Multiples facettes de l’identité juive au TJFF

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Événement rassembleur pour la communauté juive et les cinéphiles de tous les horizons, le Festival du film juif de Toronto (TJFF) revient pour une 23e année, avec une sélection de 110 films provenant de 18 pays, illustrant la diversité des regards et des expériences des cinéastes juifs des quatre coins du monde.

Avec une volonté de montrer des films vivants, exclusifs, Jérémie Abessira, programmateur au festival, rencontré par L’Express explique que «la sélection des films se fait méticuleusement avec cette volonté d’aller à la découverte de nouveaux joyaux du cinéma, d’exposer les différents regards des cinéastes du monde entier qui cherchent à dévoiler les multiples facettes de l’identité juive».

Avec 2 premières internationales, 4 premières nord-américaines et 46 premières canadiennes, la programmation inclut des drames primés, des comédies légères, des thrillers psychologiques, des biographies d’artistes et d’excellents documentaires sur la grande Histoire juive.

Parmi les incontournables:

Parce que j’étais peintre de Christophe Cognet (France-Allemagne 2013), film qui mène une enquête inédite parmi les œuvres réalisées clandestinement dans les camps nazis;

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Shoah, les oubliés de l’Histoire, de Véronique Lagoarde-Ségot (France 2014), un remarquable travail d’investigations et de recoupements d’archives cinématographiques sur les oubliés russes de la Shoah; et le percutant An Untold Diplomatic Hitsory: France and Israel since 1948 de Camille Clavel. (France 2014).

Avec de nombreuses images d’archives et des entretiens uniques avec le président israélien Shimon Pérès, l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine et l’avocat Théo Klein, le film de Clavel, qui traite les événements de manière chronologique – de 1948 à nos jours – permet de cerner les relations souvent complexes et tumultueuses entre la France et Israël et aussi les enjeux et les intérêts parfois cachés des deux pays. Des historiens, ainsi que des journalistes viennent également éclairer par leurs analyses, la chronologie des événements.

«Une histoire diplomatique, Untold est probablement le meilleur documentaire jamais fait sur ​​les relations entre la France et Israël; c’est un film qui nous apprend beaucoup et qui apporte un certain contexte à la tragédie récente entourant Charlie Hebdo», précise Jérémie Abessira.

Selon lui, «nous avons aussi deux différents regards sur le sionisme: le puissant documentaire The Zionist Idea de Joseph Dorman et Oren Rudavsky, qui porte une réflexion sur 67 années d’idéaux partagés; et Atlit de Shirel Amitay, une approche plus personnelle au sionisme moderne, un film où les personnages sont déchirés entre le pays qu’ils chérissent et le pays où ils résident». Le réalisateur sera à Toronto, pour l’occasion.

Ouverture et clôture

C’est avec le film Borrowed Identity – Dancing Arabs, du réalisateur israélien Eran Riklis, que s’ouvre le festival ce jeudi 30 avril.

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Ce film, projeté au cinéma Varsity en présence du cinéaste, évoque la vie complexe des arabes israéliens. Eran Riklis, arabe comme 20% des Israéliens, raconte ici l’histoire de son peuple, marquée par un conflit sans fin.

Borrowed Identity – Dancing Arabs, (Mon Fils en français) est l’adaptation de deux romans de l’écrivain israélien arabe Sayed Kashua: Les Arabes dansent aussi et La deuxième personne. Avec en arrière-fond géopolitique, la guerre du Liban en 1982 et la guerre du Golfe en 1991, le film de Riklis pointe de manière très réaliste la place des minorités arabes dans l’État hébreu.

Mr. Kaplan (Uruguay-Espagne-France 2014), du directeur Álvaro Brechner, a été choisi pour clore le festival le 10 mai, cette fois au Bloor Hot Docs Cinema.

Cette comédie dramatique raconte l’histoire de Kaplan, un homme que rien ne différencie de ses autres amis juifs qui ont fui l’Europe pour l’Amérique du Sud à cause de la Seconde Guerre mondiale. Atteindre l’âge de 70 ans a toutefois un effet étrange sur lui: il refuse d’accepter qu’il se fait vieux.

Une centaine de films

Entre le film d’ouverture et le film de clôture, 108 autres viendront interpeller et séduire les cinéphiles. Parmi eux:

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Orange People (Les gens d’Orange) de Hanna Azoulay Hasfari, une histoire colorée sur la vie marocaine en Israël aujourd’hui, offrant un regard unique sur la culture séfarade. France-Israël 2014
Once in a Lifetime (Les Héritiers) de la réalisatrice française Marie-Castille Mention-Schaar.

Inspiré d’une histoire vraie, ce drame social, profondément humain, nous emmène au Lycée Léon Blum de Créteil, où une prof (superbement interprétée par Ariane Ascaride), décide de faire passer un concours national d’Histoire à sa classe de seconde la plus faible. Cette rencontre va les transformer. France 2014.

To Life (À la vie) de Jean-Jacques Zilberman, s’est inspiré des retrouvailles de sa mère, rescapée d’Auschwitz, avec deux anciennes compagnes d’infortune, une quinzaine d’années après la libération des camps. France 2014.

The Kindergarten Teacher, de Nadav Lapidun, est un conte moral et complexe sur l’obsession d’une enseignante envers l’un de ses élèves, un garçon de 5 ans au talent exceptionnel. Israël-France, 2014
Dough, du réalisateur britannique John Goldschmidt, mettant en vedette Jonathan Pryce.

Ce film nous emmène dans le quartier East End de Londres, où tente de survivre une ancienne boulangerie juive, jusqu’au jour où un jeune apprenti musulman fait tomber accidentellement du cannabis dans la pâte, ce qui fera grimper les ventes!

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Films biographiques

Parmi la quinzaine de films biographiques – tous uniques – sur des musiciens, des poètes des auteurs qui ont marqué de leur sceau l’histoire et la culture, il y a :

Bialik: King of the Jews du réalisateur israélien Yair Qedar, sur Chaim Nachman Bialik, élu poète national de l’État d’Israël, à l’âge de 30 ans et surnommé affectueusement The King of Jews.

Write down, I am an Arab de Ibtisam Mara’ana Menuhin, sur Mahmoud Darwish, l’une des figures de proue de la poésie palestinienne.

Le TJFF va aussi honorer cinq célébrités disparues il n’y a pas très longtemps, en projetant des films qui leur rendent un vibrant hommage. Il s’agit de films sur Menahem Golan, Bess Myerson, Mike Nichols, Joan Rivers et Leonard Nimoy.

Les projections se font dans une dizaine de salles de cinéma, incluant cette année le tout nouvel amphithéâtre de l’Alliance française de Toronto.

Il y a près de 120 festivals de films juifs à travers le monde: le TJFF se place en deuxième position, Toronto étant une ville importante au niveau cinéma, mais aussi et surtout grâce à la vitalité de la communauté juive et des festivaliers, toutes communautés confondues, passionnément cinéphiles!

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