L’excision, ça existe chez nous, parlons-en!

Docteure Nesrine Bouzit
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L’excision existe bien à Toronto. Il est compliqué d’avoir des chiffres exacts, l’excision étant pratiquée chez nous derrière des portes closes, souvent sans les outils appropriés et sans anesthésie. Cette mutilation génitale peut même entraîner la mort de la femme qui la subit.

C’est ce qu’a rappelé récemment la directrice générale d’Oasis Centre des femmes, Dada Gasirabo, lors d’un forum sur l’excision à l’occasion de la Journée internationale de tolérance zéro à l’égard des mutilations générales féminines (6 février).

Mme Gasirabo a aussi livré que certaines mères de famille viennent à l’association parce qu’elles ont peur de voir leurs filles victimes de l’excision. «Une bonne partie de l’immigration francophone de Toronto est d’origine africaine et originaire de pays où l’excision est pratiquée. Ça devient un enjeu de l’immigration francophone. Il faut arrêter d’ignorer la question, comme si de rien n’était.»

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Tout l’après-midi, des spécialistes se sont relayés à la tribune de la salle du Collège Boréal pour discuter de cette pratique d’un point de vue médical et juridique. Une femme ayant subi cette mutilation est même venue témoigner.

Deux professionnelles de santé, Nesrine Bouzit et Sophia Koukoui, se sont exprimées sur le sujet. La docteure Koukoui, qui est intervenue par l’intermédiaire d’une vidéoconférence Skype, a rappelé qu’au-delà de la mutilation physique, la douleur psychique et psychologique de l’excision était extrêmement difficile à supporter pour ces femmes.

Quant à Sacha Cragg-Gore, avocat aux services juridiques du Centre francophone de Toronto, il a rappelé que le droit canadien reconnaît l’excision comme un crime, puisque l’acte de mutilation porte atteinte aux droits de la personne. Il a aussi rappelé les procédures judiciaires qui pouvaient être mises en place sur le territoire en cas d’excision au Canada.

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