Les Jerry Cans font danser Cape Dorset

Une expérience musicale unique avec des talents iconiques du Nunavut

Jerry Cans

Les Jerry Cans en concert à Cape Dorset, Nunavut. (Photo: Heidi Janes)


14 mai 2018 à 9h00

Les Jerry Cans, le coup de cœur de la dernière cérémonie des prix Juno, étaient de passage les 20 et 21 avril à Cape Dorset, petite localité située au Sud-Ouest de l’île de Baffin (Nunavut), pour une série d’ateliers avec les élèves des écoles élémentaire et secondaire, ainsi qu’un concert au profit de toute la communauté.

Ateliers musicaux

Dès leur arrivée, le vendredi, les cinq membres du groupe se sont rendus dans les classes de l’école élémentaire Sam Pudlat afin d’offrir aux plus jeunes, de la maternelle à la 3e année, une expérience musicale des plus enthousiasmantes.

Les élèves ont eu la chance de pouvoir écouter quelques chansons en inuktitut, observer les instruments de musique tels que le violon de Gina Burgess, la violoniste du groupe.

Ils se sont même amusés à chanter le « I Pi Ti Ki », l’équivalent de notre alphabet, et ont dansé sur des chansons traditionnelles, à la grande joie des enseignants présents.

Jerry Cans
Des élèves s’essayent à la batterie. (Photo: Heidi Janes)

Les élèves au cœur des préparatifs

Dans la soirée, les ateliers étaient destinés aux élèves de la 4e année jusqu’à la 12e année. Regroupés dans le gymnase de l’école, les nombreux participants ont notamment eu l’opportunité d’aider à l’assemblage de la batterie avec Steve Rigby, le batteur du groupe, prendre part à un atelier d’écriture avec Andrew Morrison, le chanteur et guitariste, ou encore, pour les plus âgés, participer au montage de la scène et à l’installation de la sonorisation.

La soirée s’est terminée avec la balance (le réglage du niveau sonore de chaque instrument), lors de laquelle les élèves ne se sont pas fait prier pour s’asseoir face à la scène et profiter d’un avant-goût du concert.

Jerry Cans
Des élèves s’essayent à la basse. (Photo: Heidi Janes)

Art et culture inuits

Claude, l’organisateur de l’évènement et responsable du KPAC (Kinngait Performing Art Club), était particulièrement satisfait de l’engouement général. C’est en effet l’occasion pour toute la communauté de vivre une expérience musicale unique, mais aussi de sensibiliser les plus jeunes à cette forme d’art et de leur offrir l’opportunité de découvrir les talents du Nunavut auxquels ils peuvent s’identifier.

Promouvoir les Jerry Cans, dont les textes sont en inuktitut, c’est aussi faire vivre un patrimoine culturel et pérenniser une identité.

C’est à travers le Conseil des Arts du Canada, dont le mandat est d’appuyer la pratique artistique et de la faire rayonner, que Claude a sollicité la venue des Jerry Cans.

Le samedi après-midi, les membres du groupe se sont à nouveau rendus disponibles pour un dernier atelier. Les élèves ont notamment pu pratiquer la guitare avec Brendan Doherty, le bassiste, et s’essayer au traditionnel chant de gorge avec Nancy Mike, la chanteuse et accordéoniste du groupe.

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Derniers réglages avant le concert pour Joshua Qaumariaq du groupe The Trade-Offs. (Photo: Heidi Janes)

Une fête intergénérationnelle

Mais le moment que toute la communauté attendait, c’était bel et bien le concert du soir. Le gymnase de l’école élémentaire, plus grande salle disponible dans la communauté, servait de cadre pour ce rendez-vous unique.

Avec quelques minutes de retard sur l’horaire, le concert pouvait commencer dans une salle comble. C’est Joshua Qaumariaq, leader du groupe The Trade-Offs, autre figure de proue de la nouvelle scène musicale du Nunavut, qui assurait la première partie du concert.

Dans un style blues très énergique, il a fait état de tout son talent et a ravi l’auditoire par sa voix puissante et caverneuse, ainsi que ses solos de guitare très inspirés.

Avant de monter sur scène, les Jerry Cans ont souhaité rendre hommage à un artiste, un aîné de la communauté, très connu localement. Ils l’ont fait monter sur scène pour jouer de la guitare avec eux.

Le public était ravi de voir un des leurs aux côtés de ce groupe emblématique jouer des chansons que tout le monde connaissait par cœur. Pendant quelques minutes, le temps de trois chansons, la communion était parfaite entre ces deux générations de musiciens.

Jerry Cans
Derniers réglages avant le concert des Jerry Cans. (Photo: Heidi Janes)

Ukiuq (aurores boréales)

Les chansons des Jerry Cans, portées par un folk-rock pêchu aux sonorités entraînantes et par la chaleur quasi mystique du chant de gorge, sont largement inspirées par la vie dans l’Arctique canadien, et particulièrement leur port d’attache, Iqaluit.

Les textes sont en inuktitut, un aspect crucial dans la préservation de la langue inuite selon les musiciens. Le ton est souvent léger, lorsqu’ils évoquent les douceurs de la vie quotidienne, mais devient parfois railleur, au moment de critiquer les prix exorbitants pratiqués par une chaine d’alimentation locale, ou encore grave, quand vient le moment d’évoquer les violences domestiques faites aux femmes.

Dans une salle toute acquise à leur cause et survoltée par l’énergie des cinq musiciens, les Jerry Cans ont bouclé leur représentation par leur titre le plus connu: Northern Lights (Ukiuq en inuktitut).

À l’image de cette chanson, qui évoque le contraste entre la rudesse de l’hiver arctique et la magie des aurores boréales, le public a quitté la salle avec des étincelles dans les yeux.

La marche du retour à la maison fut des plus paisibles pour ma famille et moi, avec les regards tournés vers le ciel et ce magnifique paysage à l’affût des belles lumières du Nord.

Si vous n’avez pas encore eu le plaisir de voir les Jerry Cans en concert, soyez prêts: ils débarquent à Toronto puis Ottawa, au mois de mai.

Jerry Cans
Les Jerry Cans en concert à Cape Dorset, Nunavut. (Photo: Heidi Janes)

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