Les déficits libéraux ne stimulent pas grand-chose

– Mad Max au Club canadien

Maxime Bernier

Maxime Bernier


28 mars 2017 à 1h43

«Le déficit de 30 milliards $ du gouvernement de Justin Trudeau a produit une croissance économique de 0.1%» : de 1,8% en 2015 à 1,9% prévue en 2017. Ça ne justifie pas un tel niveau d’endettement, selon Maxime Bernier, candidat à la direction du Parti conservateur du Canada, de passage à la tribune du Club canadien de Toronto mardi dernier, la veille du dépôt du deuxième budget du ministre Bill Morneau.

Ce serait plus acceptable si ces déficits représentaient des investissements dans des infrastructures matérielles ou des programmes qui serviront aux prochaines générations, poursuit-il. Mais ce sont plutôt, selon lui, des dépenses sociales à court terme peu performantes: «les jeunes hériteront surtout des dettes et des taxes».

Considéré comme l’un des meneurs dans cette course à la succession de Stephen Harper qui connaîtra son dénouement le 27 mai, Maxime Bernier estime qu’il serait particulièrement bien placé pour négocier avec la nouvelle administration Trump à la Maison-Blanche, qui veut rouvrir l’accord de libre-échange canado-américain.

Seul des 14 candidats conservateurs à proposer l’abolition de la «gestion de l’offre» dans le secteur agricole, notamment pour les produits laitiers et le poulet, le libertarien de la Beauce propose d’échanger ce protectionnisme canadien – en tête de liste des revendications américaines – contre le libre accès du bois d’oeuvre canadien aux États-Unis, l’un des secteurs menacés par le protectionnisme du nouveau président républicain.

L’IEDM – de toute évidence une source d’inspiration pour M. Bernier – publiait d’ailleurs le lendemain une de ses notes économiques reprenant exactement cette idée.

Et pour promouvoir le libre-échange entre les provinces canadiennes – «l’un des objectifs de la Confédération, toujours pas réalisé 150 ans plus tard», déplore-t-il – il affecterait des experts à l’examen de tous les cas d’accrocs au commerce intérieur pour poursuivre systématiquement les contrevenants.

«Mad Max» rencontrait aussi à Toronto ce jour-là des militants conservateurs, notamment dans un bar de la rue Danforth. Au Club canadien, la rumeur courait qu’il venait de croiser l’ex-premier ministre Stephen Harper qui participait à un autre événement dans le même hôtel Royal York.

Alors qu’on s’attendait à ce que les Libéraux augmentent la taxe sur les gains en capitaux – finalement, ce n’est pas dans le budget 2017-18 – Maxime Bernier propose de l’abolir complètement, afin d’encourager l’investissement et la prise de risques dans le secteur privé. Il veut réduire ou simplifier l’imposition et la taxation de l’ensemble des particuliers et des entreprises.

En plus de permettre aux citoyens de conserver une plus grande part de leurs revenus, c’est aussi un moyen éprouvé de réduire l’évasion fiscale, fait-il valoir.

Il propose des mesures incitatives (crédits d’impôt) plutôt que punitives (taxe carbone) pour permettre aux entreprises canadiennes d’atteindre leurs objectifs de réduction des gaz à effet de serre. Comme d’autres Conservateurs, il renonce apparemment à contredire directement les alarmistes face aux changements climatiques.

Soulignant que le premier ministre Brian Mulroney «s’est battu pour la francophonie» et que Stephen Harper «commençait toujours ses discours en français», M. Bernier a assuré qu’il maintiendrait les programmes de promotion du bilinguisme officiel, «justement grâce aux surplus» qui résulteraient de la prospérité générée par son programme.

Le Club canadien de Toronto, qui célèbre cette année son 30e anniversaire, a renouvelé son conseil d’administration de 24 personnes, ce mardi 21 mars, lors de son assemblée générale annuelle avant le déjeuner avec Maxime Bernier. Le groupe se réunira le 2 mai pour élire une nouvelle présidente 2017-18 – Monique Telmosse (à droite sur la photo) est pressentie – pour succéder à Anne Vinet (au centre).
Le Club canadien de Toronto, qui célèbre cette année son 30e anniversaire, a renouvelé son conseil d’administration de 24 personnes, ce mardi 21 mars, lors de son assemblée générale annuelle avant le déjeuner avec Maxime Bernier. Le groupe se réunira le 2 mai pour élire une nouvelle présidente 2017-18 – Monique Telmosse (à droite sur la photo) est pressentie – pour succéder à Anne Vinet (au centre).

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