Nouveau plan dentaire provincial pour les plus démunis

Plus de raison d’attendre la dernière minute

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Publié 23/11/2010 par Vincent Muller

«Avec la situation économique, même pour des gens qui sont couverts en partie par leur employeur, les soins dentaires passent en dernier», expliquait Iorgovan Tudor qui réagissait par rapport au plan dentaire à l’intention des enfants de familles à faibles revenus lancé récemment par le gouvernement de l’Ontario.

Le plan annoncé début octobre s’adresse aux enfants de moins de 17 ans dont les revenus de la famille sont inférieurs à 
20 000 $ par an.

Il couvre, entre autres, les examens buccodentaires, le nettoyage, les obturations, les radiographies, le détartrage.

Selon Iorgovan Tudor, il y a beaucoup de plans du gouvernement, mais celui-là est un peu mieux: «Il y a des plans qui ne couvrent pas le nettoyage. C’est la chose la moins chère et c’est ce qui protège le plus», explique-t-il. Pour ce professionnel, la prévention est trop souvent négligée, le brossage est mal fait et pas assez long, ce qui engendre à plus long terme la nécessité de soins plus lourds.

Cependant, il reste un certain nombre de problèmes concernant l’information et l’accessibilité à des soins couverts pour les ayants droit. Pour commencer, certaines personnes ne sont pas informées de l’existence de ces plans et connaissant le coût des soins, elles décident souvent de repousser la visite chez le dentiste jusqu’à ce que la situation devienne assez grave.

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Lorsque ces personnes décident finalement de se rendre chez le dentiste, elles peuvent enfin être informées de l’existence de ce plan. «On peut suggérer les plans existants, les gens ne savent pas toujours qu’ils peuvent être couverts.»

Pour pouvoir bénéficier du plan, il faut préalablement s’enregistrer, ce qui se fait auprès des Public Health Unit qui offrent également une liste des dentistes participant aux divers plans.

Les dentistes ne sont pas obligés de participer

Ceci nous amène à un autre problème, les dentistes ne sont pas obligés de participer à ces plans: «Même s’il y a des plans dentaires du gouvernement, les dentistes ne sont pas tenus d’y participer», explique Iorgovan Tudor. «C’est peut-être couvert par le gouvernement, mais ça ne veut pas dire que c’est convenable pour le dentiste. Parfois c’est un montant arbitraire donné par le gouvernement avec des prix réduits en comparaison à ce que préconise l’ODA (Ontario Dental Association).»

Et lorsqu’il s’agit d’un dentiste qui vient de s’installer et qui doit encore rembourser le prêt qu’il a obtenu pour ses études universitaires, la participation à de tels plans serait assez difficile: «Il y a différents types de dentistes, quelqu’un qui a 20 ans de pratique, qui a de l’argent de coté, une vie confortable va plus facilement se dire ‘’je fais ma part pour la communauté’’».

Concernant le plan annoncé récemment, «il y a encore des choses qui manquent, par exemple la dévitalisation d’une dent est couverte en partie, mais moins que ce que l’ODA recommande. Ensuite lorsqu’on fait une dévitalisation, un ou deux ans plus tard on a besoin d’une couronne. Si on fait seulement un plombage, comme la dent n’est plus vivante elle risque de casser, donc il faut une couronne et ça ce n’est pas couvert», continue Iorgovan Tudor.

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Les imprévus peuvent ralentir les procédures

Celui-ci souligne également les spécificités des soins dentaires et les imprévus pouvant allonger le temps d’intervention: «la procédure peut prendre du temps, surtout avec des enfants. Si le dentiste veut aller vite, parce que la couverture des soins est trop juste, il y a des risques».

Malgré ces quelques points problématiques, il considère le plan comme étant «une bonne chose» et insiste sur le fait qu’il faille absolument faire plus d’efforts en matière d’éducation: «Peu importe le travail qu’on fait dans un cabinet dentaire, si la personne ne fait pas le minimum à la maison le problème peut revenir».

Comme Iorgovan Tudor, tous les dentistes vous répéteront, au risque de rentrer dans le cliché que les deux principales armes pour éviter de leur rendre visite restent la brosse à dents et le sablier pour un brossage de trois minutes et pas moins après chaque repas.

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