Les fausses nouvelles: un modèle d’affaires

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Si les fausses nouvelles voyagent plus vite que les vraies, comme l’a à nouveau souligné cette semaine une étude qui a fait beaucoup parler d’elle, c’est parce que «la polarisation est un excellent modèle d’affaires».

C’est la vision quelque peu cynique partagée par les auteurs de cette recherche parue jeudi dans Science: ce qu’ils ont constaté en effet, ce n’est pas seulement, comme on a pu le lire à Radio-Canada et dans The Atlantic, que les robots ou «bots» sont moins influents qu’on ne le pensait dans la propagation des fausses nouvelles.

Influenceurs

Ces chercheurs du MIT ont surtout constaté que certains des individus les plus influents dans cette propagation agissent par souci de faire de l’argent.

Les fausses nouvelles se propagent à travers Twitter «plus loin, plus vite, plus en profondeur et plus largement» que les vraies, résume dans le Washington Post Sinan Aral, professeur en technologies de l’information au MIT.

Et une des raisons, c’est que «c’est plus facile d’avoir du nouveau et du sensationnel quand vous n’êtes pas contraint par la réalité».

Si, de surcroît, cette nouveauté, aussi fausse soit-elle, rejoint un grand groupe de gens qui veulent y croire, son diffuseur est gagnant.

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«Écoeurant!»

Dans la même logique, des termes associés au dégoût ou à la surprise semblent augmenter la probabilité qu’une fausse nouvelle soit partagée — du moins, sur Twitter. Que l’auteur soit réellement dégoûté ou qu’il ait simplement utilisé ces mots pour manipuler ses abonnés, n’a pas pu être déterminé par les chercheurs.

Cette recherche du MIT dépasse les précédentes par son ampleur. Ont été analysées 126 000 fausses informations ayant circulé sur Twitter entre 2006 et 2017, diffusées par 3 millions de personnes plus de 4,5 millions de fois.

La science s’en tire un peu mieux que la politique: les fausses informations en science mettent plus de temps que celles en politique à rejoindre un plus grand nombre de gens.

Valoriser la vérité

Pour distinguer le vrai du faux, les chercheurs du MIT se sont appuyés sur six sites de vérification des faits comme Snopes et PolitiFact: lorsque deux d’entre eux attribuaient un verdict à une nouvelle (vraie ou fausse), cela conférait à ce verdict un haut degré de fiabilité.

Dans un texte d’opinion paru dans la même édition de Science, 16 chercheurs en sciences sociales et en droit voient derrière tout cela un motif d’inquiétude: «Comment créerons-nous un écosystème de l’information et de la culture qui valorise et promeut la vérité?»

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