L’Ontario n’est pas prêt de jeter l’alcool américain expiré

LCBO
Dans une succursale de la LCBO l'an dernier. Photo: l-express.ca
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Publié 27/08/2025 par Émilie Gougeon-Pelletier

Contrairement au Québec, qui se penche déjà sur la façon de se débarrasser de l’alcool américain expiré ayant fait l’objet d’un boycottage, l’Ontario ne semble pas pressé de décider quoi faire avec ces produits lorsqu’ils auront atteint leur date limite de consommation.

Ça fait six mois que l’alcool américain a été retiré des tablettes de la Régie des alcools de l’Ontario (LCBO).

Même si certaines bouteilles devraient expirer bientôt, le gouvernement Ford n’a pas encore pris de décision quant à leur avenir.

«Il nous reste encore quelques mois avant que quoi que ce soit n’expire, et nous verrons à partir de là», a répondu le premier ministre ontarien Doug Ford lorsque questionné à ce sujet, le 27 août.

La LCBO n’avait pas encore répondu à notre demande médiatique au moment de la publication de cet article.

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Date limite

Au Québec, la question a fait couler beaucoup d’encre au cours des derniers jours.

Radio-Canada a révélé que la Société des alcools du Québec (SAQ) anticipait devoir bientôt détruire certains produits alcooliques américains, dont la date limite de consommation sera atteinte cet automne.

Le ministre des Finances du Québec, Éric Girard, a finalement changé son fusil d’épaule en annonçant que les 300 000 $ d’alcool américain périmé seront plutôt offerts à des organisateurs d’événements caritatifs et à des écoles d’hôtellerie, notamment.

Riposte

C’est le premier ministre ontarien Doug Ford qui avait ouvert le bal du boycottage de l’alcool américain, au début de l’année, afin de riposter aux droits de douane imposés sur les produits canadiens par le président américain Donald Trump.

Contrairement à certaines provinces comme l’Alberta et la Saskatchewan, qui ont toutes deux mis fin à leur moratoire sur l’alcool américain en juin, l’Ontario «continuera son boycottage jusqu’à ce que [l’administration Trump] mette fin aux droits de douane, ou conclut une entente [avec le Canada]», a déclaré Doug Ford.

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Droits de douane supprimés

Le premier ministre du Canada Mark Carney a annoncé la semaine dernière l’abolition des droits de douane sur les produits américains qui sont conformes à l’Accord Canada–États-Unis–Mexique (ACEUM) à compter du 1er septembre.

Cette nouvelle représente un «signe très positif», a indiqué le Distilled Spirits Council of the United States dans un communiqué, ajoutant néanmoins que «tant que toutes les provinces ne remettront pas les spiritueux américains sur leurs tablettes, cela n’aura pas beaucoup d’impact».

Les ventes de spiritueux américains ont chuté de plus de 66% depuis le boycottage, selon ce regroupement qui se dit «le principal défenseur et promoteur de l’industrie des spiritueux» aux États-Unis.

Avant le boycottage de leurs produits, le Canada était le deuxième marché pour les exportations de spiritueux américains.

En Ontario, la LCBO vend habituellement jusqu’à 965 millions $ d’alcool américain par année.

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Ventes locales en hausse

N’empêche, les ventes de produits d’alcool locaux sont en hausse en province, a noté le premier ministre de l’Ontario.

Les ventes de vins «VQA», soit ceux issus de raisins 100% ontariens, ont augmenté de plus de 60% depuis que les bouteilles américaines ont été retirées des tablettes, selon la LCBO.

La société d’État avait indiqué au Droit, à la mi-juin, que «les Ontariens sont de plus en plus enclins à acheter des produits locaux et canadiens» depuis le retrait des produits américains.

Les vins rouges VQA ont enregistré une croissance de 71%, alors que les blancs ont vu une hausse de 67%.

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