Mentir pour mieux vivre

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Je vous ai déjà parlé de Si tu passes la rivière et Les bonnes manières, de Geneviève Damas. Elle publie maintenant Histoire d’un bonheur, roman tout en subtilités sur la vraie recherche de soi, par-delà les convenances ou les modes du temps. Damas nous laisse encore une fois lire entre les lignes.

Histoire d’un bonheur est un roman choral, où chaque personnage prend la parole et donne sa version d’un scénario qui dévoile peu à peu ses diverses facettes. Anita tient le rôle principal; cette quinquagénaire engoncée dans les conventions sociales ne fait pas la différence entre maladie et différence… identitaire, disons.

Sa voisine Nathalie, abandonnée et trahie par son mari, rencontre Simon, le beau-frère d’Anita. Ce dernier a eu le visage défiguré suite à un accident de moto.

Les élèves qu’il surveille dans une école de quartier défavorisé le surnomment Freak. Un de ces élèves est un jeune magrébin de 13 ans, nommé Noureddine. Voilà les principaux personnages.

Il y a aussi le mari d’Anita, André, et leurs deux enfants, Hervé et Géraldine, ainsi que le chien Wouki. J’allais oublier Babette, la mère d’André et Simon, dont les funérailles ont lieu dès le premier chapitre. Ce chapitre, le plus long, regorge de réflexions comme «n’oubliez jamais que le bonheur est une succession de petits mensonges» ou «il faut rester positif et s’attacher à la beauté qui nous entoure comme autant de bulles de bonheur».

Noureddine est évidemment le personnage le plus coloré, sans jeu de mots. Son vocabulaire est peut-être familier pour les Français – là où l’action se déroule – mais il demeure exotique pour les Franco-Ontariens. On entend des répliques comme «On a la dalle, putain!», «Tu n’as pas à te biler.»

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Histoire d’un bonheur décrit quelques rencontres improbables, mais porteuses de vraies questions comme «qu’est-ce que le bonheur?».

Dans ce genre de quête, l’auteure estime que «la franchise est l’antichambre de la grossièreté». Geneviève Damas n’hésite pas à dire que «l’arrangement de la vérité est la base essentielle des relations entre les êtres et que c’est cela qui permet la vie en société». En anglais, on parlerait de white lie.

Pour vous mettre l’eau à la bouche, mais sans révéler le nœud de l’intrigue d’Histoire d’un bonheur, je vous dirai qu’un des personnages est perçu comme ayant besoin de traitement ou de soins spécialisés, mais que ce n’est pas lui qui aboutit à l’hôpital… L’auteure joue fort bien sur le quiproquo de cette situation.

Comme le dit si bien l’éditeur Éric Simard, quand on a lu Si tu passes la rivière et Les bonnes manières, on sait pertinemment qu’Histoire d’un bonheur s’attardera davantage à sonder la complexité des relations humaines à travers le côté lisse des choses.

C’est avec finesse, lucidité et une immense dose de compassion que Geneviève Damas réussit à dépeindre ce que nous sommes réellement au fin fond de nous-mêmes.

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