Les oeuvres d’un maître-orfèvre influent à Ottawa

Et une collection de photos du Musée des beaux-arts

L'espace d'un instant

Zhang Huan, Pour faire lever le niveau de l’eau d’un étang à poissons (gros plan), 1997, p. 239. Dans l'exposition L'espace d'un instant au MBAC à Ottawa.


5 août 2018 à 11h00

Le Musée des beaux-arts du Canada (MBAC) offre, comme à son habitude, un été d’expositions accompagnées de livres d’art. Nous avons ainsi Laurent Amiot. Maître-orfèvre canadien, en cours jusqu’au 23 septembre 2018, L’espace d’un instant, jusqu’au 16 septembre, Trésors impressionnistes, jusqu’au 6 septembre 2018.

Laurent Amiot. Maître-orfèvre canadien
Laurent Amiot, encensoir et navette à encens de Saint-Anselme, p.152.

L’atelier de son frère

«Avec lui, on cessa de considérer l’orfèvrerie comme de l’artisanat pour l’envisager plutôt comme un art.» (René Villeneuve, De l’art traditionnel à l’art ancien. 1988) Voilà donc un personnage qui a eu une grande influence.

Laurent Amiot est né le 10 août 1764 à Québec. C’est le fils d’un aubergiste.

Il commence sans doute l’apprentissage du travail d’orfèvre dans l’atelier d’orfèvrerie de son frère aîné, Jean-Nicolas, vers 1780. Mais il aurait étudié de 1778 à 1780 au petit séminaire de Québec.

Laurent Amiot. Maître-orfèvre canadien
Laurent Amiot, Reliquaire-monstrance de saint Charles Borromée, p. 145.

Recommandation de Paris

Laurent Amiot part pour Paris où il reste cinq ans en vue de parfaire sa formation. Le jeune orfèvre aurait fait la traversée en 1782, en compagnie de l’abbé Arnauld-Germain Dudevant, du séminaire de Québec, qui retournait en France.

Au printemps de 1787, l’orfèvre débarqua à Québec porteur d’une lettre de recommandation auprès du supérieur du séminaire: «Je vous prie de rendre service [à Amiot], autant que vous le pourrez, pour l’exercice de son talent.»

Au fait des plus récentes innovations techniques, Amiot était prêt à diffuser le style Louis XVI alors en vogue à Paris.

Laurent Amiot. Maître-orfèvre canadien
Laurent Amiot, théière à la sibylle, p. 179.

L’orfèvre

«Par son travail d’orfèvre sur or et sur argent, Laurent Amiot a largement contribué à redéfinir une nouvelle esthétique pour cet art dans le Bas-Canada au cours de la première moitié du XIXe siècle…

Amiot, comme les maîtres-orfèvres de Paris qui travaillent dans la plus pure des traditions académiques, fait partie des quelques orfèvres du Québec qui conservent les dessins de leurs œuvres. Ces dessins illustrent la méthode de création de l’artiste.» (MBAC)

Laurent Amiot. Maître-orfèvre canadien
Laurent Amiot, MBAC, 2018, relié, 30×25 cm, , 172 pages avec illustrations, 256 pages.

Livre d’art

Le catalogue ou livre d’art qui accompagne cette superbe exposition est un ouvrage que l’on voudra se procurer en souvenir d’une visite au MBAC, et pour approfondir ses connaissances, ou pour remplacer une visite que l’on n’a pu faire et découvrir le talent de l’orfèvre Amiot.

Il traite d’une exposition rétrospective qui met en lumière 52 ans de génie créatif et novateur du maître-orfèvre canadien Laurent Amiot. C’est une première nationale et cet ouvrage est particulièrement soigné.

Parmi les 256 pages de cet ouvrage grand format, 172 comportent des illustrations reproduisant des objets créés par l’artiste, parfois en pleine page, parfois plusieurs par page de dimensions différentes.

Tout en un

Et des textes explicatifs ou récapitulatifs permettent de mieux suivre la démarche artistique de l’orfèvre. Un mot de Marc Mayer, directeur général de MBAC, ouvre la suite des exposés culturels.

La reconnaissance d’une figure emblématique met en 30 pages Amiot sur un piédestal. La vie professionnelle d’un maître-orfèvre canadien en donne les raisons. C’est un chapitre-clé pour comprendre la façon de travailler de l’artiste.

Un orfèvre et son œuvre comporte beaucoup d’objets religieux étant donné les relations de l’orfèvre avec les ecclésiastiques du séminaire notamment. En 125 pages, c’est le cœur de l’ouvrage, une partie très illustrée et une relation des productions de l’orfèvre.

Surprenant, révélateur, divertissant, tout en un dans ce bel ouvrage sur papier glacé disponible au MBAC. Une découverte sans aucun doute.

L'espace d'un instant
Walker Evans, Étalage d’un photographe, vers 1936, épreuve à la gélatine argentique, p. 207.

L’espace d’un instant

C’est une exposition très originale organisée par le MBAC sous ce titre énigmatique – L’espace d’un instant –  destiné précisément à retenir l’attention. Cette exposition regroupe des photographies collectionnées par le MBAC au cours des cinquante dernières années.

«Autrefois, explique le Musée, vue comme une discipline documentaire plutôt que faisant partie des beaux-arts, la photographie prend tout son sens dans une nouvelle exposition éblouissante traitant de l’évolution de cette technique sur une période de quelque 180 ans.»

L'espace d'un instant
Richard Leroy, Agnes Julio, 2013, p. 31.

175 photos et images

Quelque 175 photographies et images connexes, détenues par la réserve de l’Institut canadien de la photographie du MBAC, sont présentées dans L’espace d’un instant. On y retrouve aussi bien des épreuves historiques que des œuvres récentes, «créant des synergies visuelles qui invitent à la réflexion».

«Avec des procédés aussi différents que le daguerréotype et le numérique, le ferrotype et l’épreuve au jet d’encre, le monochrome et la couleur hyper saturée, L’espace d’un instant nous montre une technique en perpétuel changement.

À travers le travail d’artistes comme Julia Margaret Cameron, Weegee, Ed Burtynsky, Lynne Cohen et Spring Hurlbut, l’exposition souligne la capacité de la photographie à refléter l’air du temps et à témoigner des univers publics et secrets des photographes.»

L'espace d'un instant
Lisette Model, photographe documentaire (1901-1983), p. 211.

Catalogue

Cet épais livre d’art et d’histoire fera la joie de celles et ceux qui désirent voir comment on est arrivé à la technique photographique moderne. Ce livre «parle», car toutes les pages, à de rares exceptions de textes explicatifs, présentent des photographies,

Il n’est que de regarder, d’analyser, de comparer le passé et le présent, pour voir cette évolution qui a fait de la photographie documentaire un des beaux-arts actuels, à la disposition de tout amateur. Que dire de plus. Il vaut mieux voir.

L'espace d'un instant
L’espace d’un instant : cinquante ans de collectionnement de photographies, 2018, relié, 27x22x3 cm, très nombreuses illustrations, 338 p.

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