Le parler oral, colonial et territorial en Amérique

Dalie Giroux : Parler en Amérique

Dalie Giroux, Parler en Amérique. Oralité, colonialisme, territoire, essai, Montréal, Éditions Mémoire d’encrier, 2019, 136 pages, 21,95 $.
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Professeure de théorie politique à l’Université d’Ottawa, Dalie Giroux s’est penchée sur le Parler en Amérique, pour en explorer l’oralité, le colonialisme et le territoire. «Ce sont les langues du pays, régionales, non écrites, hybridées, dominées, colonisées, mineures, marginales, migrantes, illettrées, enfantines, domestiques.»

On peut inclure dans ces parlures subalternes, mais néanmoins lieux de mémoire et de l’intimité, l’accent beauceron, saguenéen, gaspésien, le joual, le chiac, le cajun, le créole haïtien, le franglais, le parler bilingue, le français maghrébin et africain, pour n’en nommer que quelques-unes.

De la France au Canada

L’auteure fait remarquer qu’«on ne parle pas exactement la même langue au Brésil qu’au Portugal; au Mexique, en Colombie et en Argentine qu’en Espagne; ou aux États-Unis et au Canada qu’en Grande-Bretagne», voire au Québec qu’en France.

Dans la seule vallée du Saint-Laurent, nous côtoyons non seulement les langues coloniales française et anglaise, mais aussi les langues algonquine, abénaquise, mohawk, wendat, atikamekw, malécite, innue, mi’gmak, sans parler de la langue crie et de l’inuktitut qui viennent du Nord mais qu’on peut surprendre tous les jours à Montréal et à Ottawa.

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Une langue qui en cache d’autres

Au sujet du français parler en Amérique, Dalie Giroux souligne que «nous parlons une langue qui en cache d’autres qui cache des ponts vers d’autres langages, qui s’inscrit dans un univers souterrain, qui peut permettre de voyager plutôt que de restreindre, d’enfermer, plutôt que de faire paranoïer ».

Le français au Canada repose sur des colonisations superposées et souvent intriquées, à savoir françaises, britanniques, américaines, canadiennes-françaises, canadians, québécoises ou internationales. Il porte la mémoire du continent et les traces de l’histoire coloniale.

«Tout en gardant les deux pieds solidement ancrés dans la matière foncièrement hybride de l’expression vernaculaire, continuum vivant auquel nous participons constamment et intensément sans pourtant y prêter attention, cet ouvrage invite au voyage, à l’hospitalité, à la curiosité et à une pratique de soi qui puissent initier une machine intime de décolonisation – un autre métabolisme passé-futur…»

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