Le Dr Mathieu Lupien : apprécier l’art pour mieux retourner faire de la science

Il invite régulièrement ses collègues de laboratoire à l'AGO

Photo de Mathieu Lupien à l'AGO
Le Dr Lupien a été inspiré par le musée Victoria and Albert de Londres, au Royaume-Uni.
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Le plus souvent, on voit la science et l’art comme des domaines opposés et incompatibles. Mais pour le docteur Mathieu Lupien, les deux sont liés par les forces de la créativité et de l’innovation.

«Le merveilleux est la source de l’imaginaire», affirme le spécialiste du cancer à l’hôpital Princess Margaret de Toronto. «Si on a la chance d’être émerveillé, on va ouvrir notre esprit pour justement aller être un peu plus innovateur.»

Portrait du Dr Mathieu Lupien
Le docteur Mathieu Lupien. Photo: Delmar

Arrimer art et science

Le docteur Lupien a sa façon d’arrimer art et science: il amène régulièrement ses collègues à au Musée des beaux-arts de l’Ontario (AGO). Pour lui, visiter ensemble un musée d’art permet de mieux comprendre la façon de penser des membres de son équipe.

«On va savoir, par exemple, qu’il y en a un qui a une expertise dans ce qui est du détail», explique-t-il. «Il y en a d’autres qui vont avoir une perspective plus généralisée.»

Ces visites permettent non seulement d’apprendre à connaître ses collègues, mais de le faire en peu de temps. C’est un atout important dans un laboratoire plein de doctorants et de postdoctorants. «Ils vont venir chez nous pendant quatre ans, puis après ils vont quitter», explique-t-il. «On a avantage à apprendre à se connaître le plus rapidement possible.»

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Photo du Dr Lupien et ses collègues devant des peintures
Selon le Dr Lupien, les choses que les gens remarquent dans les oeuvres d’art révèlent leur façon de penser.

Le parcours du docteur Lupien

Il y a une décennie, le docteur Lupien était à la même place que ses collègues actuels. Né dans les Laurentides, il a fait son doctorat à l’université McGill et sa formation postdoctorale à Boston. En 2012, il est rentré au Canada pour travailler au Princess Margaret Cancer Centre de l’Université de Toronto.

«Quand je suis venu visiter le Princess Margaret, j’ai été vraiment impressionné par la qualité des équipes de recherche», raconte-t-il. «On a un petit joyau dans le domaine de la recherche». Il y travaille toujours en tant qu’enquêteur principal du laboratoire qui porte son nom, le Mathieu Lupien Research Laboratory.

Le docteur Lupien et son équipe étudient l’épigénétique du cancer.

«L’épigénétique, c’est le mécanisme qui régule quelle fraction de l’ADN d’une cellule est utilisée» dans son développement. «Quand qu’on pense au cancer, ce qui arrive en général c’est que le mécanisme de régulation est perdu», explique-t-il. Ainsi, au lieu de devenir une cellule normale, «la cellule peut devenir n’importe quoi, incluant une cellule cancéreuse».

Photo des collègues du Dr Lupien autour des roches
Les collègues du Dr Lupien tentent de distinguer les vraies roches des reproductions faites par l’artiste.

Une activité toujours populaire

Le docteur Lupien et ses collègues ont le même oeil critique pour l’art que pour la science.

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Lors d’une visite, un guide leur a demandé s’ils pouvaient distinguer les vraies roches des roches artificielles. Ça leur a pris environs dix secondes pour les identifier. «On avait immédiatement détecté la différence,» raconte le docteur Lupien.

Il offre cette opportunité à ses collègues depuis près de deux ans, et les visites sont toujours populaires. L’activité est facultative, mais tant qu’il y aura des collègues qui voudront y aller, il continuera à les inviter. «Tant qu’il y aura une demande, il y aura une offre.»

Au Musée des beaux-arts de l’Ontario: Art Gallery of Ontario. Photo: Nathalie Prézeau

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