Le Projet Ionesco: l’absurde à l’honneur

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Vendredi dernier, le public de l’Alliance française de Toronto avait rendez-vous avec une myriade de personnages hauts en couleur, tout droit sortis de quelques-unes des œuvres les plus emblématiques d’Eugene Ionesco. Production originale imaginée par Véronique Auger-Drolet, Le Projet Ionesco a rempli le nouveau théâtre, emmenant les spectateurs sur les chemins du rire et de l’absurde, pendant plus d’une heure de dialogues à deux.

L’Express a rencontré les comédiens et la metteure en scène.

C’est après un «trop-plein de traduction gouvernementale» que Véronique Auger-Drolet, jeune «maman à temps plein», a décidé de se consacrer au théâtre, sa réelle passion.

À l’issu de plusieurs mois de réflexion, elle se lance dans le Projet Ionesco avec l’aide d’une amie. Pour sa première production, Veronique Auger-Drolet se fie à son instinct et choisit de mettre en scène plusieurs scénettes de Ionesco.

«Le choix était totalement égoïste», plaisante-t-elle, «j’aime beaucoup Ionesco, c’est un auteur qui peut être lu et jouer à plein de degrés différents, c’est donc très intéressant. J’ai beaucoup lu, puis après j’ai fonctionné au coup de cœur».

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Pari réussi pour la comédienne qui nous offre ainsi six scénettes extraites de cinq pièces différentes: Les chaises, La leçon, Délire à deux, Exercices de diction et La Cantatrice chauve.

Dans la salle, les rires fusent et le public se laisse entraîner par la mise en scène dynamique imaginée par Patricia Marceau. «On a élaboré le jeu au fur et à mesure des répétitions», explique la metteure en scène, «c’est très différent de lire une pièce et de la voir sur scène».

L’exercice est interprété avec brio pour les deux comédiens, Véronique Auger-Drolet et Nicolas Van Burek. Et pourtant, si le jeu paraît fluide et sans effort, cela ne tient qu’au talent des deux acteurs.

«Ionesco est très difficile à mémoriser», nous confie Nicolas, «le texte ne fait pas souvent sens et c’est tellement bizarre que, quand on a des embûches sur scène, il est parfois dur de rebondir. Il faut se fier au rythme de la pièce plutôt qu’aux répliques de son partenaire, qui n’ont parfois rien à voir avec celles qui suivent! »

Après quatre mois de répétitions intenses, les comédiens sont soulagés. La représentation s’est bien passée et le public a accroché, bien que Véronique regrette de ne pas avoir pu gouter davantage aux réactions du public: «On n’entendait pas rire les gens! Le théâtre est fait de telle sorte que sur scène, on n’entend pas ce qu’il se passe dans la salle. C’est assez perturbant!»

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Pas de regrets néanmoins pour les deux comédiens et la metteure en scène qui quittent à présent leur «cocon à trois» pour retourner à leurs projets respectifs.

Nicolas fait partie d’une ONG qui se sert du théâtre comme vecteur de développement en Amérique latine et joue dans d’autres productions torontoises. Quant à Véronique, elle retourne à sa vie de maman active, avec comme projet en cours l’écriture d’une nouvelle pièce de théâtre. Affaire à suivre donc…

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