Médecine douce

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Les musiciens ayant toujours été des pourvoyeurs de baumes sonores, on ne s’étonnera pas que Daniel Lavoie assume ce rôle sur Docteur Tendresse (GSI Musique/Sélect), surtout qu’il possède la voix – et la tête – du personnage.

Contrairement aux autres toubibs de la scène musicale (Dr. Hook, Dr. John et Dr. Feelgood viennent à l’esprit), Lavoie est plutôt du genre à pratiquer la médecine douce. Tantôt fraternel, tantôt paternel, ce nouvel album semble issu du désir de réconforter alors même qu’il dénonce, au point où on a presque l’impression, par moments (sur la chanson titre et le très joli Les chats attendent à la portent) que Lavoie a conçu Docteur Tendresse pour le public d’âge scolaire, auquel il avait d’ailleurs consacré deux disques il y a quelques années.

Fruit de fertiles collaborations – avec le réalisateur et multi-instrumentiste Alexis Dufresne, mais aussi avec de vieux copains qui ont pour noms Brice Homs (Sauvez, un cri du cœur écolo), Alain Leprest (La voilà notre armée), Patrice Guirao (La liberté) et Marie Nimier (l’ambitieux La Naïade) – Docteur Tendresse est de ces albums aussi soignés dans leur conception que leur exécution, et dont la grande variété de thématiques exige qu’on l’apprivoise peu à peu.

La clé, dans pareil cas, est de ne pas se laisser rebuter par une production que l’on aurait souhaitée un peu plus viscérale et un peu moins soucieuse de jouer la carte du charme.

Les ailes d’une ange

Les parallèles entre les petits nouveaux de Daniel Lavoie et de Judi Richards étaient beaucoup trop nombreux – et édifiants – pour que l’on passe à côté. Tandis que le premier joue les bons docteurs, Judi, quant à elle enfile les ailes d’un ange pour nous offrir Du septième ciel (GSI Musique/Sélect).

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Ce troisième album solo, pour celle qui est bien plus que Mme Yvon Deschamps, est lui aussi le fruit de nombreuses rencontres, notamment avec Louise Forestier, Richard Séguin, André Gagnon, Hélène Pedneau et… Daniel Lavoie, lesquels en signent ou co-signent plusieurs titres. Et question de prouver que la musique reste une affaire de famille, Judi chante ici Mujer («femme»), un poème espagnol mis en musique par sa fille Karine.

À l’instar de Docteur Tendresse, on retrouve ici le même désir de nous faire voyager de décor en décor, de climat en climat, tantôt -funky (avec des cuivres à la Bottine Souriante sur Ailleurs qu’ici), tantôt évanescent (Foulard de soie et son envoûtant contrepoint à l’erhu, manière de violon chinois), tantôt folk (la magnifique chanson titre signée Louise Forestier), comme si l’album se voulait le prolongement sonore des pérégrinations de Judi, laquelle sillonne le globe sous la bannière d’innombrables causes.

À l’instar de Lavoie, enfin, Du septième ciel est quelque peu banalisé par une production «rock détente» qui détone avec une écriture riche en réflexions, et qui se veut profondément morale sans jamais être moralisatrice.

Si notre ange gardien avait choisi de décrocher quelques instants ses ailes et de quitter le duvet de son nuage (qui est dû à la réalisation de Christian Frappier), elle aurait pu aspirer à une parfaite symbiose du fond et de la forme, et nous livrer un album aussi percutant qu’il est édifiant.

Philo, viens danser le ska

Quatre ans après la parution de son premier opus, le groupe québécois Philosonic revient du bord du gouffre pour nous proposer Y’a rien de facile (Les Disques Tox/Dep), qui reprend la formule pop-ska cafféïnée qui avait permis au groupe d’imposer ses shows aux quatre coins du Québec. Cette fois, il ne reste que deux membres de la formation d’origine, Philippe Gagnon (qui signe l’essentiel des chansons) et le batteur Steeve Girouard.

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Avec quelques éminents copains, dont Yves Desrosiers, Yann Perreau et Mara Tremblay, le duo nous a concocté 14 vignettes misant sur des refrains qui nous collent aisément à la mémoire, surtout lorsque Gagnon troque le dictionnaire au profit d’onomatopées et d’énergiques «pa-pa-pa-pa» qui invitent au défoulement collectif.

Dommage qu’en dehors de ces quelques mesures, les chansons que nous propose Gagnon soient aussi dépourvues de mélodies et de paroles mémorables. Et n’allez surtout pas me dire qu’une musique fondée sur l’énergie et l’humour doit forcément s’accompagner d’un nivellement vers le bas: les Colocs et, dans un autre registre, Pierre Perret nous ont fourni la preuve du contraire. Cela dit, on peut parier que les gens qui s’éclateront au contact de Philosonic ne se pencheront pas outre mesure sur la teneur du propos.

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