L’univers bizarre de Tim Burton au Bell LightBox

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Publié 30/11/2010 par Guillaume Garcia

Si vous habitez en banlieue et que vous n’aimez pas les monstres iconoclastes, passez votre chemin, l’exposition présentée à la Bell LightBox n’est pas pour vous. Adoré ou détesté, Tim Burton représente un cinéma à part, Hollywoodien, pas complètement décalé, compréhensible. L’exposition qui lui est consacrée, rassemble plus de 700 objets, tableaux, costumes, écrits issus de collections privées. Plus d’un million de personnes ont déjà pu voir cette exposition mise sur pied par le Musée d’art moderne de New York et qui a ouvert ses portes vendredi dernier à Toronto.

Faire la liste de ses succès peut s’avérer un exercice long presque interminable, Betelgeuse, Batman, Édouard aux mains d’argent, Batman Returns, L’étrange Noël de M.Jack, Mars Attack, Sleepy Hollow, Big Fish, Charlie et la Chocolaterie, Alice au pays des merveilles… et on ne note que les plus gros succès.

Une imagination débordante

Caractérisés par des intrigues oscillant entre fantastique et naïf, ses films sont très documentés dans l’exposition.

Selon ses propres mots, Tim Burton avoue ne pas être très bon en communication, donc la manière la plus facile d’expliquer ses idées reste de les dessiner, ou de les écrire. Des centaines de dessins originaux sont présentés aux visiteurs.

On découvre ainsi les premiers traits de crayon qui ont fait naître le personnage d’Édouard aux mains d’argent, ou encore ceux de Catwoman dans Batman.

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Après quelques pas dans les allées couvertes de croquis et figurines issues de l’imagination du cinéaste ou de ses collaborateurs, on se rend compte que Tim Burton n’aime pas la perfection et rien n’est valable si ce n’est pas reconstruit, recousu, recollé.

Son premier court métrage pavait la voie avec un jeune garçon qui recousait son chien mort, en utilisant les techniques vues à la télé et en biologie à l’école! Les personnages sont couverts de fils, de cicatrices et leurs vêtements partent en lambeaux. Bienvenus dans le monde de Tim Burton.

Les monstres

Au-delà de son affection pour les monstres en tout genre, gros, moches, à queue ou à plumes, sur pattes ou en vers, Tim Burton semble obnubilé par l’idée de créer des physiques impossibles, tel un petit garçon qui dessine des cochons à tête de cheval.

Certains dessins vous collent un sourire idiot sur le visage pour plusieurs minutes à mesure que vous imaginez le processus de création artistique. Par exemple un premier croquis montrant plusieurs animaux inventés.

Sur le dessin est écrit «quand ils ont peur les animaux parfois s’assemblent pour faire un monstre plus gros», et un second dessin montre une bestiole hilarante, faite par la superposition des bibittes du premier croquis.

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Une enfance solitaire

Enfant renfermé et timide Tim Burton s’enferme chez lui pour visionner des films, tout ce qu’il peut regarder il le regarde. Il s’approprie les codes du cinéma, et comprend qu’on peut aller plus loin que la réalité, il suit cette voie depuis le début de sa carrière. Les contes et légendes vont former peu à peu son univers.

Ses dessins, ses textes le montrent bien, la réalité limite trop l’artiste, il s’en défait et puise dans son imagination les formes de ses personnages, leurs pouvoirs, le scénario de ses films et les décors.

Il est troublant de le voir griffonner au crayon les contours de ses films, ils existaient dans sa tête, il fallait simplement les filmer.

Autocritique de l’Amérique

La deuxième passion de Tim Burton, après les monstres et compagnie, c’est la critique de la société américaine bien pensante, les banlieusards qui croient tout savoir et s’enferment dans leurs clichés. Un rapide coup d’oeil au film Édouard aux mains d’argent donne rapidement un bon aperçu de ce que pense Tim Burton.

Pour les inconditionnels de l’artiste, l’exposition sera sans aucun doute une belle chance de découvrir les premiers supports du processus de création de Burton. Il s’avère assez exceptionnel de voir toute l’oeuvre de Tim Burton autre part qu’au cinéma.

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Le costume que porte Johnny Depp dans Édouard aux mains d’argent ainsi que la cape de Sleepy Hollow sont deux des joyaux des pièces présentées et montrent bien le soin que porte Tim Burton aux moindres détails de ses films.

Ses débuts

Une aile de l’expo est également consacrée au début de l’artiste, quand il vivait chez ses parents et qu’il soumettait ses dessins à des concours organisés par la Police municipale!

Grands nombres de dessins et de figurines liés à des projets inaboutis, ornent eux aussi les murs de l’exposition.

Les plus fous auront participés au 36 heures de projection de tous les films du réalisateur, entre vendredi soir et dimanche dernier. Adoré ou détesté, Tim Burton a le mérite d’aller jusqu’au bout de son imagination.

Auteur

  • Guillaume Garcia

    Petit, il voulait devenir Tintin: le toupet dans le vent, les pantalons retroussés, son appareil photo en bandoulière; il ne manquait que Milou! Il est devenu journaliste, passionné de politique, de culture et de sports.

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