Maria Chapdelaine revisitée

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Aujourd’hui, 23 avril, c’est la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Depuis 2010, pour souligner cette journée, les Éditions de la Bagnole et Soulières éditeur publient un titre en coédition. Après avoir fait paraître Le Cid de Corneille, Ulysse d’Homère et Don Quichotte de Cervantès. Cette année, les deux maisons lancent Maria Chapdelaine de Louis Hémon. Tous ces textes sont des adaptations modernes largement illustrées pour les 10 ans et plus.

Maria Chapdelaine est un grand classique de notre littérature canadienne-française. Ce roman a d’abord paru en feuilleton à Paris en 1913, soit exactement cent ans passés. Son auteur Louis Hémon fut mortellement happé par un train près de Chapleau (Ontario) le 8 juillet 1913, donc avant de connaître le succès de sa création littéraire. Le centre culturel de Chapleau s’appelle Centre culturel Louis-Hémon.

Peu de romans ont autant fait l’objet d’analyse psycho-politique. La fin pessimiste de Maria Chapdelaine a souvent été interprétée comme le reflet d’un Québec immobiliste et traditionaliste à la fin du XIXe siècle. La thématique du «point de salut hors du bois et de la terre» fait écho au principe que tout élan d’espoir et d’avenir est réduit à néant.

Plusieurs thèses ont été soutenues sur le sens allégorique de Maria Chapdelaine. Certains soutiennent que les noms choisis par Louis Hémon pour les trois prétendants de Maria ne sont pas le fruit du hasard. François Paradis représenterait la liberté du peuple québécois: François est l’ancienne forme de Français et Paradis est ce à quoi tous les catholiques aspiraient à l’époque.

Quant à Lorenzo Surprenant, il offre à Maria de quitter la misère du Lac-Saint-Jean pour le suivre aux États-Unis.

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Il représente donc l’attrait de certains Canadiens français pour l’étranger, surtout qu’à l’époque, les États représentaient le Klondyke pour eux. Enfin, le nom d’Eutrope Gagnon est traditionaliste, près du terroir. Le fait que Maria l’épousera représente la résignation du peuple canadien-français au tournant du siècle.

Je souligne, en passant, que le roman La Promise du Lac de Philippe Porée-Kurrer se compare à Maria Chapdelaine. Comme Louis Hémon, Porée-Kurrer est d’origine française. Il vit maintenant à Toronto et il a écrit une suite, Maria, en 1999.

C’est la Québécoise Jennifer Tremblay qui a adapté le roman de Louis Hémon pour les jeunes. Elle a gardé la saveur des dialogues canayens, mais a élagué un peu les longues descriptions de paysages gelés dans l’immobilisme.

Francesc Rovira illustre avec brio le texte de Tremblay. Ce Barcelonais a aussi illustré les adaptations du Cid, d’Homère et de Don Quichotte.

En présentant une nouvelle version de Maria Chapdelaine, les Éditions de la Bagnole et Soulières éditeur rendent hommage au caractère universel de cette œuvre qui a marqué l’histoire de la littérature canadienne-française.

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