Le livre des miracles: extraordinaire


18 mars 2014 à 10h44

L’adjectif extraordinaire n’est pas exagéré pour qualifier ce nouveau livre des éditions Taschen, tant du fait de son contenu que de celui de sa présentation.

Les amateurs de sensations fortes, d’art ou d’histoire y trouveront plus que leur compte en prenant connaissance de ces illustrations spectaculaires et même apocalyptiques, qui ne sont pas dépourvues d’une certaine actualité (voir le film Les 12 plaies de l’apocalypse, 2012).

Le livre des miracles

C’est le titre français de l’ouvrage trilingue (anglais, français, allemand) publié en décembre par les éditions Taschen, qui reproduisent le titre d’un manuscrit du XVIe siècle récemment découvert et qui se trouve maintenant aux États-Unis, chez un collectionneur.

«Somptueusement illustré, le Livre des miracles d’Augsbourg, achevé vers 1552, récemment découvert et publié pour la première fois en fac-similé, exprime de façon spectaculaire l’intérêt grandissant de l’Europe du XVIe siècle pur les signes extraordinaires envoyés par le divin. Les préoccupations dont ce manuscrit rend compte n’avaient pourtant rien de nouveau. Elles s’inscrivaient dans la lignée des présages et des prophéties qui remontent à l’Antiquité et à la Bible.»

Cette citation provient de l’article de Joshua P. Waterman, expert reconnu en art germanique de la fin du Moyen Âge et du début de l’ère moderne, intitulé «Les signes miraculeux de l’antiquité à la Renaissance», qui sert d’introduction au Livre des miracles et nous en donne le contenu dans une perspective historique.

Le merveilleux

Le merveilleux, au sens étymologique, concerne des choses étonnantes, surprenantes, et caractérise initialement ce qui relève d’une ou plusieurs divinités.

Le merveilleux fait donc depuis longtemps partie de l’histoire de l’humanité. On le trouve déjà chez les Mésopotamiens, avec l’histoire du déluge, chez les Grecs et les Latins, avec les présages, les oracles, les augures, et dans la Bible dont les auteurs s’inspirent des traditions anciennes, en reproduisant par exemple l’histoire mésopotamienne du déluge.

Le Livres des miracles est une sorte de catalogue de ces faits merveilleux attribués au divin, ayant une signification prophétique, annonçant la fin du monde.

«Tremblez, simples mortels! Les prophéties divines envoyées sur Terre peuvent se traduire par d’effroyables incendies, inondations, invasions de monstres et autres phénomènes apocalyptiques en tout genre. C’est ce que nous enseigne le Livre des miracles.» (Beaux Arts Magazine, no 354)

Quelques précisions

Le manuscrit à l’origine de la publication des éditions Taschen provient de la ville d’Augsbourg, une ville située dans le sud de l’Allemagne, en Bavière.

Depuis la fin du XVe siècle se manifestait un grand intérêt pour les signes miraculeux passés et présents et leur diffusion par des feuilles volantes illustrées et des opuscules. Augsbourg était au centre d’un réseau d’échanges de documents commerciaux et financiers grâce à ses entreprises, dont font partie les célèbres banquiers Fugger, ainsi que ceux relatant des prodiges.

Le manuscrit du Livre des miracles comptait à l’origine 200 feuillets, il comporte actuellement 167 folios (feuillets) originels, auxquels s’ajoutent 23 annexes qui remplacent des originaux perdus lors de la reliure et 4 folios retrouvés par l’auteur d’un texte explicatif, Till-Holger Borchert.

L’ouvrage édité par Taschen se présente ainsi. Un livre de 176 pages, en format paysager (32×22 cm), dont la couverture illustre cet article, comprend deux articles historiques et explicatifs très intéressants, celui cité de Waterman et celui de Borchert, Le Livre des miracles, un relevé des «Sources textuelles et picturales du manuscrit» et surtout la «Transcription».

De la page 102 à la page 159, les enluminures de 192 folios sont reproduites en miniatures et en couleur, et le texte d’accompagne est traduit dans les trois langues.

Ce petit livre, abondamment illustré, est accompagné d’un autre livre très important, relié, de même format (3,5 cm d’épaisseur) qui présente en fac-similé 190 folios avec leurs magnifiques illustrations et leurs textes d’accompagnement.

Cette présentation luxueuse permet de prendre connaissance des enluminures en grand format, tout en lisant les textes dans l’autre livre. C’est très pratique et permet de voir les folios tels qu’ils sont. Le tout se trouve dans un coffret illustré.

Contenu

Les signes miraculeux reproduits relèvent de trois catégories. Les signes de l’Ancien Testament (folios 1-15) débutent par le déluge, un copier-coller biblique d’un texte mésopotamien. Suivent des signes miraculeux de l’Antiquité, du Moyen Âge jusqu’au milieu du XVIe siècle (16-171) pour finir par les signes célestes de l’Apocalypse de Jean.

Il y a beaucoup d’enluminures célestes, mais pas uniquement. Celle de la couverture reproduite montre un animal retrouvé près de Rome, une fois la crue du Tibre terminée.

Intérêt

L’intérêt de cet ouvrage est triple: la rareté du document, l’histoire mystico-apocalyptique, l’histoire de l’art, sans parler de l’élégance de la présentation.

«Parmi les nouveautés Taschen, ne manquez pas Le Livre des miracles, le coup de cœur de Chapitre.com. Le Livre des Miracles est l’une des découvertes récentes les plus spectaculaires dans le domaine des arts de la Renaissance. À découvrir d’urgence.» (www.chapitre.com/CHAPITRE/fr/85493/edito/Default.aspx)

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