bible de Jérusalem)

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La réalité

Ce mythe, qui a pour but d’expliquer la dispersion de l’humanité et l’existence de plusieurs langues, malgré une origine commune, comporte des éléments réels.

Il existait en effet en Mésopotamie et notamment à Babylone, où les auteurs de ce texte ont sans doute séjourné en exil, des tours, appelées ziggourats, en briques de terre et à plusieurs étages.

Ces édifices religieux assuraient le lien entre la terre, demeure des humains, et le ciel, demeure des dieux. Le dernier étage d’une ziggourat était réservé à un dieu qui pouvait y résider.

Les archéologues ont retrouvé les restes de certains de ces édifices. Des auteurs grecs comme Hérodote, «le père de l’histoire», et Ctésias, historien de la Perse (Ve siècle avant notre ère) en parlent déjà,

Art et réalisations

Des édifices aussi mystérieux, à la fonction symbolique aussi parlante, ne pouvaient qu’attirer d’abord l’attention d’artistes, le premier étant sans doute Bruegel l’Ancien (XVIe siècle, L’Express, 6 mars 2012).

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Et les architectes emboîteront le pas, dans des édifices religieux, en relation encore avec le symbolisme: la ziggourat «est probablement un lointain ancêtre de l’église coiffée d’un clocher», écrit Nicolas Wagner dans The Way of Faith.

Et les architectes civils se lanceront à leur tour dans cette conquête du ciel, en perdant de vue le symbolisme originel. Mais en conservant sans doute cette velléité humaine de la Bible: «Faisons-nous un nom.»

On le devine, la postérité de la tour de Babel couvre un large domaine et il est extrêmement intéressant qu’une publication nous brosse un tableau de son histoire évolutive qui touche notre environnement actuel.

BABEL, Invenit éditions, 24×28 cm, 96 p., nombreuses illustrations, 15 $, est publié à l’occasion d’une exposition au Palais des Beaux-Arts de Lille, ville du Nord de la France, en cours jusqu’au 14 janvier 2013. À l’aide de textes, comme l’étonnante description donnée par Hérodote, de tableaux, de dessins, d’extraits de bandes dessinées, de photographies, d’articles qui suscitent la réflexion, comme «La tour des langages, Les fictions de Babel, Le tragique de Babel», ce petit livre est d’une actualité fulgurante.

Un mythe universel?

«Légende mythologique, fable biblique, fantasme et réalité historique, le mythe de Babel fascine parce qu’il relève d’un fonds culturel universel», nous dit l’éditeur. Ce fonds, quel est-il? Babel pose des questions qui n’en finissent pas de hanter les humains et que le vieux texte biblique exprime à sa façon.

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Qu’y a-t-il là-haut? Quel mystère ces tours, que les architectes modernes érigent de plus en plus hautes, veulent-elles percer à l’image de la ziggourat de Babylone? Et quel en sera le résultat? L’union ou la division des humains?

«Du village global au réseau mondial, de la crise internationale aux bouleversements climatiques, Babel illustre toujours le chaos et la confusion des intérêts. L’allégorie de Babel incarne en une expression synthétique la somme de nos angoisses collectives.»

Un livre à lire, de toute urgence.

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