Le peintre Otto Freundlich: la révélation de l’abstraction

Persécuté et assassiné par le régime nazi

Le Bateau-Lavoir à Montmartre (Paris).
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Il faut le reconnaître, pour la plupart d’entre nous, nous n’avons de l’art abstrait qu’une connaissance vague, imaginaire, faite des quelques éléments glanés ici ou là qui nous servent de référence. L’art abstrait représente pourtant un mouvement artistique réel qui a produit des œuvres picturales originales qui méritent d’être connues.

Les éditions Hazan, spécialisées dans les ouvrages d’art, nous viennent heureusement en aide avec une récente publication intitulée Otto Freundlich. La révélation de l’abstraction (1878-1943).

Le catalogue de l’exposition Otto Freundlich aux éditions Hazan.

Montmartre

L’éditeur présente sa publication bilingue de la manière suivante. «Ce livre est le catalogue officiel de l’exposition Otto Freundlich. La révélation de l’abstraction (1878-1943) au musée de Montmartre Jardins de Renoir (à Paris), du 28 février au 6 septembre… interrompue en ce moment en raison de la pandémie de CoViD-19.

Pionnier de l’abstraction, Otto Freundlich séjourne en 1908 au Bateau-Lavoir à Montmartre,  où il rencontre Picasso, Braque et Delaunay.

Artiste engagé et visionnaire, il porte un message puissant en faveur d’un humanisme réinventé opérant une synthèse entre les arts, la philosophie et la politique.

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Doublement stigmatisé par le régime nazi en 1937, parce que juif et pratiquant l’art abstrait «dégénéré», ses œuvres des années 1910 et 1920 sont en partie détruites. Freundlich est déporté au camp d’extermination de Sobibor, où il meurt le 9 mars 1943.

Cet ouvrage met en lumière comment, par la multiplicité de ses créations et par sa pensée, il joua un rôle précurseur dans la conception de l’art abstrait.»

Otto Freundlich

Munich et Florence

Otto Freundlich est né le 10 juillet 1878 à Stupsk, en territoire prussien appartenant aujourd’hui à la Pologne, et décédé le 9 mars 1943 en Pologne occupée par les forces hitlériennes, à Lublin-Majdanek. C’est un sculpteur et un peintre.

Sa mère est morte après sa naissance et son père s’est remarié. À 19 ans, Otto Freundlich décide d’interrompre ses études classiques, qui ne l’intéressent pas, pour suivre une formation commerciale avant d’obtenir son baccalauréat. Il étudie alors l’histoire de l’art, la philosophie et la littérature.

Il développe une formation hétéroclite montrant qu’il ne sait pas encore ce qu’il pourrait faire. À l’été 1905, il traverse les Alpes pour se rendre à Florence où il demeure jusqu’en novembre. Il revient à Munich en janvier 1906.

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Mais ce qu’il a découvert à Florence l’attire, et il y retourne en octobre où il séjourne jusqu’en janvier 1907. C’est là qu’il réalise la sculpture Männliche Maske (Masque d’Homme). A-t-il enfin trouvé sa voie? Pas encore.

Tableau d’Otto Freundlich dans l’exposition au Musée de Montmartre.

Paris

De retour, il va étudier à Berlin dans des établissements d’enseignement de l’art. Mais Paris l’intrigue et il décide de se rendre dans cette cité d’artistes en 1908. Il prend même un appartement au Bateau-Lavoir.

Le Bateau-Lavoir est un lieu de résidence qui regroupe des artistes. «Ce curieux nom aurait été donné par Max Jacob en raison du linge qui séchait lorsqu’il y vint pour la première fois.» (Wikipédia)

Il a pour voisin d’atelier Pablo Picasso, avec lequel il se lie d’amitié, ainsi qu’avec Georges Braque, Guillaume Apollinaire et les cercles de Montmartre. Puis, en juillet, il retourne à Munich avec l’idée de fonder un établissement d’art et il publie des articles.

En 1909, il effectue son deuxième séjour à Paris à Montparnasse et à Montmartre, où la galerie de Clovis Sagot lui organise une exposition. En janvier 1910, Freundlich est à Berlin où il s’installe dans un atelier et devient membre de la Berliner Secession et de sa revue.

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Tableau d’Otto Freundlich dans l’exposition au Musée de Montmartre.

Encore Paris

À l’automne, il est de retour à Paris jusqu’au printemps 1914. Il crée alors La Grande Tête, une de ses sculptures les plus fameuses, en 1912 : une grosse tête stylisée rappelant un peu les tikis des Marquises.

En 1913, Guillaume Apollinaire écrit pour la revue Der Sturm son article «La peinture moderne», dans lequel il cite Freundlich parmi les peintres allemands les plus intéressants. Ce dernier passe la Première Guerre mondiale dans les services allemands de santé.

Mais désormais Otto Freundlich a trouvé sa voie, grâce en partie à ses nombreux voyages qui accentuent son talent. C’est l’art qui devient sa passion jusqu’à la fin de sa vie, et ses réalisations font l’objet d’expositions qui mettent en lumière ses tableaux qui relèvent de l’art abstrait.

Tableau d’Otto Freundlich dans l’exposition au Musée de Montmartre.

Humanisme réinventé

Le Musée de Montmartre présente ainsi son exposition: «Freundlich est l’un des artistes engagés et visionnaires qui – au cœur de l’histoire tragique de l’Europe du XXe siècle – porte un message puissant en faveur d’un humanisme réinventé, opérant une synthèse entre les arts, la philosophie et la politique.»

«L’exposition met en lumière comment, par la multiplicité de ses créations et par sa pensée philosophique, il joue un rôle précurseur dans la conception de l’art moderne.»

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