Les Îles de la Madeleine: l’invitation au voyage


22 juillet 2008 à 13h14

Devant moi, le ciel est bas, oscillant entre l’indigo et l’anthracite. Le vent y laisse des stries de lumière parmi ses nuages amassés. De chaque côté de la route, la mer fronce sa surface et fait mousser le blanc de son écume. Dans les anses, les bateaux de pêche ancrés roulent légèrement d’un bord à l’autre. Les dunes de sable ondulent un peu plus loin, adoucissant le relief accidenté des falaises rouges qui vont plonger dans les eaux du Golfe Saint Laurent.

Ma voiture roule, enfilant les îles comme des coquillages sur un collier. Une échappée dans une toile de Turner. Un abandon dans les pastels d’une aquarelle dont les dominantes sont douceur et rêverie. Voilà en tout cas ce que j’éprouve à mon arrivée aux Îles de la Madeleine.

Ce chapelet d’une douzaine de promontoires salins qui s’érodent à une vitesse stupéfiante a eu vite fait de conquérir mon coeur en ce mois de juin. Nommé par les Micmacs «îles balayées par les vagues», l’archipel, découvert par Jacques Cartier en 1534 et terre d’accueil des acadiens depuis 1755, ne cesse de fasciner par ses légendes, ses naufrages, sa culture et son histoire. Ses paysages. Pour moi, il est une invitation au voyage. À la quiétude.

Mon premier arrêt, l’atelier-résidence de la Grande École sur l’île de Havre-aux-Maisons me permet d’apprécier la retraire idéale pour tout écrivain et artiste animé par l’envie de créer. Au premier étage d’un bâtiment patrimonial centenaire qui abrite l’atelier de la Verrerie de la Méduse, ce spacieux studio avec vue sur la mer à 180 degrés est l’écrin idéal pour l’écriture d’un nouveau livre. L’artiste a tout le confort et la latitude pour créer et découvrir en même temps, s’il le souhaite, l’art de la soufflerie de verre.

La tentation d’aborder les Îles de la Madeleine par son relief est forte, c’est pourquoi, sortir en kayak de mer et partir à la découverte de grottes et de théâtres naturels, sculptés dans la roche est presque incontournable. Une excellente façon, ai-je trouvé, de saisir la fragilité de ces îlots que la mer et le vent érodent méthodiquement modifiant la géographie à vitesse accélérée. Cette sortie en mer, ainsi que des randonnées au bord des falaises pour pouvoir admirer les superbes couchers de soleil derrière un phare ou sur la lande combleront plus d’un amateur de plein air.

Dans cette lignée nature, une nouveauté en terme d’écotourisme: la nuitée en yourte. La sympathiques équipe Vert et Mer vous entraîne dans une exploration vivifiante de la flore et la faune des Îles de la Madeleine qui culmine certainement dans un séjour en nomade dans une grande tente blanche. Solidement bâtie au milieu d’une forêt d’épinettes surplombant la mer, elle offre à ses occupants qui pousseront leur marche de quelques pas une vue imprenable sur les Îles.

Inspirée de la tradition des tentes mongoles, la yourte (fabriquée aux Îles de la Madeleine par les deux jeunes fondateurs de Vert et Mer) offre un moyen de se «fondre» dans la nature avec un impact nul sur l’environnement et de goûter en tout confort à l’espace vert qui nous entoure. Expérience unique que je vous recommande vivement (www.vertetmer.com/yourtes.html).

Bien sûr, les plages qui s’étendent paresseusement sur des kilomètres de sable fin, sont une invitation qui ne se refuse jamais. Certaines, comme celle de l’île de Grande Entrée, sont classées (par National Geographic) parmi les dix plus belles plages du monde. Les parcourir en fin de soirée à cheval (la ferme du Petit Galop sur l’île du Havre-Aubert se fera un plaisir de vous faire découvrir cette joie-là) ou à pied lorsque le soleil se lève à peine et que les coquillages les parsèment de leur blanc ivoire est un pur bonheur.

