On ne nous dit pas tout!

Il y a de la désinformation, mais aussi de la non-information

Tableau de la Renaissance de l'école flamande représantant des membres de la famille de Jésus. (@Musée des pèlerinages. Saint-Jacques-de-Compostelle)
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À l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse, le 3 mai dernier, on a beaucoup parlé de la désinformation par opposition à l’information.

Alors que l’on entend généralement l’information comme l’ensemble des moyens qui permettent de transmettre des communications valables au public, «la désinformation est un ensemble de techniques de communication visant à tromper des personnes ou l’opinion publique pour protéger des intérêts (privés ou non) ou influencer l’opinion publique.» (Wikipédia)

La désinformation utilise la technologie à sa disposition pour diffuser ce fausses nouvelles, par le moyen, entre autres, des réseaux sociaux accessibles à tous.

Non-information

Mais il est un sujet qui n’a pas été abordé, et pour cause, c’est celui de la non-information.

Il s’agit de renseignements exacts, précis, qui figurent explicitement dans des documents officiels, mais qui ne sont pas rendus publics ou dont l’organisme ou l’organisation qui les détient ne fait pas état, si bien qu’ils passent inaperçus du grand public qui agit ou réagit comme s’ils n’existaient pas puisqu’il en ignore l’existence.

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Clauses secrètes

Plusieurs accords entre des États ou des organismes officiels comportent, à l’occasion, des clauses ou une clause qui ne sont pas rendues publiques et qui, pourtant, figurent dans l’accord. Un exemple est l’accord gazier entre Chypre, la Grèce, l’Italie et Israël, sur la construction commune d’un gazoduc en Méditerranée, et dont on trouvera des détails plus tard sur Internet.

Un autre exemple concerne des contrats de haute technologie qui comportent des clauses secrètes pour protéger des informations stratégiques. «Les secrets de fabrique, le savoir-faire et les autres informations stratégiques que détient une entreprise constituent souvent les principaux avantages concurrentiels sur lesquels elle fonde sa réussite et sa pérennité.

«Malheureusement, bien des entreprises ne prennent pas les mesures légales et organisationnelles qui s’imposent pour conserver secrètes leurs informations stratégiques, estiment les conférenciers invités à un colloque concernant ce sujet. C’est le cas des contrats internationaux de haute technologie, présenté dans le cadre des formations offertes par le Service de la formation permanente.» (Éric Dufresne, avocat)

Ribbentrop, Staline et Molotov.

Le Pacte germano-soviétique

Un autre exemple de dispositions secrètes d’un pacte ou d’un traité officiellement conclu est donné par le Pacte germano-soviétique ou Traité de non-agression entre l’Allemagne et l’Union soviétique.

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Cet accord diplomatique et militaire est signé le 23 août 1939 à Moscou, par les ministres des Affaires étrangères allemand, Joachim von Ribbentrop, et soviétique, Viatcheslav Molotov, en présence de Joseph Staline.

En plus d’un engagement de neutralité en cas de conflit entre l’une des deux parties et les puissances occidentales, le Pacte germano-soviétique comporte un protocole secret, qui répartit entre l’Allemagne et l’URSS un certain nombre de pays et territoires à annexer, à savoir la Finlande, la Pologne, les pays baltes et la Bessarabie.

Guerre d’Algérie

Un autre exemple de non-information vient de l’accord qui a mis fin aux combats entre les rebelles algériens et le gouvernement français, connu sous le nom d’Accords d’Évian (ville française proche de la Suisse).

Une clause secrète sacrifie «dans les faits les « supplétifs musulmans » sur l’autel de l’entente cordiale franco-algérienne». Ces supplétifs sont des Algériens qui se sont associés aux troupes françaises.

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Otages

Les millions versés pour obtenir la libération d’otages ne sont pas dévoilés par les gouvernements qui parlent d’opération militaire, réelle mais faussée per les versements effectués secrètement.

Tableau de la Renaissance de l’école flamande représantant des membres de la famille de Jésus. (@Musée des pèlerinages. Saint-Jacques-de-Compostelle)

Les frères de Jésus

Une organisation religieuse comme l’Église catholique pratique aussi la non-information alors qu’elle se veut un modèle d’intégrité.

Dans un texte religieux dénommé les Actes des Apôtres, il est mentionné que lors de son dernier séjour à Jérusalem en 58, Paul de Tarse a été accueilli chaleureusement par Jacques le Juste, le «frère du Seigneur», Jésus autrement dit. (Actes 21)

Le texte de Marc est très précis, car non seulement il mentionne l’existence des frères de Jésus, mais il en donne le nom: «N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, de Jude et de Simon? Ses sœurs ne sont-elles pas ici, chez nous?» (Marc 6,3 repris par Matthieu 13,55)

Qui a entendu parler de ces frères? Le silence règne à leur sujet. Des commentateurs ont dit qu’il s’agissait de cousins, mais le texte n’utilise pas le mot grec cousin (ξάδερφος) mais frère (αδελφός).

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D’autres ont parlé des fils que Joseph aurait eu avant d’épouser Marie, une pure invention que rien ne justifie, pas même le mot demi-frère (ήμισυ-αδελφός) non employé comme ce serait nécessaire.

Comme on le voit, la non-information est de règle, car ces frères et sœurs sont bien embarrassants et font de Marie une mère de famille comme il y en avait à l’époque et comme il y en a toujours actuellement.

Raphaël (1483-1520): tableau de la famille de Jésus avec Élisabeth et Jean-Baptiste.

On ne nous dit pas toujours tout. Il vaut mieux le savoir pour, au besoin, en tirer les conséquences.

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