Depuis des décennies, lorsqu’on parle de cette mystérieuse énergie sombre qui compose le plus gros du cosmos, la physique tient pour acquis qu’il s’agit de quelque chose d’immuable, qui fait partie de la structure même de l’Univers. Mais s’il se confirmait qu’elle évolue dans le temps?
La question a beau être aussi éloignée qu’il est possible de l’être de la vie quotidienne du Terrien moyen, elle n’en passionne pas moins physiciens et astrophysiciens, parce qu’elle est au cœur des constantes qui définissent la physique… Et, du coup, qui définissent la composition même de tout ce qui nous entoure, jusqu’à l’infiniment grand.
15 millions de galaxies et de quasars
La boîte de Pandore a été rouverte par un instrument appelé le Dark Energy Spectroscopic Instrument, ou DESI. En opération depuis 2019 à l’observatoire de Kitt Peak, en Arizona, il a pour tâche d’effectuer des relevés de galaxies lointaines, précisément dans le but de mesurer l’expansion de l’Univers et l’énergie noire.
Les nouvelles données, dévoilées ces derniers jours dans plusieurs articles prépubliés par l’équipe internationale de DESI, et lors du congrès de la Société américaine de physique, portent sur près de 15 millions de galaxies et de quasars s’étalant sur 11 milliards d’années. Puisque plus l’objet est éloigné, plus on le voit tel qu’il était dans un passé lointain.
Ces données suggèrent que l’énergie noire s’affaiblit au fil de ces milliards d’années.