En mi-saison, les madelinots prennent le temps de vous parler et vous servent parfois de guide-nature ou d’ornithologues, vous entraînant parfois hors des sentiers-battus. Pour ceux que les plages attirent, il est possible de faire des concours avec les enfants de châteaux de sable ou de cerfs-volants au milieu des dunes.

Qui dit mer, dit bien évidemment fruits de mer. Or juin est la période idéale pour déguster du homard fraîchement pêché. Dans l’île de Grande Entrée, il est possible parfois d’accompagner un pêcheur dans son travail (à condition de se lever le matin pour un départ à 4h30 et d’avoir le pied marin!). Assister au retour des bateaux et au pesage du homard est tout un spectacle en soi et une manière de mieux appréhender le quotidien de nombreux madelinots.

Quant aux endroits où le déguster, ils abondent et rivalisent de préparation et cuisine: dans l’île de Grande Entrée, le club de vacances La Salicorne en offre de succulents, tandis que sur Cap-aux-Meules, La Table des Roy, n’a pas son pareil pour son raffinement en cuisine de fruits de mer et de préparation du homard. Le restaurant de l’Auberge du Vieux Couvent se défend également très bien avec sa table gastronomique.

Partout dans l’archipel, des restaurants – du petit coin familial à la table d’hôte – raviront vos papilles avec leurs recettes-maison (le pot-en-pot ou le sandwich au requin en sont quelques surprenants exemples) et leur cuisine avec les produits du terroir (à goûter, le fromage Pied de Vent au lait crû).

Vacances gastronomiques qui s’accompagnent de l’accueil chaleureux des Madelinots qui n’hésiteront jamais à engager la conversation avec vous ou qui vous inviteront à jouer du piano ou de l’accordéon dans leur établissement, comme c’est le cas au Café de La Grave, formidable petit endroit au bout d’une digue sur l’île de Havre-Aubert.

On dit que la première ressource économique des Îles de la Madeleine est la pêche et que la seconde réside dans le tourisme. Ne viendrait sans doute pas très loin derrière celle qui s’appuie sur les arts. Car peintres, sculpteurs, souffleurs de verre et autres artistes sont légion sur cet archipel. Il est impossible d’ignorer le dynamisme artistique des îles tant les galeries d’arts abondent et les œuvres s’exposent dans les restaurants, les auberges, les commerces et autres édifices des Îles.

Pour ceux que la peinture et l’artisanat passionnent, il n’y a qu’à demander où se trouve tel ou tel peintre et prendre rendez-vous avec ce dernier pour aller visiter son atelier (j’ai particulièrement aimé, quant à moi, lors de ce passage, les toiles de Marlène Devost et de Carole Piédalue).

Poussez la porte de la boutique des Artisans du Sable et vous serez invités à observer, dans leur atelier, les artistes en plein travail. Idem avec les artistes de La Verrerie de la Méduse qui se feront un plaisir de souffler le verre devant vous pour créer un des vases ou presse-papier présentés dans leur boutique attenante.

Enfin, pour vous reposer de toutes ces expériences, une bonne nuit dans l’une des auberges de ces îles saura vous réconcilier avec le sommeil. Que ce soit avec une baignoire au pied de votre lit, face à une baie vitrée ouvrant sur la mer (club de vacances La Salicorne), une retraite au calme dans une «auberge sympathique» en retrait de toute agitation qui offre en complément un petit déjeuner unique et raffiné (Auberge du Havre-sur-Mer) ou dans le raffinement pourtant simple de l’Auberge du Vieux Couvent, vous êtes garantis de laisser vos tracas au placard et de recharger vos batteries.

Et pour prolonger ce bien-être, un petit saut dans le spa intime et personnalisé, Brume sur mer, s’impose. Profitez ainsi en toute quiétude des bienfaits de la mer.

Vous l’aurez deviné, les Îles de la Madeleine invitent l’artiste à s’exprimer et à chacun de nous à oublier pour un temps le stress de notre quotidien pour s’abandonner avec délice aux charmes multiples de petits îlots dont la douceur et la fragilité en font toute la beauté.

www.quebecmaritime.ca
www.tourismeilesdelamadeleine.com

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