Les pillages et les violences commis en marge des manifestations du 17 octobre 2026 ont focalisé l’attention sur les «casseurs». Mais le recours à ce terme ne pose-t-il pas plus de questions qu’il n’apporte de réponses?
Le sociologue Paolo Stuppia (Centre Européen de Sociologie et de Science Politique, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) revient sur la situation inédite à laquelle ont été confrontées différentes villes dans toute la France, et la complexité de mouvements conjuguant la mobilité de groupes aux motivations floues avec l’extrême agilité des réseaux sociaux.
Propos recueillis par Aurélie Djavadi.
Les scènes de pillage auxquelles on a assisté en marge des manifestations du 17 octobre sont-elles inédites?
Paolo Stuppia : Ce qui peut être inédit, c’est l’ampleur des destructions de biens privés et du vol de marchandises. Il faut bien voir néanmoins que toutes les personnes qui ont pillé n’étaient pas forcément structurées dans des groupes identifiables, du moins politiquement.
En effet, comme l’ont souligné en 2021 le politiste Xavier Crettiez, la sociologue Isabelle Sommier et l’historien François Audigier dans l’ouvrage collectif Violences politiques en France, les cibles d’une action violente à laquelle on attribue un sens politique peuvent être déterminées à la fois par des contraintes techniques et par la culture militante des personnes impliquées.



