Mi-mandat : Républicains fissurés, Démocrates éclatés

Donald Trump continue de mobiliser ses partisans en tenant des ralliements monstres.


10 septembre 2018 à 11h00

À deux mois des élections législatives de mi-mandat aux États-Unis, l’élite républicaine traditionnelle est de plus en plus mal à l’aise face aux frasques du président Donald Trump et aux tuiles judiciaire et médiatiques qui s’abattent sur lui.

Ces divisions, apparentes lors des récentes funérailles du sénateur John McCain, n’empêchent toutefois pas l’occupant de la Maison-Blanche de renforcer son mouvement, comme en témoignent les ralliements impressionnants qu’il continue de tenir régulièrement.

Électeurs mobilisés

«Sa base reste mobilisée et on vient souvent de loin pour assister à ses assemblées monstres dans des stades», constate le professeur d’études religieuses montréalais Norman Cornett, d’origine américaine (Texan), qui revient d’un séjour en Californie passé à évaluer la situation politique sur le terrain.

Norman Cornett

«Ne pensez pas que, parce que la Californie a voté démocrate en 2016, on ne peut pas y trouver des vrais Républicains», dit-il en entrevue à L’Express. «N’oubliez pas que c’est de là que venait Ronald Reagan. Si on vote massivement démocrate à San Francisco et sur la côte, c’est tout le contraire à l’intérieur de l’état, notamment dans les zones agricoles industrielles.»

Il refuse de prédire que les Républicains vont perdre le contrôle de la Chambre des représentants ou du Sénat le 6 novembre: «Ça chauffe!»

Et il ne croit plus que tel scandale ou telle enquête va finalement avoir raison de Trump, malgré tout ce qu’on peut lire dans le New York Times ou dans le dernier tome de Bob Woodward.

Destitution risquée

«Non seulement une procédure en destitution n’a jamais abouti et n’a aucune chance d’aboutir ici» (une voix a manqué contre Andrew Jackson, Richard Nixon a démissionné avant, et Bill Clinton a été acquitté), «mais cette avenue est très dangereuse aujourd’hui», croit le professeur Cornett.

Les partisans de Trump n’accepteraient pas qu’il perde le pouvoir à cause d’avocasseries ou de manigances politiques plutôt qu’aux élections de 2020. Le risque qu’éclatent des violences et que le pays devienne ingouvernable serait réel en cas de destitution ou de recours au 25e Amendement (sur l’incapacité du président), comme on le suggère dans certains milieux.

Surtout qu’on se trouverait à confier la présidence au vice-président Mike Pence, un conservateur «chrétien exclusiviste»…

«Les Démocrates feraient mieux de consacrer leurs énergies à trouver un bon candidat et à s’entendre sur un bon programme.»

Épouvantails socialistes

Or, selon le professeur Cornett, les Démocrates seraient encore plus divisés que les Républicains, les centristes étant ouvertement contestés – avec succès ici et là – par des «socialistes» à la Bernie Sanders, Elizabeth Warren et autres Alexandria Ocasio-Cortez, qui effraient encore un trop grand nombre d’Américains… et plusieurs stratèges du Parti démocrate.

Il désespère donc de voir les Démocrates se réconcilier autour d’un candidat «modéré mais moderne» (passés date les Joe Biden, John Kerry et Hillary Clinton) à temps pour les présidentielles dans deux ans.

Surtout si l’économie continue de tourner à plein régime («it’s the economy, stupid»), et si les États-Unis ne s’empêtrent pas dans une nouvelle guerre à l’autre bout du monde.

Le sénateur républicain de l’Arizona, John McCain, est décédé le 25 août.

Détournement de patriotisme

Entre-temps, Trump continue de dénigrer les médias, de frustrer les procureurs qui enquêtent sur son entourage, et de mystifier ses ministres et ses alliés, dans le but, estime Norman Cornett, de gouverner sans partage.

«Sous Trump, la séparation des pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire n’est plus étanche comme elle devrait l’être.» Il déplore également la nouvelle conception du patriotisme que Trump voudrait imposer: l’amour et l’allégeance envers sa personne plutôt qu’envers le pays.

Le magazine Time riposte à sa façon à ce «personnalisme autoritaire» en consacrant son dernier numéro à John McCain, présenté comme «le héros conservateur dont Trump est l’envers de la médaille», analyse le professeur Cornett.

«Nul doute que depuis son décès et ses funérailles nationales – exceptionnelles – on érige McCain en modèle républicain», pour suggérer que Trump en est un faux.

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