L’homo photographicus

homo photographicus

Séville 1933, p. 403.


3 février 2019 à 11h00

C’est sous le titre L’homme photographique que les éditions Hazan publient un nouvel ouvrage de Michel Frizot, un recueil de textes concernant des sujets photographiques rédigés entre 1990 et 2010 dans des revues spécialisées pas toujours faciles à trouver, destinées aux photographes, chercheurs, historiens de la photographie, et toute personne qui s’intéresse au domaine.

Il y a ainsi 32 articles qui sont présentés par une courte introduction en italique suivie d’une indication en caractères minuscules de la revue. Ainsi, à titre d’exemple, en page 143, sous le titre «Comment on marche. De l’exactitude dans l’instant», on peut lire «Texte publié dans 48/14 Revue du musée d’Orsay, no 4, printemps 1997, p. 74-83».

homo photographicus
L’homme photographique par Michel Frizot. Éditions Hazan, 2018, broché, 14,5×21 cm, nombreuses photos, 584 pages, 29 €.

Ce texte de Michel Frizot est ainsi résumé dans la revue d’origine: «L’ambition de restituer le mouvement réel du corps humain a précédé le cinéma? Voire la chronophotographie de Muybridge, Marey ou Albert Londe. On la décèle par exemple chez un artiste comme Caillebotte, très au fait de la recherche photographique. Michel Frizot analyse à travers ces exemples et d’autres la façon dont évolue depuis le début du XIXe siècle la représentation de la marche. Cette conférence prenait place le 14 octobre 1995 dans le cycle Cinéma, nouvel art.»

Regroupement

Le regroupement de ces textes est fait d’une manière rigoureuse pour mettre en évidence leur cohérence et dégager une théorie générale du «régime photographique», de la production à la réception des images.

Comme l’exprime l’éditeur, «L’homme photographique, c’est homo photographicus; c’est une humanité sous l’emprise de la photographie; et c’est chacun de nous, pour qui l’appréhension du monde, la mémoire des faits ou le partage des émotions transitent par ces images, innombrables et captivantes, sorties d’un indispensable « appareil ».»

«Une « invention de l’homme » est advenue par la photographie, de cet homme qui, non content de prendre connaissance des événements lointains par des photographies, produit lui-même – et contemple ensuite – les images de sa vie, est contrôlé et identifié par sa « photo d’identité », choisit ses objets de consommation sur catalogue photographique, tandis que toute chose hors échelle humaine, de la bactérie à la galaxie, est également transposée en image photographique.»

homo photographicus
«L’homme photographique», une histoire, des histoires pour vous en mettre plein la vue.

Organisation

Ce regroupement de textes qui constituent une histoire en temps réel n’est pas fait au hasard.

Les textes sont organisés en trois sections qui reprennent chacune un point de vue constitutif de l’imaginaire photographique: le dispositif photographique qui compte treize articles, l’opérateur et la prise de vue qui englobe les onze articles suivants , regards et regardeurs dont les huit textes terminent l’ouvrage.

Comme l’ajoute l’éditeur, «ce qui détermine en effet la nature d’une photographie, c’est d’abord le dispositif qui l’a engendrée, à la fois en ce qu’il est générique (photographique) et singulier (avec des paramètres physiques particuliers). C’est ensuite l’intervention nécessaire d’un opérateur (le photographe), une mise en œuvre humaine reformulée à chaque prise de vue, s’appuyant sur les capacités du dispositif (ou en les ignorant), interagissant avec le sujet photographié et concrétisant des intentions.»

homo photographicus
Portrait par un photographe ambulant vers 1910, anonyme, p. 256.

Actualité

Tous ces articles sont accompagnés de reproductions photographiques de formats différents et en noir et blanc. Ce n’est sans doute pas pour une simplicité d’impression, car la photographie en noir et blanc est à la mode et s’enseigne même dans des clubs d’initiation ou de perfectionnement photographique. Même des fleurs aux couleurs éclatantes n’y échappent pas.

