L’Outaouais rural et urbain, toujours unique

Le Black Sheep Inn invite les passants


9 janvier 2017 à 16h33

À la fois dans l’ombre et la lumière d’Ottawa, l’Outaouais québécois propose des attraits uniques. Dans l’Outaouais rien n’est pareil. Cette région frontalière a développé un certain art de vivre, différent, mais résolument québécois, en anglais et en français.

Autrefois, on accédait au beau village anglophone de Wakefield par une route sinueuse le long de la rivière Gatineau. Aujourd’hui, l’autoroute 5 permet d’arriver à Wakefield en une vingtaine de minutes depuis Gatineau. Wakefield a plus de commerces touristiques qu’avant, mais son caractère anglophone unique n’a pas changé.

Au Québec, les anglophones vivent surtout à Montréal, surtout depuis l’exode des années 1970, mais les Anglos de Wakefield semblent parfaitement à l’aise au Québec, tout en conservant un mode de vie campagnard et rustique qui rappelle l’esprit des villages des vallées du Vermont.

Pour aller à la rencontre des locaux de Wakefield, il faut prendre un verre à l’auberge du Mouton Noir (surtout nommé le Black Sheep Inn). Avec ses nombreux jeux de dards et ses barbus en chemises en carreaux, le Black Sheep fait vivre une expérience anthropologique fascinante, et il permet de côtoyer une communauté artistique active, surtout les soirs de spectacles.

À voir aussi bien sûr, le pont couvert Gendron, symbole de l’histoire et de la résilience des gens de Wakefield.

Table du Moulin Wakefield
Table du Moulin Wakefield

Le vieux moulin

L’hébergement phare de Wakefield, c’est bien sûr son vieux moulin transformé en auberge de charme.

Le directeur général du Moulin Wakefield, Pierre Bergeron, originaire de Sherbrooke, a dirigé plusieurs auberges du même type dans le sud de l’Ontario. «Le Québec compte peu de ces auberges situées sur les lieux d’un moulin, au bord du cours d’eau qui faisait tourner le moulin», explique-t-il.

Même en Ontario, le Moulin Wakefield serait spécial à cause de la force de son cours d’eau et de la qualité de sa restauration, sur deux niveaux devant la cascade.

Le menu est composé de classiques sans compromis et de plats innovants qui plaisent aux foodies. Le spa du Moulin Wakefield est extrêmement populaire et il est vivifiant de s’immerger dans la baignoire à remous extérieure, devant la forêt.

Le Vieux-Hull

Le Vieux-Hull, centre historique de Gatineau, se présente comme une ville québécoise industrielle de taille moyenne, sympathique et pleine de caractère, à un jet de pierre de la capitale canadienne. L’Outaouais, et le Vieux-Hull en particulier, sont aussi des exemples valeureux de fierté francophone durable.

L’Outaouais est résolument québécois, par ses aspects, son mode de vie, ses valeurs. On ne sent à Gatineau que fort peu d’influence anglo-saxonne, à part l’afflux constant d’Ontariens anglophones qui, au plus, influencent une peu la composition des menus dans les restaurants et bars.

Véronique Rivest
Véronique Rivest

Les bonnes surprises gustatives sont nombreuses à Hull. Par exemple, le bar à vin Soif de Véronique Rivest; dont le nom résonne car elle a obtenu la 2e position au concours des meilleurs sommeliers du monde en 2013. Mme Rivest est souvent sur place, parlant aux clients, en toute simplicité. Pour leur part, les clients apprécient les prix raisonnables du Soif, et ses petits formats permettant d’essayer plusieurs vins.

Autre bonne adresse abordable, le bistro Les Vilains Garçons qui prépare des classiques français, mais aussi des plats uniques, souvent d’inspiration asiatique. Les spécialités sont servies dans un ensemble de petites portions. Les propriétaires de ce restaurant sont de jeunes Français sympathiques. L’ambiance des Vilains Garçons est résolument festive.

Formule petits plats aux Vilains Garçons
Formule petits plats aux Vilains Garçons

Nouvelle génération

Le Vieux-Hull, c’est aussi ma chère rue Eddy, cœur d’un quartier pauvre, en pleine revitalisation. «Pauvre», mais aussi si riche d’histoire et de gens qui vous parleront avec bagout des hauts et des bas de leur vie et de leur ville.

Pour bien ressentir l’esprit de la rue Eddy, on peut manger au comptoir de La Patate Dorée et commander un de leurs hot-dogs ou poutines réputés, avant d’écouter les clients et de ne pas hésiter à engager une conversation!

La rue Eddy, c’est aussi des commerces d’une nouvelle génération qui relève le quartier. À voir, Le Local, un espace plein de vêtements originaux, tous dessinés ou fabriqués au Canada. Les employés du Local sont passionnés par leur noble marchandise.

Autre adresse étonnante, les Brasseurs du Temps, une des microbrasseries de référence au Québec, qui a en outre le mérite de faire revivre un bâtiment historique de Hull, à deux pas du ruisseau de la Brasserie où on peut patiner cet hiver. Les Brasseurs du Temps, c’est également le site d’un véritable musée de la bière qui présente aussi la facette brassicole fascinante de l’histoire méconnue de Hull.

l'édifice des Brasseurs du Temps
Les Brasseurs du Temps

Un grand casino

En marge du secteur Hull, on trouve le Hilton Lac-Leamy et son casino. Cet hôtel 5 étoiles est d’une élégance remarquable malgré sa taille. Ses chambres accordent des vues imprenables sur l’Outaouais et Ottawa. La piscine extérieure chauffée est accessible, et ce, même en janvier!

Le casino et sa belle salle de spectacles font preuve de dynamisme pour attirer des jeunes. Une bonne part de la clientèle provient de l’Ontario. Le casino comme tel affiche des virtuosités techniques et artistiques comme on en voit à Las Vegas.

Le hall spectaculaire du Hilton Lac-Leamy de Gatineau.
Le hall spectaculaire du Hilton Lac-Leamy de Gatineau.

Bref, l’Outaouais est une région étonnante, assez impressionnante en fait. Séjourner à Ottawa et aller furtivement dans l’Outaouais, comme le font tant de touristes, ne rend pas justice à cet Outaouais aux attraits uniques où la nature et la ville s’entrelacent à merveille.

Informations: tourismeoutaouais.com et 1-800-265-7822, et wakefieldquebec.com.


Notre explorateur Benoit Legault a commencé sa carrière de journaliste dans les années 1980 au quotidien Le Droit d’Ottawa-Gatineau, dans un bureau (aujourd’hui fermé) situé sur la rue Eddy, devant La Patate Dorée.

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