Le Pavillon Omer Deslauriers, un modèle

Soins de longue durée en français

Bendale Acres Pavillon Omer Deslauriers

La résidence Bendale Acres à Scarborough. Son étage francophone de 37 lits, le Pavillon Omer Deslaurier, est presqu'à pleine capacité.


20 février 2018 à 11h10

Une étude récente menée par la firme de consultants Santis Health, avec l’appui financier du ministère fédéral de la Santé, a reconnu que les services de soins de longue durée en français du Pavillon Omer Deslauriers à Scarborough constituaient «un modèle innovateur pour desservir les francophones» en milieu très minoritaire comme dans le Grand Toronto et plusieurs autres régions de l’Ontario.

Le Pavillon, un étage de 37 lits du foyer à but non lucratif Bendale Acres de 302 lits, l’un des 10 foyers opérés par la Ville de Toronto, est le seul dans la métropole à accorder, depuis 2013, la priorité aux francophones.

Dans tout le Centre-Sud de la province, on ne trouve qu’un centre de soins de longue durée entièrement francophone, à Welland. Il y en a au moins un autre dans le Nord de la province et un à Ottawa. Ailleurs, c’est le modèle bilingue qui serait plus approprié, ou du moins plus facile à implanter.

Des 651 établissements offrant des soins de longue durée en Ontario, 12 sont «désignés» et 2 «identifiés» (l’étape précédente) sous la Loi des services en français. Quelques autres auraient, en pratique, une certaine capacité francophone, sans que ce soit officiel.

Un guide pour planificateurs et gestionnaires

L’étude de Santis Health est citée dans un nouveau Guide de planification et de prestation des soins de longue durée en français réalisé par le Réseau franco-santé du Sud de l’Ontario (RFSSO), avec des représentants de Bendale Acres et de la Ville de Toronto, de Reflet Salvéo et de l’Entité 4 qui conseillent les réseaux de santé, ainsi que de la Fédération des aînés et des retraités francophones de l’Ontario.

Le Guide met en évidence les principaux facteurs contribuant au fait que les aînés francophones ne reçoivent pas systématiquement des services de santé en français. Il présente un modèle optimal, dix étapes à suivre pour créer une zone francophone dans un foyer de soins de longue durée comme à Bendale Acres, et cinq façons de favoriser l’accès linguistique dans les services de première ligne.

«Au fur et à mesure que les francophones et les autres groupes minoritaires se familiariseront avec ces modèles et services, la demande de la part du public continuera à augmenter», estime-t-on.

En plus des entités régionales de planification de services de santé en francais, le Guide est également destiné aux centres de soins de longue durée, privés ou publics, qui pourraient s’inspirer du modèle de Bendale Acres avec son Pavillon Omer Deslauriers, indique Geneviève Laferrière, coordonnatrice de projet au RFSSO.

35 sur 37

«Bendale Acres collabore avec divers partenaires et membres de la communauté francophone depuis plusieurs années afin d’améliorer continuellement les services offerts à nos résidents», affirme Margaret Aerola, l’administratrice du foyer, où une infirmière-gestionnaire est spécialement affectée à l’étage Omer Deslauriers.

La zone francophone à Bendale Acres avait été créée lors du réaménagement du foyer au milieu des années 1990, sous l’impulsion des Centres d’Accueil Héritage, l’organisme de services et de logements aux aînés au centre-ville de Toronto. Elle n’accueillait alors qu’une poignée de francophones.

C’est la liste d’attente prioritaire qui a entraîné une hausse du taux d’occupation des lits du Pavillon Omer Deslauriers par des francophones. À la fin de 2016, on y accueillait plus de 20 résidents francophones. Aujourd’hui, 35 des 37 lits sont occupés par des francophones, soit presque la pleine capacité!

Il reste que ce n’est pas une tâche facile pour les coordonnateurs des soins de repérer les personnes bilingues dont la langue maternelle est le français, «surtout si ces personnes ont une excellente maîtrise de l’anglais au moment de soumettre leur demande», indique le RFSSO.

Il faut demander

Il faut demander explicitement une place au Pavillon Omer Deslauriers pour accéder à la liste d’attente prioritaire. «Et pour formuler une telle demande, il faut savoir que ce pavillon existe et comprendre à quel point la langue est un facteur crucial pour la santé.»

Or, «le critère linguistique ne se trouve pas souvent au sommet des priorités» lors du choix d’un foyer de soins de longue durée. Pourtant, «même lorsqu’un francophone est bilingue, les études médicales démontrent qu’en âge avancé ou dans les cas de troubles cognitifs ou de démence, plusieurs d’entre eux perdent l’usage de leur langue seconde», indique JoAnne Chalifour, présidente du RFSSO et associée à la Société Alzheimer de sa grande région de Hamilton.

En outre, si une place se libère au Pavillon Omer Deslauriers et qu’aucun francophone ne se trouve sur la liste d’attente, le lit n’est pas laissé vacant. Il est offert à la personne qui occupe le premier rang de la liste d’attente de Bendale Acres, sans égard à sa langue.

Le Pavillon fournit des services en français ainsi que plusieurs activités culturelles, sociales et soins complémentaires. Son personnel de soutien aux résidents est bilingue, notamment parce qu’un grand nombre (82%) de couples désirant vieillir ensemble sont exogames (franco-anglo) et que leurs proches ne parlent pas tous nécessairement le français.

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