L’écriture permet de transcender la réalité

Allen Côté, On n’entend plus jouer les enfants, roman, Annika Parance Éditeur, Montréal, 2017, 224 pages, 19,95 $.
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L’auteur saguenéen Allen Côté a récemment publié un roman intitulé On n’entend plus jouer les enfants. Comme lui, le protagoniste est romancier saguenéen; il travaille à un huitième polar, mais un garçon de dix ans le fait dévier de sa route.

Le nom du narrateur-romancier n’est jamais mentionné. On sait qu’il a obtenu un certain succès avec son détective Paulin Dumouchard qui «fume, picole et se bourre d’amphétamines pour rester éveillé et être aux aguets d’une piste menant à l’aboutissement de ses enquêtes».

Le personnage principal n’est sorti qu’une fois du Québec, pour participer à un salon du livre à… Toronto. Il fait une demande au Conseil des Arts du Canada pour écrire «Tueur fou à Toronto», mais reçoit une lettre de refus.

Allen Côté
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Son huitième roman mettant en scène Dumouchard n’avance pas, le narrateur étant entièrement attaché à un autre personnage, un garçon de 10 ans qui est placé dans un pensionnat à Chicoutimi en 1969.

La couverture du livre nous montre l’auteur, au même âge, fréquentant l’École Apostolique de Chicoutimi.

Isabelle, la blonde du narrateur, est deux fois plus jeune que lui et souhaite qu’il devienne le père de son enfant. Les deux ont un projet qui a rapport à la création, que ce soit celle d’un enfant ou d’un roman.

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Le garçon de dix ans, Alex, est constamment plongé dans un vide, celui de sa mère qui le place d’abord chez ses grands-parents, puis au pensionnat, celui de son père qui est séparé de sa mère et parti travailler à la Manicouagan, celui de son frère placé dans une famille d’accueil.

Le narrateur-romancier ne peut écrire un mot quand il est avec Isabelle. «C’est le chaos dans ma tête. Je tourne en rond et mélange tout.» Quand il est seul au Saguenay, il a beau vouloir faire progresser l’enquête de son détective, il est absorbé par l’écriture du récit d’un enfant inconsolable.

Le narrateur et Alex sont indissociables. «On a livré les mêmes batailles. On a pansé les mêmes plaies. On a grandi, on a aimé, on aime et on aimera ensemble.»

Allen Côté décrit avec sensibilité l’atmosphère dans un pensionnat religieux où l’enseignement est dogmatique et les règlements on ne peut plus stricts. Pour Alex, les murs sont glauques et son uniforme asphyxiant.

Pour ce romancier saguenéen, l’écriture permet de transcender la réalité. «On écrit un peu pour se rapprocher de nous-mêmes. On édifie une passerelle entre ce monde et nous-mêmes. Jour après jour. Peine après peine.»

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