L’intelligence artificielle pour repenser l’éducation

EducaTech: un «hackaton» pour connecter les jeunes à l'apprentissage

Hosni Zaouali, PDG de Voilà Learning, avec des membres de son équipe: Leslie Leroy, responsable marketing, Célia Le Normand, responsable des programmes Ed-Tech, Raphaelle Houdot, directrice du bonheur.
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Nos systèmes d’éducation seraient réfractaires à la technologie.

«Dans le milieu des transports, on est passé du cheval à la Tesla. Dans le domaine des bâtiments, on est passé de la cabane en bois aux gratte-ciel ultramodernes. Dans le milieu de la communication, on est passé de la lettre en papier au téléphone intelligent…» L’éducation, elle, n’a pas beaucoup évolué.

C’est la problématique à laquelle veut s’attaquer le sommet torontois EducaTech, du mardi 24 au jeudi 26 octobre au Collège George Brown, 230 rue Richmond Est, dont Hosni Zaouali, de Voilà Learning, est l’instigateur et le modérateur.

Cet éducateur, facilitateur de contenu à l’université Stanford (Californie), veut repenser l’éducation par la technologie. Pour ça, il appelle au recours aux intelligences artificielles.

L’Express l’a rencontré au troisième étage d’une école publique de l’Est du centre-ville de Toronto, dans le bureau qu’il loue, où son équipe s’agace du réseau internet de l’école qui ne fonctionne pas!

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Un hackaton

EducaTech est un «hackaton», soit une réunion de deux jours de jeunes codeurs, suivie d’une conférence le troisième jour, à laquelle participeront des experts en intelligences artificielles et en éducation: des gens d’Ubisoft, de l’institut MaRS Discovery District et de l’Université de Waterloo.

Les jeunes créateurs seront nourris, et chouchoutés par Hosni et ses équipes, qui mettront à disposition un espace où ils pourront se reposer, bien qu’ils ne dorment généralement pas lors de ces évènements.

Leur mission? Créer des jeux, des applications… des prototypes des outils de demain pour l’apprentissage plus ludique des langues.

«Le problème de nos systèmes éducatifs n’est pas d’ordre technologique, puisque cette technologie existe, elle est là. C’est un problème d’ordre bureaucratique, logistique», affirme Hosni Zaouali.

Repenser l’éducation

Selon le jeune homme, «il y a aujourd’hui un énorme besoin de repenser l’éducation, EducaTech sert à montrer ça.»

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L’enseignant, qui était auparavant «possesseur du savoir éducatif», devient un «coach». «Avec Internet, l’accès au savoir s’est étendu à tous. Beaucoup d’enseignants ne le comprennent pas et ne voient pas l’évolution de leur rôle.»

C’est pourquoi il veut faire pénétrer le domaine de l’éducation de la révolution technologique actuelle: réalité augmentée, réalité virtuelle, intelligence artificielle.

Son projet est de rendre une éducation moderne accessible à tous, et de permettre aux enseignants et enseignantes d’avoir toutes les informations nécessaires sur leurs élèves. D’après lui, le système actuel ne permet pas ces deux facteurs nécessaires à l’apprentissage.

Il propose aux enseignants et enseignantes des assistants un peu particuliers: des intelligences artificielles (IA).

«Je ne peux pas dire sous quelle forme seront ces IA, parce que quand on parle d’IA, on imagine forcément des petits robots. Ça, c’est pour dans 200 ans! Là, je vois plus ça sous forme d’un téléphone intelligent.»

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Question d’éthique

Dans sa classe idéale, l’appareil de l’enseignant lui donnera toutes les informations nécessaires sur chacun de ses élèves: des données scientifiques sur leur santé à des données plus sociologiques comme leur situation familiale.

Des bracelets connectés au bras des élèves capteraient et mesureraient ces données. Des informations qui ne peuvent être mesurées par l’humain, «trop biaisé pour le faire!»

Hosni Zaouali le reconnaît, il y a une «énorme question d’éthique» derrière ce projet.

«On rentre dans l’ère de l’hyper surveillance. Les choses sont en train de changer, c’est comme ça. Ces évolutions nous poussent à perdre certaines choses, mais ce n’est pas à ce qu’on perd qu’il faut s’intéresser, c’est à ce qu’on gagne.»

Et ce qu’il veut gagner, c’est un plus grand accès à l’éducation pour les élèves, et des données précises sur la façon d’apprendre de ces mêmes élèves.

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«La grève? Une bonne chose!»

La grève actuelle dans les collèges de l’Ontario est une aubaine pour l’organisateur d’EducaTech. «Elle illustre le fait qu’on propose une réelle alternative, qu’on peut continuer à apprendre à révolutionner.»

L’éducation ne s’arrête pas à l’école, elle se fait «dans la société civile, dans le monde privé et par Internet».

«Les trois objectifs d’EducaTech sont de s’amuser, d’éduquer sur le projet et de laisser des experts expliquer de quoi l’avenir sera fait. On va aussi parler du problème d’éthique que pose le projet. C’est essentiel d’en parler: toutes les révolutions sociales sont faites à travers la communication.»

Selon Hosni Zaouali, ce qui est intéressant c’est qu’on ne peut pas savoir comment la conférence va finir. «Un clash des générations, un consensus?»

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