Le stigma: une barrière à l’accès aux services en santé mentale

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Nous entendons souvent la statistique qui indique qu’en Ontario, environ un jeune sur cinq présente un trouble de santé mentale, et qu’environ 70% des troubles de santé mentale commencent pendant l’enfance ou l’adolescence.

Ces statistiques mettent en évidence le fait qu’il est important de bien rejoindre les jeunes et leurs familles en ce qui concerne la santé mentale, afin qu’ils puissent avoir accès aux ressources et au soutien dont ils ont besoin. Il y a par contre encore plusieurs barrières qui peuvent rendre difficile l’accès aux services en santé mentale, et l’une d’entre elles est le stigma.

Si vous reconnaissiez des signes possibles de détresse émotionnelle chez votre enfant, un enfant dans votre famille, ou même chez vous-même, et que ces signes restaient présents pendant un certain temps, qu’est-ce que vous songeriez à faire?

Bien sûr, il est compréhensible et attendu de vivre des émotions difficiles dans notre vie: se sentir triste après une perte, nerveux face à des changements, ou découragé après avoir fait face à des obstacles.

Cependant, si ces émotions difficiles semblent persister et interférer avec la vie de tous les jours chez soi ou chez quelqu’un d’autre, il est important d’être attentif à cela, afin de voir si elles nécessitent un plus grand soutien.

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Il existe différentes sortes d’inquiétudes face à l’idée de consulter des services en santé mentale.

Est-ce que ma situation est assez importante pour mériter de l’aide?

Est-ce qu’on va me juger ou penser que je suis «fou»?

Est-ce qu’on va m’étiqueter d’une manière qui ne me convient pas? Est-ce que ma confidentialité va être respectée?

Qu’est-ce que les gens vont penser s’ils savent que je vais chercher de l’aide auprès de services en santé mentale?

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Est-ce que je pourrais me sentir mieux seulement en faisant «un plan grand effort»?

Ces questions et inquiétudes sont compréhensibles, mais elles démontrent qu’il y a un certain niveau de stigma à accéder à des services en santé mentale. Si quelqu’un remarque des signes d’un problème de santé physique, est-ce qu’il se poserait ce genre de questions avant de se rendre chez son médecin?

Chez les adolescents, qui traversent une période de leur développement où ils prennent conscience de leur identité et où le besoin d’appartenir est particulièrement fort, le stigma peut poser une barrière particulière à accéder à des services de soutien.

C’est pour cette raison que nous avons pensé partager quelques mots de la part de Jessica (pseudonyme), une jeune de 14 ans, qui traversait une période difficile dans sa vie et qui a réussi à faire face à ses inquiétudes initiales face aux services en santé mentale… Voici ce qu’elle a à nous dire:

Qu’est-ce qui t’inquiétait ou te faisait peur avant de commencer à accéder aux services?

«J’avais peur que ça ne m’aide pas et que ce soit plus sérieux que je pensais. Je pensais que ça prendrait 10 ans pour m’en sortir parce qu’à ce moment, c’est comme ça que tu te sens. Je m’inquiétais de la confidentialité par rapport à mes parents, ou que mes pairs à l’école pensent que je suis folle s’ils découvraient que je voyais une thérapeute.

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Mais quand j’ai vu que c’est juste quelqu’un qui est là pour m’écouter et que ça commençait à m’aider, j’ai trouvé la confiance d’en parler aux autres et de ne pas le cacher. Maintenant, je ne sens pas le besoin de cacher le fait d’avoir accédé à de l’aide.»

Comment est-ce que ça t’a aidé?

«Ça m’a aidé à me contrôler et contrôler ce que je pense. Avant j’avais beaucoup de stress, je sentais beaucoup d’émotions fortes, je pensais beaucoup à l’intimidation que j’avais vécue dans le passé, et dans ces moments les plus petites choses pouvaient me toucher.

Ça m’a aidé à me retrouver, à construire mon identité, à me souvenir que ces émotions difficiles sont temporaires et que je vais me sentir mieux finalement. Je me sens plus en contrôle de la situation maintenant.»

Quel message aimerais-tu donner à des jeunes ou des familles dans des situations semblables?

Peu importe la situation, ça peut aider d’en parler à quelqu’un. Pour les jeunes, ça peut aider d’en parler à un adulte ainsi qu’à ses amis. N’ayez pas peur de parler à des adultes. Si vous n’êtes pas certain d’être prêt à parler de ce que vous vivez en personne, peut-être commencez par une ligne d’écoute anonyme comme Jeunesse J’écoute, pour voir comment c’est d’en parler à quelqu’un.

Merci à Jessica d’avoir si généreusement partagé son expérience. Espérons que cela pourra résonner auprès d’autres jeunes, qui vivent des situations semblables et qui ne savent pas comment s’y prendre.

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Renseignements:

Myriam Leduc-Robert est travailleuse sociale à Espace Jeunesse – Service de santé mentale pour les jeunes de 7 à 18 ans, partenariat entre le Centre francophone de Toronto et le Hincks-Dellcrest Centre. Tél.: 416 922 2672, poste 290.

www.jeunessejecoute.ca 1-888-668-6868.

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