L’ouvrage de Frizot n’aborde pas directement le sujet de la mode en photographie, si ce n’est sous l’angle des sujets abordés par la photographie.

Comme l’écrit encore l’éditeur: «C’est “le” regardeur, in fine, qui fait de la photographie non pas ce qu’elle est, mais ce qu’elle peut être ou devenir, qui lui donne sens… ou non… Ce que peut la photographie, ce qu’elle fait, ce qu’elle nous fait : analysés par Michel Frizot, un des meilleurs spécialistes actuels de la photographie, ces questionnements ne cessent d’être d’actualité.»

Inscrivez-vous à nos infolettres gratuitement:

Récemment

Restez à jour dans votre propre fil d'actualité

Cinq flûtes des cinq continents

North Wind Concerts
Alison Melville est à la tête du projet de concert Encircling the World: Flutes qui sera présenté le dimanche 2 mars à 19h30 au...
En lire plus...

22 février 2019 à 7h00

Troisième revers consécutif pour les Maple Leafs

Les Maple Leafs de Toronto étaient de retour à domicile après un long voyage de 6 parties à l'étranger. Pour l'occasion ils recevaient la...
En lire plus...

21 février 2019 à 22h30

17 255 écrivains canadiens se partagent 12 282 712 $

écrivains
Depuis 30 ans, le programme du Droit de prêt public (DPP) verse aux écrivains canadiens une somme d’argent en reconnaissance de l’utilisation de leurs...
En lire plus...

21 février 2019 à 17h00

La station Kipling: circulez, y a rien à voir

Cette semaine, nous poursuivons les Visites Express consacrées aux extrémités du métro torontois. Après Finch et McCowan, nous nous sommes rendus à l'ouest de...
En lire plus...

21 février 2019 à 13h00

Common law en français: Calgary devance Toronto

Ian Holloway, doyen, Faculté de droit, Université de Calgary; Nickie Nikolaou, vice-doyenne (Calgary); Adam Dodek, doyen, Faculté de droit, Université d’Ottawa; Caroline Magnan, directrice du Programme de certification de common law en français; Alexandra Heine, étudiante de 3e année en droit (Calgary).
Un nouveau partenariat sur l'enseignement de la common law, conclu entre les facultés de droit de l’Université d’Ottawa et de l’Université de Calgary, va...
En lire plus...

21 février 2019 à 11h00

Incertitude environnementale et arrogance humaine

roman
Le premier roman de Christiane Vadnais, Faunes, est un récit dystopique qui s’insère dans un courant de fiction climatique.
En lire plus...

21 février 2019 à 9h00

Ils ont apporté la rougeole à l’école

Encore un. Un père de famille qui se retrouve au centre d’une poussée de cas de rougeole, en Colombie-Britannique, reconnaît ne pas avoir fait...
En lire plus...

21 février 2019 à 7h00

Une assemblée citoyenne de l’AFO sur Facebook

Résistance
L'Assemblée de la francophonie de l'Ontario organise sa première assemblée citoyenne en direct sur Facebook le mardi 26 février à 17 h.
En lire plus...

20 février 2019 à 17h10

McMichael accueille l’art pluriel de Françoise Sullivan

McMichael
Les femmes à l’honneur! Depuis le 16 février, le Musée d'art canadien McMichael ouvre ses portes à deux expositions itinérantes sur deux grandes artistes:...
En lire plus...

20 février 2019 à 13h00

Facebook, sauveur des journaux?

journaux, presse, médias
Responsable majeur de leur détresse, Facebook vient aujourd’hui au secours des journaux désemparés en promettant 300 millions $ pour divers projets de journalisme local....
En lire plus...

20 février 2019 à 11h00

Pour la meilleur expérience sur ce site, veuillez activer Javascript dans votre navigateur