Le Yukon et la francophonie célèbrent leurs noces d’émeraude

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Le Centre de la francophonie de Whitehorse, construit en 2002. Photo: LinkedIn AFY
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Des francophones au Yukon, il y en a depuis longtemps. Émilie Tremblay, la famille Mercier, François Houle et tant d’autres. Mais, en 1982, l’union entre la francophonie et le sol yukonnais a été officialisée par la création de ce qui s’appelait à l’époque l’Association des francophones du Yukon.

Le Centre de la francophonie, le Musée MacBride de Whitehorse ou encore le nom des écoles de langue française de la ville mènent à l’évidence… Les francophones ont élu domicile au Yukon depuis la ruée vers l’or, à la fin du XIXe siècle.

Pourtant, la francophonie n’est devenue «officielle» au Yukon qu’en 1982.

Yukon
Le drapeau des Franco-Yukonnais. «Le bleu représente la francophonie et l’éclat du ciel du Yukon, et le blanc, la neige et l’hiver au nord du 60e parallèle. L’agencement de bandes blanches symbolise les montagnes du territoire. Le filon jaune rappelle la ruée vers l’or et le cheminement des francophones qui enrichissent la société depuis la fin du 19e siècle. Le présent symbolisme est fondé sur une variété de sources publiques.» Source: Gouverneure générale du Canada

Tout était à bâtir

Dès 1979, un groupe de personnes qui avaient en commun le français comme première langue ont souhaité se regrouper. «Car l’union fait la force», expliquait André Côté, premier président de l’Association des francophones du Yukon, dans une entrevue accordée au journal local L’Aurore boréale en 2013.

Depuis, l’organisme a toujours eu les mêmes objectifs, soit de favoriser les échanges en français et de mettre en place des services et des institutions indispensables à la diffusion de la langue française et de la culture francophone.

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De ce regroupement est née une association, incorporée en 1982. À l’époque, il n’y avait ni école francophone, ni garderie, ni Centre de la francophonie. Tout était à bâtir, et en 40 ans d’existence, les initiatives se sont enchaînées.

Certains organismes ont été créés en parallèle ou se sont détachés de l’AFY, volant peu à peu de leurs propres ailes. C’est ainsi qu’un journal (en 1983), une école (en 1984) et un groupe de femmes (en 1995) ont vu le jour, pour ne citer que quelques exemples.

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L’Association franco-yukonnaise a déménagé plus d’une fois (ici, en 1987) avant la construction du Centre de la francophonie à Whitehorse, en 2002. Photo: archives Aurore boréale

États généraux de la francophonie yukonnaise

Au fil des ans, ce qui devient l’Association franco-yukonnaise (AFY) prend de l’essor, offrant de plus en plus de services à la communauté d’expression française.

En 2002, l’AFY tient notamment des états généraux sur la francophonie du Yukon, en collaboration avec l’ensemble des organismes de la communauté. Cet exercice de concertation permet de préciser certaines orientations globales du développement communautaire.

Aujourd’hui, forte d’une trentaine d’employés et de plus de 220 membres, l’AFY œuvre dans les domaines des arts et de la culture, de l’emploi et de l’entrepreneuriat, de la formation, de l’immigration, du tourisme, du bien-être des personnes âgées et de la jeunesse.

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Et elle agit comme fiduciaire pour le Partenariat communauté en santé (PCS) et L’Aurore boréale.

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L’assemblée générale annuelle de l’AFY rassemble la communauté. Photo: archives Aurore boréale

Une année de célébration

La date officielle de l’incorporation est le 14 avril. «Avec l’incertitude au sujet des évènements en ce moment, nous avons choisi de célébrer toute l’année», explique Audrey Percheron, directrice des communications de l’AFY.

Elle indique qu’un jeu-concours sera lancé le jour de l’anniversaire de l’AFY, mais le reste des célébrations seront faites lors de plusieurs évènements et initiatives tout au long de l’année.

«Nous soulignerons aussi cet anniversaire lors des grands évènements prévus, comme la Journée de la francophonie», ajoute-t-elle. Le gouvernement du Yukon avait d’ailleurs institué cette journée à l’occasion des 25 ans de l’organisme, en 2007.

Parc national Kluane Yukon
Des montagnes du Parc national Kluane. Les plus hautes montagnes du Canada sont au Yukon. Photo: Julie Gillet via Francopresse

Anniversaire charnière entre les générations

Pour Audrey Percheron, ce 40e anniversaire marque une certaine maturité et solidité, mais aussi une charnière entre les générations, un moment où il fait bon se tourner vers son passé tout en regardant vers l’avenir.

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La directrice des communications cite également la nouvelle devise choisie pour les célébrations. «C’est avec fierté que nous soulignons 40 ans de contribution active au développement et à la promotion d’une francophonie yukonaise forte, vibrante, diversifiée et inclusive.»

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Lors de sa dernière visite au Yukon, en 2013, André Côté (décédé en juin 2021) a posé avec Angélique Bernard, alors présidente de l’AFY. Photo: archives Aurore boréale)

Le rayonnement franco-yukonnais

Si l’AFY travaille activement à l’échelle territoriale, son rayonnement dépasse les frontières du Yukon.

Interrogée sur sa vision de l’organisme, Manon Henrie-Cadieux, conseillère principale pour les relations gouvernementales et les partenariats stratégiques à la Fédération culturelle canadienne-française (FCCF), est catégorique… «Les personnes déléguées du Yukon sont des intervenantes, et des intervenants qui se démarquent comme individus et comme professionnels quand ils participent à la conversation francophone nationale.»

Elle souligne notamment le sentiment de fierté qui se dégage de ces délégués. «Ce sont des vedettes. Par leur confiance identitaire, ce sont des gens qui amènent des idées, des solutions et qui bougent dans l’action.»

Yukon
Le Yukon, dans le Grand Nord canadien près de l’Alaska.

«Faire communauté»

Selon elle, un organisme comme l’AFY a comme défi d’exercer son leadership dans des domaines aussi variés et essentiels les uns que les autres. «Son approche communautaire et pluridisciplinaire en fait un spécialiste sur toutes sortes de questions importantes.»

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«Quand on parle des défis de la francophonie, l’AFY apporte de l’espoir autour de la table et nous permet de voir au-delà des murs. Car la francophonie yukonaise a mis en place des solutions qui sont rassembleuses et respectueuses des individus», ajoute celle qui a également travaillé pour la Fédération des communautés francophones et acadienne (FCFA) du Canada.

Manon Henrie-Cadieux est d’avis que «sans l’AFY et son cheminement historique, il n’y aurait pas eu la possibilité pour les francophones de se rassembler, de “faire communauté” et de se brancher à leur culture – autant celle qu’ils ont célébrée dans leur passé ou dans leurs traditions que celle que les artistes sont en train de créer, de façonner, pour l’avenir».

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