Les Franco-Ontariens veulent que les Québécois s’intéressent à eux

rapprochement des francophonies canadiennes
1,4% des francophones vivant au Québec sont nés en Ontario alors que 20,5% des francophones vivant en Ontario sont nés au Québec.
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L’Assemblée de la francophonie ontarienne (AFO) aimerait la collaboration du gouvernement du Québec pour sensibiliser les Québécois face à l’existence et à la réalité des Franco-Ontariens.

En vue du Sommet sur le rapprochement des francophonies canadiennes, qui débute ce samedi, l’AFO a publié un mémoire visant à «contribuer de façon proactive à une réflexion importante et à un enrichissement des relations entre l’Ontario français et le Québec d’expression française, ainsi qu’entre toutes les composantes de la francophonie canadienne».

Québécois, FHQ, FCFA
La ministre québécoise de la Francophonie canadienne, Sonia LeBel, avec le président de la FCFA, Jean Johnson (en 2019), les co-organisateurs du Sommet des 12 au 17 juin.

Sensibiliser les Québécois

L’AFO formule sept recommandations, qui se veulent des pistes pour améliorer les liens entre l’Ontario français et le Québec.

L’organisme demande notamment que le gouvernement du Québec collabore avec lui pour organiser une campagne de sensibilisation pour mieux faire connaître l’Ontario français et l’ensemble des francophonies au Québec.

«Cela pourrait prendre diverses formes. Comme l’intégration au mandat du ministère de l’Éducation du Québec de la promotion des francophonies canadiennes auprès des Québécoises et des Québécois. Ou des partenariats d’échanges et de développement de programmation entre Télé-Québec et TFO.»

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Reconnaissance officielle des Francophones hors Québec

Le président de l’AFO, Carol Jolin, recommande aussi que le Québec reconnaisse formellement la Fédération des communautés francophones et acadiennes (FCFA) comme groupe porte-parole des communautés francophones à l’extérieur du Québec, et l’AFO comme groupe porte-parole des Franco-Ontariens.

Un sondage de l’AFO auprès de 1123 personnes au Québec et en Ontario, présenté lors de deux webinaires mercredi et jeudi, a permis de découvrir un consensus très fort dans l’importance de sensibiliser davantage les Québécois à la culture franco-ontarienne.

Le président de l'AFO, Carol Jolin, Franco-Ontariens
Le président de l’AFO, Carol Jolin. Photo: Simon Séguin-Bertrand, Le Droit

La mobilité des Franco-Ontariens et des Québécois

L’AFO aimerait aussi créer ces liens avec des ministères québécois, notamment ceux de l’Enseignement supérieur et du Travail et de l’Immigration, «qui verraient la mobilité et le renforcement des francophonies des provinces comme étant un atout».

L’Assemblée souhaiterait également la création d’une table de concertation avec le gouvernement du Québec pour entretenir des relations avec les Franco-Ontariens vivant à l’extérieur de l’Ontario, dont plusieurs demeurent aujourd’hui au Québec, selon les plus récents sondages.

Environ 210 000 personnes vivent dans l’une des deux provinces, mais sont nées dans l’autre. Selon des données de Statistique Canada de 2016, 1,4% des francophones vivant au Québec sont nés en Ontario alors que 20,5% des francophones vivant en Ontario sont nés au Québec.

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Il faudrait par ailleurs «que les états généraux sur le postsecondaire en français étudient la question de la mobilité étudiante et proposent des recommandations sur les façons de s’en servir pour rehausser l’accès à une éducation postsecondaire de qualité en français, et ce, dans le respect de l’épanouissement de la francophonie partout au pays», indique l’AFO.

Franco-Ontariens, Québécois
Frenchons! Une perspective sur la solidarité entre le Québec et l’Ontario de l’illustrateur Marc Keelan-Bishop en 2018.

Les points les plus impopulaires entre Franco-Ontariens et Québécois

Voici les trois idées qui ont recueilli le moins d’avis favorables, selon le sondage de l’AFO :

  • La représentation des francophones hors Québec est adéquate dans les médias canadiens-anglais
  • Les francophones du Québec connaissent bien les enjeux et défis des Franco-Ontariens
  • La représentation des francophones hors Québec est adéquate dans les autres médias francophones québécois, dont TVA

Une très forte majorité des répondants croit donc que les Québécois connaissent mal la réalité des Franco-Ontariens.

sommet rapprochement francophonies canadiennes
Stéphanie Chouinard

«Malheureusement, il n’y avait pas de question pour indiquer si les Franco-Ontariens connaissaient mal la réalité des Québécois», a déploré Stéphanie Chouinard, professeure de sciences politiques au Collège militaire royal et à l’Université Queen’s, à Kingston en Ontario invitée à commenter le sondage lors du premier webinaire.

Le sondage de l’AFO montre que le Québec, tout comme l’Ontario, veut être une communauté d’accueil pour l’autre.

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Migration de maintien ou de rupture

Selon Martin Pâquet, historien politique et professeur titulaire à l’Université Laval, invité à commenter le sondage lors des webinaires de l’AFO, il existe deux types de migrations entre Québec et Ontario français: une de maintien et une de rupture.

«Dans le cas de quelqu’un qui quitte le Québec et qui va à Toronto, il est rare que le point de chute devienne immédiatement celui où il désire demeurer, car ses rêves sont ailleurs.»

sommet rapprochement francophonies canadiennes
Martin Pâquet

Il y oppose la migration de rupture, fondée sur l’espace dans lequel une personne investit dans ses rêves. Un phénomène qui se passe souvent à «la deuxième génération».

Entre Ontario et Québec, le professeur a observé que les Franco-Ontariens et les Québécois connaissent davantage une migration de maintien. «Si on faisait ce même sondage avec des Franco-Colombiens, vu la distance territoriale, ce serait moins fort», pense Martin Pâquet.

– avec des extraits d’un article d’Inès Lombardo, de Francopresse

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