L’envers et l’avers du monde 

Dérives américaines: 43 brèves nouvelles d'Hugues Corriveau

Hugues Corriveau, Dérives américaines, nouvelles, Montréal, Éditions Druide, coll. Écarts, 2019, 248 pages. 19,95 $.
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Hugues Corriveau s’est inspiré de Gregory Crewdson, photographe américain qui a réalisé plus de 200 tableaux photographiques sur l’envers du rêve américain, pour concocter 43 brèves nouvelles regroupées sous le titre Dérives américaines.

Il est tour à tour question d’êtres désemparés, de situations improbables, de cérémonies, de temps suspendu, de troubles ou de violences.

Ennui profond

La nouvelle intitulée Les tâches quotidiennes décrit l’univers d’une épouse entièrement consacrée à son mari, les mains dans l’eau de son évier. Je n’ai pas pu faire autrement que penser à La Sagouine et à Gapi.

Corriveau met souvent en scène des personnages souffrant «d’un ennui profond qui n’exclut pourtant pas un bonheur trop simple, si tranquille qu’il ne suscite aucune envie».

Ailleurs improbable

Dans la nouvelle Seuls, avec eux-mêmes, nous suivons d’abord Ashley, fascinée par un ailleurs improbable. L’auteur écrit que cette femme est dans la rue où il n’y a personne, puis ajoute qu’Ashley est à peine une personne. Plus loin, Lauryn est dans un supermarché où l’accumulation de chariots vides mérite plus d’attention qu’elle.

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Corriveau aime provoquer des rencontres avec des êtres désemparés, mis à nus dans toute leur complexe fragilité. À vrai dire, plusieurs de ces 43 nouvelles sont déroutantes au point de nous faire parfois perdre l’intérêt d’en terminer la lecture, aussi brèves soient-elles.

Relations sociales dysfonctionnelles

Le style de l’auteur n’en demeure pas moins finement ciselé. Il écrit, par exemple, que «les ados ont un œil sur le brasier, un œil sur l’écran. Montent ainsi le crépitement des pixels…» Ailleurs, «fêtes inutiles» rime avec «fastes futiles». Et il y a une femme qui «ne laisse aucun indice derrière elle, de ce qui était en elle».

Ces courts textes visent à décortiquer l’American Dream, cette Amérique contemporaine faite d’obsessions et de paradoxes.

Tout compte fait, ce sont les relations sociales dysfonctionnelles qui passent sous la loupe de Corriveau, peu importe la société ou le pays. Nous côtoyons «l’envers et l’avers du monde».

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