L’impubliable fait beaucoup jaser

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Après la publication du roman L’enfant de l’étranger, le quotidien The Guardian a écrit que son auteur Alan Hollinghurst «mérite incontestablement le titre de meilleur romancier anglais contemporain». L’ouvrage a été qualifié d’éblouissant. C’est un livre qui exige une grande concentration, qui ne se plie pas à une lecture désinvolte.

Alan Hollinghurst nous plonge dans la vallée du Nord Middlesex, tout au long du vingtième siècle. L’histoire commence en 1913. George Sawle amène en week-end aux Deux Arpents, la maison familiale, un camarade de Cambridge, Cecil Valance.

Cet aristocrate poète fait forte impression sur les Sawle, et notamment sur la jeune sœur de George, Daphné, éblouie par l’aisance et la liberté de ton de Cecil.

Tout en étant l’amant de George, Cecil séduit Daphné et lui dédicace un poème qu’il intitule Deux Arpents. Seul George sait que le véritable poème comprend des parties «impubliables», des paragraphes secrets d’une idylle anglaise, qui font allusion à «des silhouettes priapiques dans les fourrés…»

À partir de ce point de départ, l’auteur développe l’histoire de ces deux familles en une grande fresque (700 pages) qui couvre presque un siècle.

Le fil conducteur est le déclin de l’aristocratie et l’évolution de la société anglaise dans son approche de l’homosexualité, les deux se rejoignant dans le destin posthume de Cecil, mort en 1916, à 25 ans, sur les champs de bataille.

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En dépit d’une vie très courte, Cecil Valance réussit toujours à susciter des sentiments ardents chez tous ceux qui croisent son chemin.

Ses poèmes, notamment Deux Arpents, lui valent une grande popularité dans l’immédiat après-guerre. Le livre parle plus de Cecil Valance mort que vivant.

L’auteur illustre avec brio comment cette gloire éphémère, cette mort précoce, cette soi-disant romance avec une femme, mais surtout ce soupçon d’une homosexualité scandaleuse parviennent à aiguillonner la curiosité des biographes pour un personnage énigmatique qui semble sans cesse se dérober derrière le mur du discours officiel de ceux qui l’ont connu.

Ces biographes se butent à un mur, celui des poèmes perdus, «des strophes jamais publiées qui se révèlent être une sorte de manifeste homo en couplets pentamétriques…» Les poèmes perdus étant destinés à un homme seulement, ils ne peuvent être publiés de son vivant… «ou de celui de l’Angleterre!»

Le livre est dédié à Michael Ogilvie Imlah (1956-2009), un des plus célèbres poètes britanniques et ami (muse?) de l’auteur. Hollinghurst a remporté le Booker Prize en 2004 pour La Ligne de beauté, dont je vous ai parlé en 2006.

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