Le quotidien des gens ordinaires

Hélène Koscielniak en tarois et Stéphane Ledien en québécois

Hélène Koscielniak, On n’sait jamais à quoi s’attendre, nouvelles, Ottawa, Éditions L’Interligne, coll. Vertiges, 2017, 180 pages, 21,95 $. Stéphane Ledien, Des trains y passent encore, nouvelles, Montréal, Lévesque éditeur, coll. Réverbération, 2017, 108 pages, 22 $.
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Après cinq romans qui ont tous remporté le Prix de la littérature éclairée du Nord, Hélène Koscielniak publie un recueil de douze nouvelles lui permettant de décrire et de réfléchir sur le quotidien de gens ordinaires. Dans On n’sait jamais à quoi s’attendre, elle analyse l’agir humain à partir d’un événement insolite, amusant ou troublant.

L’auteure campe tous ses personnages dans leur chez-soi plutôt modeste. Ils mènent une vie assez tranquille… jusqu’à ce qu’un incident ou accident vienne bouleverser leur sérénité. Cela entraîne souvent une chicane ou un désaccord, créant dès lors une tension, puis un rebondissement et un dénouement inattendu.

Hélène Koscielniak
Hélène Koscielniak

Hélène Koscielniak privilégie la nouvelle avec une finale inattendue. Certains de ses punchs sont fort bien réussis. Mais dans la nouvelle intitulée «Coup de vent», le titre laisse déjà prévoir la finale qui perd, hélas, son punch.

Le recueil ne mêle pas les atmosphères exotique, fantastique, politique ou historique. L’auteure a choisi d’explorer/exploiter la vie au jour le jour, et elle le fait avec doigté.

Au printemps 2016, Koscielniak a écrit un article pour la revue Liaison sur la langue parlée par les Franco-Ontariens, langue qu’elle nomme le «tarois». Elle y revendique l’acception d’une langue orale qui est l’expression de ce qu’est un francophone en Ontario. Cette langue ressemble à «j’délive mon stuff… j’sus fatiké… j’ai r’çu ben des calls… tu penses que mon idée est dumb… as-tu r’barré ’a porte?»

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Je respecte ce choix de l’auteure, mais j’aurais préféré qu’elle glisse plutôt un moé pis un toé icitte et là ou fasse une élision (comme dans le titre du livre) pour donner le ton, au lieu d’écrire tous les dialogues en tarois. Cette approche dérange la lecture plus qu’elle ne la rehausse, à mon avis.

Hélène Koscielniak vit à Kapuskasing et l’action de ses nouvelles semble souvent se passer le long de la route 11, voire jusqu’à Ottawa en passant par Matheson et Kirkland Lake. Peu importe l’endroit, il appert souvent que «la vie n’est qu’une horrible varlope géante qui aplanit tout».

Des trains y passent encore

Dans son recueil de nouvelles intitulé Des trains y passent encore, Stéphane Ledien s’inspire du pont ferroviaire Le Tracel de Cap-Rouge pour décrire «l’enchevêtrement de vies et d’intempéries». Mais qu’est-ce donc que ce Tracel?

Il s’agit d’un pont à chevalets en acier, 1 016 m de long et 52 m de haut, qui enjambe la rivière Cap-Rouge, à l’ouest de Québec. Il fait partie intégrante d’un segment qui relie Moncton à Winnipeg.

Stéphane Ledien
Stéphane Ledien

En mêlant des accents de conte, de légende et de roman noir, Ledien crée des atmosphères de magie, de nostalgie et d’espièglerie. Il y campe des personnages ordinaires dans leur étrangeté. Le Tracel de Cap-Rouge agit toujours comme toile de fond monumentale.

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Ce grand manteau de fer qui habille la région de Québec permet tantôt à des jeunes de jouer les funambules, tantôt à des voleurs de se croire à l’abri de la justice. Alexis Le Trotteur peut même se mesurer à un train d’enfer.

Stéphane Ledien réussit aussi bien à raviver des souvenirs d’un passé enchanté qu’à raconter le vertige et la désillusion du monde, à petite ou à grande échelle.

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