Natasha Bouchard n’est pas toute seule

Belle découverte dans Leslieville

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N’attendez pas l’opportunité d’être TOUT ce que vous voulez devenir. Quand une opportunité d’être PLUS que ce que vous êtes en ce moment se présente, et qu’elle vous attire, saisissez-la. – Wallace D. Wattles (1860-1911)

En lisant cette citation d’un motivateur (avant la lettre) de l’époque victorienne, je m’émerveillais de voir à quel point cette simple pensée comprend un plan d’action parfait pour toute personne désirant développer quelque chose.

Dans notre société nord-américaine, on véhicule tellement la notion qu’il faut «penser gros», et l’affirmation que «quand tu veux, tu peux» qu’on ne réalise plus qu’une série de petites actions accumulées sont nécessaires à la réalisation de toute bonne idée. On néglige ainsi l’importance de saisir toutes les opportunités qui se présentent aujourd’hui, aussi modestes soient-elles, même sans contexte idéal.

J’ai trouvé un excellent exemple de quelqu’un ayant su bien saisir les opportunités autour d’elle. Dans mon café local Te Aro (au 983 Queen Est).

Si vous y croisez une jolie blonde aux yeux doux et au sourire radieux qui s’exprime avec un accent australien, vous aurez rencontré Natasha Bouchard, préposée au comptoir depuis quelques mois.

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Nouvelle en ville

Née à La Tuque, d’un père québécois et d’une mère australienne qui a déménagé toute la famille dans son pays natal, la chanteuse est revenue à Montréal en 2010 (où elle appris son français). Puis elle a choisi de s’installer à Toronto en 2012.

Fait cocasse: avant sa venue à Toronto, elle avait remarqué dans les petites annonces que le café Te Aro (de propriétaires néo-zélandais) cherchait quelqu’un. Une fois ici, après avoir déniché un appartement, elle s’est mise à la recherche d’un emploi et s’est souvenue de ce café. Quelle surprise de découvrir qu’il se trouvait à 10 minutes de marche de sa nouvelle adresse. (La place était prise, mais Natasha a persisté à démontrer son intérêt jusqu’à ce qu’un poste se libère.)

En entendant mon accent, elle s’est mise à me parler dans un français plutôt fluide et, au fil de nos courtes conversations, j’ai appris qu’elle était auteure-compositeure-interprète. En l’écoutant sur MySpace, j’ai été charmée par le ton intime et mélodieux de ses compositions accompagnées à la guitare.

De l’autre côté… du comptoir

Natasha m’a un jour raconté que lorsque Krista, employée dans le même café, s’est mariée il y a quelques mois, il y avait au sein des employés de Te Aro un tel bassin de talents que tout le monde a contribué à faire de la cérémonie une réussite.

Natasha a chanté, Chris (saxophoniste) a joué un air de jazz, Magan (étudiante en design de mode) a recréé une robe à partir de la robe de mariée de la mère de Krista, Nathaniel (acteur) a lu du Shakespeare, Sam (pâtissier de son hobby) a fait le gâteau, et John (le fleuriste de Garden’s Path, la porte d’à côté) a fait les arrangements floraux. À la blague, ils se sont dit qu’ils devraient lancer une entreprise de cérémonies clé en main.

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Tout à coup, chacune de ces personnes que je côtoie au quotidien sans les connaître prenait une nouvelle dimension.

Travailler dans sa zone d’influence

Sur la porte du café on peut voir une affiche annonçant le spectacle de Natasha (son premier à Toronto), le vendredi 1er février prochain dans le nouveau restaurant-lounge du quartier, House of Moments.

Être préposée au comptoir a des avantages évidents. L’affiche de Natasha est bien en vue dans le café, ainsi que les cartes postales qu’elle a fait imprimer et qu’on lui permet de remettre à tous les clients qu’elle connaît. Mais les opportunités ne s’arrêtent pas là.

«J’ai reçu un appui incroyable de la communauté pour la réalisation de ce projet !», affirme Natasha en s’attablant devant moi pour l’entrevue après son «shift». Comme pour confirmer ses propos, un client qui passait par là lui lance une blague en passant derrière elle.

En quelques mois, la sympathique chanteuse est tranquillement arrivée à tisser des liens avec une foule de clients de Te Aro. En s’intéressant sincèrement aux gens, ils se sont intéressés à elle.

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Ce n’est pas par hasard que j’écris cet article. C’est parce qu’un jour, elle m’a tout bonnement demandé ce que je faisais en me voyant travailler des cartes pour mon prochain guide. Je ne suis pas la seule à avoir eu envie de lui prêter main-forte. La liste est longue.

Chez tous les commerçants à qui elle l’a demandé, on lui a permis de mettre son affiche. Un client s’est offert pour photographier le spectacle pour du nouveau matériel promotionnel.

Un autre lui a proposé de créer son site web. Un autre encore filmera le show dans le but de lui obtenir une meilleure visibilité sur YouTube. (Il a même une idée de vidéo-clip éventuel pour l’une de ses chansons.) Le joueur de basse qui l’accompagnera au spectacle est également un client.

Récemment, en discutant avec un client remarquant son accent australien, elle a rencontré cette personne de l’industrie travaillant présentement à organiser une tournée de musiciens entre le Canada et l’Australie ! Même la naturopathe du coin est venue lui remettre des gouttes pour fortifier son système immunitaire afin qu’elle soit en forme pour le jour J.

Et dire qu’en arrivant à Toronto il y a huit mois, Natasha ne connaissait qu’une personne…

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Modeste

Et en fouillant un peu sur internet, j’ai découvert qu’elle a connu un excellent succès local en Australie dans un band formé avec son frère, et que l’auteur-compositeur-interprète canadien Tom Cochrane et sa femme avaient tellement aimé le démo de la jeune chanteuse qu’ils l’ont fait venir dans son studio de campagne pour y enregistrer ses chansons.

Natasha a failli ne pas me dire qu’elle venait de décrocher une bourse lui assurant l’enregistrement d’une chanson dans les studios de Pierre Marchand, ayant servi des clients de l’ordre de Sarah McLachlan, Rufus Wainwright et Daniel Bélanger.

Toute seule… no more

Sur son affiche, on peut lire «Toute seule». Concours de circonstances, m’explique la chanteuse en rigolant. Le texte était à même l’image utilisée pour faire l’affiche, en référence à un spectacle solo qu’elle avait donné à Montréal.

Le 1er février, Natasha Bouchard se produira d’abord avec une violoncelliste, puis avec un band comprenant clavier, basse et batterie. Le spectacle débute à 20h avec la formation de jazz de Chris Chekan, son collègue barista de Te Aro.

Les billets sont en vente pour 12 $ chez Te Aro ou le jour même du spectacle au restaurant au coût de 15 $ (argent comptant). Sur disque (vendu 10 $ sur place) elle offre six chansons originales, mais son spectacle comportera une quinzaine de chansons dont au moins une en français.

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Le lounge du restaurant-galerie House of Moments (386 Avenue Carlaw) est orné de nombreuses statues et portes antiques sculptées dans le bois donnant une ambiance particulière à la vaste salle. Si on veut, on pourra y commander cocktails et nourriture à partir d’un vaste menu principalement japonais. Belle soirée en perspective !

Vous trouverez cet article et une foule d’autres faits et considérations sur le blogue www.passions100facons.blogspot.ca. Nathalie Prézeau est l’auteure de Toronto Fun Places… for families et de Toronto Urban Strolls… for girlfriends, en vente en librairies et sur ses deux sites. Elle écrit également le blogue torontofunplaces.blogspot.ca, en complément à ses deux guides.

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