Les Vikings et la pierre de soleil

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Sous ce titre accrocheur, il ne s’agit pas d’un nouvel épisode des aventures imaginaires du célèbre Tintin, mais d’une histoire réelle. Les Vikings ont bien existé et se sont distingués dans l’histoire entre le VIIe et le XIe siècle, en laissant place tant à la réalité qu’à un mythe donnant d’eux une image guerrière et sauvage.


D’après l’historien Régis Boyer, qui a publié il y a quelques années un ouvrage sur les Vikings, ceux-ci étaient des commerçants scandinaves, désireux de s’enrichir, et pour ce faire ils se sont répandus dans toutes les directions, en créant de grandes rotures commerciales vers le Nord, l’Ouest et l’Est.


On les retrouve en Angleterre, en Irlande, en Normandie, à Gibraltar ou en Russie, à Bagdad, Jérusalem ou Samarkand, pour ne citer que quelques lieux.


Pour effectuer ces déplacements, sur la mer, les fleuves ou les rivières, ils utilisaient ces bateaux connus sous le nom de drakkar. Ce terme est assez récent, puisqu’il date de 1839, créé par l’officier de marine français Auguste Jal. Il serait tiré du suédois drakar, pluriel de drake, dont le sens premier est «serpent monstrueux, dragon», une figure qui ornait la proue des bateaux vikings.


Ces navires étaient rapides. Dotés d’un mât central, ils étaient munis d’une voile carrée. Lorsqu’elle était déployée, l’équipage pouvait aussi manier les rames, pour accélérer la progression de l’embarcation.


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Et avec ces bateaux, les Vikings parcouraient de très longues distances, comme nous en avons la preuve ici même, puisque ces marins, guerriers si nécessaire, commerçants et donc conquérants, ont découvert l’Amérique au moins 500 ans avant Christophe Colomb.


La pierre de soleil


Les découvertes archéologiques de l’Anse-aux-Meadows, à Terre-Neuve, apportent la preuve de la venue des Vikings en Amérique du Nord.


Mais comment ces marins faisaient-ils pour ne pas s’égarer, pour ne pas perdre le Nord? On a dit qu’ils suivaient les côtes. En Europe peut-être, mais entre l’Irlande et l’Islande, l’Islande et le Groenland (pays vert), il y a de grands espaces maritimes.


On a suggéré que le vent les avait détournés de leur route et conduit en Amérique. Mais avaient-ils une route? Et pour les voyages suivants, comment se sont-ils repérés? Les sagas scandinaves parlent de pierres de soleil qui auraient permis aux navigateurs de s’orienter, même par temps couvert, courant dans ces régions.


La légende de Sigurd, dans la saga d’Olaf du Flateyjarbók, raconte ceci: «Le temps était très nuageux, il neigeait. Saint-Olaf, le roi, envoya quelqu’un regarder tout autour, mais il n’y avait pas de point précis dans le ciel. Puis il demanda à Sigurd, de lui dire où le soleil était.


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Afin de s’exécuter, Sigurd prit une «pierre de soleil», regarda le ciel et vit d’où venait la lumière, à partir de laquelle il devina la position du soleil invisible. Et il s’est avéré, que Sigurd avait raison.»


La polarisation de la lumière


Or, la revue britannique Proceedings of the Royal Society A: Mathematical, Physical and Engineering Sciences, publie dans son numéro de novembre 2011 une étude de chercheurs français de l’Université de Rennes, qui montrerait que la pierre de soleil n’est pas une légende. «Un cristal islandais doté de propriétés uniques aurait permis aux navigateurs nordiques de s’orienter sans boussole.»


Cette pierre serait, selon les chercheurs, un spath d’Islande, un cristal de calcite transparent.


Voilà la pierre trouvée. Comment fonctionne-t-elle? Elle détecte la polarisation de la lumière du soleil dont les rayons sont dispersés dans l’atmosphère, selon des plans différents. Le cristal agit comme un filtre, une grille, et ne retient que la lumière polarisée dans une direction particulière, celle du soleil.


En faisant tourner leur cristal, les navigateurs pouvaient déterminer la direction du soleil, même invisible, d’après l’intensité de la lumière polarisée reçue.


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Nous simplifions l’explication technique concernant le fonctionnement de la pierre de soleil. L’étude des chercheurs français montre qu’il est possible que les Vikings aient découvert cette propriété d’un cristal d’Islande et l’aient appliquée à leur navigation.


«À notre grande surprise, les modèles de la direction de polarisation sous un ciel totalement couvert étaient très similaires à ceux du ciel clair », disent les chercheurs.


Trouvaille


On a récemment trouvé un cristal de calcite dans une épave britannique du XVIe siècle, au large de l’île anglo-normande d’Aurigny. Cette trouvaille semble curieuse et l’objet inutile puisque les navigateurs européens connaissaient la boussole depuis le XIIIe siècle. Mais les chercheurs ont une explication.


«Nous avons vérifié à Aurigny qu’un seul des canons remontés de l’épave peut, à cause de sa masse métallique, perturber l’orientation du compas magnétique de 90 degrés.


Ainsi, pour éviter toute erreur de navigation lorsque le soleil est caché, le recours à un compas optique pouvait être crucial, même à cette époque.»


Cette découverte confirmerait indirectement l’existence et l’usage de la pierre de soleil des Viking.

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