À la recherche de la liberté dans la littérature francophone

liberté dans la littérature
Anne Forrest-Wilson, Vittorio Frigerio, Chloé leduc Bélanger, Elvis Nouemsi, Mélusine Klein
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Pour le Littré, la liberté c’est le pouvoir d’agir ou de ne pas agir. Mais les formalités du dictionnaire n’empêchent pas les écrivains – passés ou futurs – d’en donner leur interprétation. Qu’elle soit politique, quotidienne ou territoriale, la liberté a bien fait couler d’encre.

Des conditions de vie au goulag à la cigarette féminine émancipatrice, nous avons feuilleté une littérature francophone qui voit dans la recherche de la liberté une quête de l’identité en ce pluvieux dimanche 3 juin.

C’est en tout petit comité que l’émission Quatrième de couverture créée par L’écriture en mouvement et animée par Anne Forrest-Wilson a fait vibrer les ondes une dernière fois pour cette saison.

Liberté absente

Une Pologne entre Hitler et Staline, un Chili qui cherche à se débarrasser de Pinochet… Certains ouvrages ont pris le parti d’aborder le manque de liberté le plus évident. Se libérer de la tutelle d’un oppresseur politique est une affaire que plusieurs pays ont encontré au XXe siècle.

Comment trouver sa liberté lorsque l’on vit dans une dictature ?

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Pour Mélusine Klein, la dictature stalinienne s’apparente au théâtre de l’absurde. L’oppression la plus violente est psychologique. Sans repères temporels et spatiaux, l’homme vidé de toute substance perd son identité et n’est plus qu’un pion dans les machines totalitaires.

Dans ces conditions extrêmes, la liberté va se retrouver là où on ne l’attend pas. «Le travail rend libre» selon un dicton allemand. Et en effet, dans les goulags de la Mère Patrie, le travail forcé va permettre aux prisonniers de renouer avec une forme de sociabilité. La fierté de savoir faire et fabriquer, de retrouver la parole, va émanciper les hommes.

liberté dans la littérature
Les 3 chroniqueurs de l’émission ont fait profiter les auditeurs d’une analyse littéraire fine

L’indépendance serait la clé

La liberté c’est aussi celle d’un peuple de disposer de lui-même. C’est ce que défend le propeuple Falardeau dans La liberté n’est pas une marque de yogourt. Dans son recueil de texte, l’auteur québécois plaide pour l’indépendance du Québec.

Une ténacité assumée qui nous rappelle que l’écrivain doit être le plus libre de tout les hommes. «Les paroles de l’écrivain ne sont pas celles d’un homme lambda» tient à rappeler Elvis Nouemsi, chroniqueur de l’émission.

S’émanciper dans le normal

La liberté politique est une chose, mais chroniqueurs et invités ont aussi pointé une réalité qui parlera aux lecteurs contemporains. Être maître de soi-même va pouvoir s’affirmer dans les initiatives les plus futiles de la vie quotidienne.

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Certains auteurs vont montrer comment s’émanciper dans le normal.

Vittorio Frigerio, auteur de Révolution!, nous présente La liberté de ma mère de Jean-Michel Apathie. Loin des idéaux romantiques de Mai 68 – période de bouleversements des moeurs pour la société française – le plus simple va changer une vie.

Pour la femme des années 60, rien n’est plus libérateur qu’une «bonne cigarette» tout comme posséder une télévision ou une machine à laver.

Le territoire comme carcan

L’Union européenne a fait de la liberté de déplacement l’un de ses fondements principaux. Que se passe-t-il quand on ne peut pas aller où on le souhaite ?

La République française a voulu sédentariser sa population au cours du XXe siècle. Les gens du voyage – qui font de leur déplacement leur identité – se sont vus interdire le droit se mouvoir comme ils l’entendent.

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Restreindre le territoire, c’est diminuer la liberté du «peuple du vent». Bien plus encore, leur identité nomade perd son sens.

La liberté est peut-être l’un des thèmes littéraires les plus usés dans tous les aspects qu’on lui prête. Cependant, il ne faut pas crier à la liberté dès que bon nous semble. «La liberté en 50 nuances de papiers toilette, je vous la laisse» a écrit Falardeau.

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Daniel Aubin était présent dans le rôle de la souris oulipienne

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