Mais qui est donc Steven Del Duca?

Élections en Ontario le 2 juin

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Le chef du Parti libéral de l'Ontario, Steven Del Duca.
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À un mois des élections provinciales, les Libéraux ont lancé une mini-série de cinq épisodes, intitulée Who I Am – disponible uniquement en anglais – visant à faire connaître le chef du Parti libéral de l’Ontario (PLO), Steven Del Duca.

La série web présente Steven Del Duca, sa famille et les raisons qui le motivent à faire campagne pour devenir premier ministre de l’Ontario.

«Si je dois me présenter devant 15 millions d’Ontariens et demander leur confiance, la moindre des choses est de leur montrer qui je suis, d’où je viens et les expériences de vie qui façonnent mes valeurs», explique le chef libéral.

«Assez méconnu»

C’est vrai que Steven Del Duca est encore assez méconnu des Ontariens, note la professeure à l’École d’études politiques de l’Université d’Ottawa, Geneviève Tellier.

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Genevieve Tellier

Est-ce que la méconnaissance du public envers M. Del Duca représente une stratégie du PLO?

«C’est vrai que ça pourrait l’être», remarque la politologue.

Geneviève Tellier souligne que M. Del Duca a le désir d’amener un vent de changement au sein du PLO. Mais elle rappelle qu’il a fait partie de la garde des anciens premiers ministres libéraux Dalton McGuinty et Kathleen Wynne, qui ont mené la province successivement de 2003 à 2013 et de 2013 à 2018.

Le conservateur Doug Ford mettait donc fin à un règne libéral ayant duré 15 ans lorsqu’il a remporté son pari en devenant premier ministre, il y a quatre ans.

Candidats diversifiés

Rappelons qu’en 2018, le PLO a fait élire si peu de députés qu’il a perdu son statut de parti officiel à Queen’s Park.

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«On veut qu’il se démarque de l’ancien parti, du parti de Dalton McGuinty et de Kathleen Wynne. Et Steven Del Duca était un ministre de Kathleen Wynne, donc il a quand même fait partie de ce groupe-là. Alors le fait qu’on ne le connaisse pas, ça donne un peu cette impression qu’il est un peu plus nouveau en politique.»

La politologue soutient que le bassin de candidats libéraux est, cette année, diversifié, et composé d’une majorité de jeunes novices ne faisant pas partie de la vieille garde libérale ontarienne. Cela prouverait la volonté de se détacher de l’ancienne façon de faire les choses.

Steven Del Duca est devenu chef du PLO en mars 2020.

Pourquoi avoir attendu si longtemps avant de tenter de se faire connaître des Ontariens?

«On veut bâtir un momentum», répond Geneviève Tellier. «Parfois, quand on part trop tôt, ce qui risque d’arriver est qu’on ne peut que retomber.»

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Le chef du Parti libéral de l’Ontario, Steven Del Duca.

«Ça va très mal pour le NPD»

Le NPD ontarien, par exemple, a dévoilé l’ensemble de sa plateforme électorale d’un coup et en grandes pompes, avant les autres partis. «Ils ont senti le besoin de le faire plus tôt, et les libéraux, non.»

Geneviève Tellier juge que la cheffe néo-démocrate, Andrea Horwath, a du mal à profiter du momentum qu’elle a accumulé au cours de ses 13 ans à la tête de ce parti. «Ça va très mal pour le NPD.»

Selon les plus récents sondages, le parti se maintient au troisième rang. «Ce ne sont pas des bonnes nouvelles pour Mme Horwath. Peut-être qu’elle a dévoilé sa plateforme trop rapidement. Mais peut-être aussi qu’on veut prendre le temps d’expliquer les détails plus tard. C’est peut-être ça, la stratégie.»

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La cheffe de l’opposition officielle à Queen’s Park, Andrea Horwath.

«Le premier ministre de tous les Ontariens»

De l’autre côté du spectre politique, le Progressiste-Conservateur Doug Ford continue de profiter d’une confortable avance dans les sondages et d’une popularité inégalée. «Le Doug Ford d’aujourd’hui, ce n’est pas le Doug Ford d’il y a quatre ans», souligne l’experte en sciences politiques.

Doug Ford
Doug Ford.

Celle-ci est d’avis que la pandémie a changé le chef du Parti progressiste-conservateur. «Il a compris qu’il était le premier ministre de tous les Ontariens. C’est ça qui a changé. Il est moins polarisant, il parle aux Ontariens, pas seulement à sa base. Avant, on avait vraiment l’impression qu’il parlait à un groupe précis.»

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Geneviève Tellier rappelle la «saga de Toronto», lorsque Doug Ford promettait de réduire la taille du conseil municipal de la ville reine.

«On avait l’impression qu’il pensait juste à Toronto. Sa personnalité a changé, la pandémie l’a adouci. Et ça, ça risque de l’aider. Oui, il y a des gens qui ne sont pas contents, qui trouvent qu’il a trop changé, soit ceux à qui il parlait à ses débuts. Mais pour gagner, il faut ratisser plus large.»

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