Macron, c’est plus simple

Marine Le Pen et Emmanuel Macron se sont affrontés mercredi soir à la télévision.
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«En Marche!» est un beau slogan, mais ça n’explique rien.

Emmanuel Macron a beau vouloir s’affranchir des étiquettes gauche/droite et des idéologies socialisme/libéralisme, les médias ont encore régulièrement recours à ces raccourcis, et les électeurs, eux, veulent savoir à quoi s’en tenir.

Surtout, dès qu’un gouvernement agit, et même quand il ne fait rien, il procède d’une orientation, assumée ou non: plus ou moins de bureaucratie, intervention ici plutôt que là, ouverture ou fermeture à l’immigration ou aux alliances, etc. Un candidat est socialiste ou libéral, dirigiste ou tolérant, nationaliste ou multiculturaliste, pro ou anti-Europe, etc.: il est toujours quelque part (quoique pas toujours cohérent d’une décision à l’autre).

Bonne nouvelle: il faut être de bien mauvaise foi pour prétendre ne pas savoir où se situe Macron: à «l’extrême-centre»; dans la continuité socialiste… autant que dans le progrès libéral; dans la continuité de l’Union européenne, de la monnaie commune et de l’ouverture au commerce et à l’immigration… sans en exclure une meilleure gestion ou des réformes.

Son livre s’intitule Révolution, mais c’est évidemment l’élection de Marine Le Pen qui en serait une.

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Les Canadiens qui ont élu Justin Trudeau en 2015 sont familiers avec de tels politiciens cherchant à ratisser le plus large possible en restant dans le juste milieu, frayant avec l’élite mais se disant préoccupés de la classe moyenne et des démunis, intéressés comme tout le monde à la protection de l’environnement, allergiques aux débats identitaires, accordant autant d’importance aux tweets et aux selfies qu’aux exégèses de leur programme.

En France, il faut remonter à 1974 avec Giscard d’Estaing, pour trouver un «indépendant» qui avait battu un gaulliste et un socialo-communiste: la droite et la gauche conventionnelles. Le coup de tonnerre du premier tour de l’élection présidentielle française de 2017, c’est bien la défaite des vieux partis représentés par Fillon et Hamon, écartelés entre l’optimisme radieux de Macron au centre et les populismes colériques de Le Pen et Mélenchon aux «extrêmes».

Il n’y a d’ailleurs pas de meilleure illustration de l’absurdité des étiquettes gauche-droite que le classement Mélenchon à l’extrême-gauche et Le Pen à l’extrême-droite, alors que leurs prescriptions sont presque interchangeables. Les faux progressistes soi-disant de gauche, autant que les ultranationalistes erronément classés à droite, se rebifferont contre ce rapprochement, mais les résultats de leurs politiques importent plus que leurs motivations.

Dans la devise «Liberté-Égalité-Fraternité», comme l’a expliqué Macron devant une classe d’enfants dans une de ses pubs, l’axe gauche-droite traditionnel va du socialisme au libéralisme, c’est-à-dire du dirigisme obsédé par l’égalité à gauche, au laissez-faire fondé sur la liberté à droite, en passant par la mythique fraternité qu’il incarnerait au centre.

On verra dimanche si la majorité des Français aspirent à une telle décrispation de leur vie politique – à confirmer en juin au moyen des élections législatives – ou au contraire s’ils considèrent que trop de choses doivent changer coûte que coûte.

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