Mylène Thériault suit la route de ses rêves

On l'a vue dans Séquestrée, Unité 9, Rencontres...

Mylène Thériault dans Rencontres, un projet torontois.


28 janvier 2019 à 11h00

La passion pour le jeu qui court dans les veines de Mylène Thériault inspire le respect. Cette comédienne dans l’âme n’a jamais hésité à suivre le chemin qui la mènerait à cette carrière dont elle rêve depuis aussi longtemps qu’elle se souvienne.

Pour L’Express, Mylène décrit les coulisses agitées d’une vie passée sur les planches.

Poursuivant son objectif de carrière internationale, Mylène s’est installée depuis trois ans à Toronto où elle a appris et perfectionné son anglais. Avec de la suite dans les idées, la comédienne d’origine québécoise avance à grands pas sur la route qui lui permettra de mener à bien ses ambitions.

Mylène Thériault

De timides débuts

Née à Lévis, sur la rive sud de Québec, Mylène se rappelle avoir toujours aimé se mettre en scène. «J’étais ce genre d’enfant-là qui fait des pubs, qui se déguise dans son sous-sol avec ses amis», se souvient-elle.

En toute logique, elle tente de s’enrôler dans la troupe de l’école. N’ayant pas été prise lors des auditions, elle trouve néanmoins un moyen de monter sur scène suite au désistement d’une de ses amies. Mylène n’a que 12 ans mais elle se bat déjà pour faire de son rêve une réalité.

Suite à un déménagement, la perte de ses repères l’amène à se renfermer sur elle-même. «C’était très dur pour moi de me faire des amis donc j’étais devenue très solitaire», raconte-t-elle.

Mais sa passion pour le jeu n’a pas tari et cela va l’aider à sortir de cette mauvaise passe. «Le théâtre m’a comme sauvée. Ça m’a rouvert au monde. Je suis redevenue une personne entreprenante, qui parle aux gens, qui aime le contact humain», évoque-t-elle avec émotion.

Plus qu’une passion, une vocation

Dès la fin du secondaire, il est clair pour Mylène que la voie traditionnelle ne lui convient pas. Elle opte donc pour un Diplôme d’études collégiales en Arts, Lettres et Théâtre au Collège Lionel-Groulx dans la banlieue de Montréal. À 16 ans déjà, la jeune fille n’hésite pas une seconde à s’émanciper et à prendre son envol pour suivre ses rêves.

Elle parle de ces deux années de formation comme des «deux plus belles années de sa vie». Mylène découvre un monde nouveau qui lui va comme un gant. «J’ai rencontré du monde exceptionnel, du monde qui tripait comme moi. J’étais toujours motivée à aller en classe parce que c’était les sujets qui m’intéressaient», dit-elle.

Avec Florian François dans une scène du court-métrage Rencontres.

Lavage de cerveau

Son diplôme en poche, Mylène tente sa chance pour entrer dans plusieurs écoles de théâtre. Malheureusement, pendant quatre longues années, la porte restera fermée.

Elle parle de ces écoles comme d’un milieu clos où le nombre d’élus est restreint. À l’époque, ces refus lui minent le moral. «Au Québec, tu subis une sorte de lavage de cerveau qui te dit que si tu ne fais pas ces écoles-là, tu n’es pas un acteur, tu ne vas pas réussir.»

Lorsque, tremblante, elle échoue aux auditions pour la quatrième année consécutive, elle décide d’emprunter un autre chemin. Elle finit par s’enrôler dans un cours intensif de quatre mois où elle apprendra le jeu devant une caméra.

Mylène Thériault dans la comédie d’action Borrowed Time.

Le syndrome de l’imposteur

Là, elle rencontre le réalisateur Denis-Steve Giguère dont elle sera le coup de cœur. Elle participera à nombre de ses projets dont le court métrage Séquestrée qui remporte le prix du public au Festival Fantasia en 2006.

Par la suite, elle décroche un baccalauréat de théâtre à l’Université de Laval où, en plus du jeu, elle apprend également la mise en scène et l’envers du décor.

Malgré tout, les refus répétitifs à ses demandes d’entrée dans l’un des conservatoires du Québec continueront de la hanter pendant près de dix ans. «J’ai eu le syndrome de l’imposteur pendant longtemps parce que je me disais: je ne suis pas comédienne, je n’ai pas fait une école de théâtre.»

Mylène Thériault dans le court-métrage Séquestrée.

Montréal comme recommencement

Après avoir obtenu son baccalauréat, Mylène part billes en tête à Montréal avec pour objectif de lancer sa carrière.

Là encore, le défi n’est pas simple. «Quand tu emménages dans une ville, que tu ne vas pas à l’école et que tu n’as pas de travail, c’est difficile de rencontrer des gens», se souvient-elle.

Néanmoins, elle ne se laisse pas abattre devant l’ampleur de la tâche. Elle participe à de nombreux ateliers et rencontre des comédiens qui lui permettront de se lancer dans des projets autogérés.

Gardienne de prison dans Unité 9.

Gardienne de prison

De là, elle décide de devenir membre de l’UDA, le syndicat professionnel des artistes dont l’affiliation lui permettrait de trouver plus de contrats. Pour cela, elle doit obtenir suffisamment de crédits, c’est-à-dire accumuler les projets.

«J’ai ramassé en un an ce que les gens mettent généralement deux ans à avoir», dit-elle. Durant cette même période, elle joue une gardienne de prison dans la série télévisée Unité 9 diffusée à Radio Canada.

Mais un tel accomplissement ne se fait pas sans quelques sacrifices et Mylène a payé le prix fort. Après une période difficile qui a bien failli lui coûter sa vie de couple, elle se rappelle avoir été «émotivement brûlée». Après cet épisode, elle ralentit le rythme. Mais pas pour longtemps.

Migrer à Toronto

Après s’être recentrée, le projet de migrer pour Toronto apparaît dans son paysage. Se sentant bloquée dans son avancement de carrière, elle commence par y faire plusieurs séjours avec pour objectif d’y apprendre l’anglais.

Trois ans plus tard, elle apparaît sur les planches pour la première fois dans une pièce théâtre anglophone.

C’est également à Toronto qu’elle rencontre Florian François avec qui elle coécrit le court-métrage Rencontres qui a remporté le prix du meilleur film au TAP Fest et pour lequel elle obtient le prix de la meilleure actrice.

Avec Geneviève Fontaine et Karl Werleman, elle fonde également la cellule Kino de Toronto qui organise une projection de courts-métrages au Rivoli tous les trois mois. À vos agendas: le prochain rendez-vous est le 28 mars!

Sur la scène du Tap Fest: gagnante du prix de la meilleure actrice dans Rencontres.

Los Angeles dans sa mire

Mais Mylène ne s’arrête pas là. Avec son objectif de carrière internationale en tête, elle envisage sérieusement de s’installer à Los Angeles. Les procédures de demande de visa sont lancées et elle espère bien débuter une nouvelle vie dans la ville des stars d’ici quelques mois.

«Toronto est une étape. J’ai tout quitté: ma vie, l’amour, pour ça», conclut-elle. Quand la passion est plus forte que tout, comment ne pas rester sans voix?

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