Les Démocrates confirmés comme «le parti de la diversité»

Mais Trump réussit à galvaniser son mouvement

Les États-Unis restent divisés entre Démocrates et Républicains, libéraux et conservateurs, laïcs et religieux, nationalistes et multiculturalistes, élites et classes moyennes, etc.
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L’ajout de nouveaux élus du Parti démocrate au Congrès, aux élections de mi-mandat, ne contredit pas la tendance lourde favorable au populisme aux États-Unis et dans d’autres démocraties occidentales.

«La grande question est de savoir si ces populismes seront nationalistes conservateurs comme celui de Donald Trump, ou socialistes comme celui de Bernie Sanders.»

L’un et l’autre exploitent des difficultés réelles et un mécontentement profond remontant à la crise financière de 2008-09, qui a vu les «élites» économiques et politiques protéger leurs intérêts au détriment de ceux du «peuple». Les grands idéaux, comme ceux qui sous-tendent la Constitution américaine, sont devenus inopérants.

Promesses vides

C’est ce qu’expliquait la semaine dernière Steve Bannon, l’ex-stratège controversé de Donald Trump, sur la scène du Roy Thomson Hall de Toronto, lors de sa participation à un débat Munk de l’Université de Toronto face à l’intellectuel conservateur David Frum, qui a notamment été conseiller de George W. Bush.

Steve Bannon et David Frum à Toronto le 2 novembre.

Selon Frum, les citoyens finiront par constater le vide des promesses populistes et reprendront goût pour des dirigeants plus honnêtes et compétents.

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Bannon s’attendait à ce que les Démocrates retrouvent une courte majorité à la Chambre des représentants, ce qui s’est effectivement produit lundi. Les Républicains ont toutefois conservé le contrôle du Sénat.

Le parti de la diversité

L’élection lundi de plusieurs femmes, de jeunes et de représentants de minorités, tous dans le camp démocrate, est «prometteuse» selon le professeur montréalais d’origine américaine Norman Cornett.

Le professeur Norman Cornett.

Selon lui, même si le président Trump a réussi à galvaniser sa base, les Démocrates peuvent se féliciter d’être «le parti de la diversité», ce qui équivaut presque à dire «le parti de l’avenir».

M. Cornett, qui est Texan, estime que la trop mince victoire du sénateur républicain ultra-conservateur évangélique Ted Cruz au Texas, contre un Démocrate de la mouvance «progressiste», est un signal positif. Même défait lundi, ce Démocrate, Beto O’Rourke, est considéré comme un candidat présidentiel possible en 2020 contre Trump.

Le sénateur Cory Booker (un ancien maire de Newark, New Jersey) est également mentionné parmi les espoirs démocrates de 2020.

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Et Oprah Winfrey? La candidate pour laquelle elle a fait campagne en Georgie, pour le poste de gouverneur, n’a pas été élue…

Car pour regagner la Maison-Blanche en 2020, indique le professeur Cornett, les Démocrates devront surmonter leurs divisions entre «l’establishment» des Joe Biden, Hillary Clinton, John Kerry, Nancy Pelosi et les «rebelles» à la Bernie Sanders, Elizabeth Warren et la jeune Alexandria Ocasio-Cortez.

Un mouvement plus qu’un parti

Trump contrôle désormais le Parti républicain sans partage et demeure un formidable adversaire.

«Trump ne tente pas de gouverner pour tous les Américains», selon Norman Cornett: «son génie réside dans sa capacité de fidéliser sa base, et il l’a consolidée lundi dans plusieurs régions cruciales du Midwest et du Sud», notamment en agitant la menace posée par la caravane de milliers de migrants d’Amérique centrale, rendue à Mexico, en route vers la frontière américaine.

États-Unis
Le président Donald Trump multiplie les rassemblements MAGA (Make America Great Again) pour sécuriser sa base.

Il donne raison à Steve Bannon, même s’il ne partage pas ses idées: «Trump est à la tête d’un mouvement qui a changé le paysage politique.» Mais tout ce brasse-camarade pourrait être salutaire, conclut Norman Cornett, en secouant l’apathie des Américains face à la politique.

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Reste à voir ce que les Démocrates feront de leur nouvelle majorité à la Chambre des représentants: collaborer avec les Républicains pour présenter des réformes économiques et sociales intéressantes, ou relancer les chasses aux sorcières russes et autres procédures en destitution du président, qui risquent d’exacerber la discorde dans tout le pays.

Donald Trump, lui, a donné le ton dès mercredi, en congédiant son ministre de la Justice Jeff Sessions, qui refusait de mettre fin à l’enquête Mueller sur les allégations d’ingérence politique russe, et en révoquant l’accès à la Maison-Blanche d’un journaliste de CNN en pleine conférence de presse.

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