Le gouvernement Ford est-il prêt à saisir son «avantage francophone»?

L’AFO n’a «pas d'autre choix» que de persévérer...

énoncé économique et financier
Le président de l'Assemblée de la francophonie, Carol Jolin.
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Témoignant cette semaine devant le Comité permanent des finances et des affaires économiques de l’Ontario, l’Assemblée de la francophonie de l’Ontario (AFO) a invité le gouvernement provincial à saisir son «avantage francophone» dans la diversification de l’économie ontarienne, tout en soulignant l’occasion d’améliorer l’accès aux services en français «en cette période de révision et de création de programmes».

Toujours penser aux Francos

Dans le cadre de ces consultations prébudgétaires, le président de l’AFO, Carol Jolin, a notamment recommandé que le gouvernement de l’Ontario «assure une perspective francophone dans sa révision des finances publiques et dans sa création de programmes, afin d’assurer la pérennité des institutions franco-ontariennes».

Autrement dit: qu’on pense à l’impact des décisions économiques et financières sur la francophonie ontarienne…

Queen's Park
Carol Jolin et la ministre Caroline Mulroney en septembre dernier.

Abolir les RLISS mais pas les Entités?

En santé, par exemple, alors qu’on envisagerait sérieusement d’abolir la bureaucratie des RLISS (Réseaux locaux d’intégration des services de santé), l’AFO propose que soit préservée «la gouvernance communautaire des Entités de planification de services de santé en français, tout en leur octroyant un mandat clair et des ressources additionnelles».

Est-ce utopique ou inconscient de la part des dirigeants de l’AFO, considérant le peu de considération pour les francophones manifestée par le gouvernement conservateur de la province depuis son élection le 7 juin et surtout depuis le 15 novembre?

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«Nous n’avons pas d’autre choix que de continuer de faire notre travail de lobbyiste et de persévérer», répond M. Jolin à L’Express.

Gouvernement encore jeune

Ce gouvernement est «encore jeune», dit-il, les ministres et les députés sont encore novices, et le premier ministre Doug Ford vient à peine de se doter d’une conseillère aux Affaires francophones, Marilissa Gosselin, une ancienne candidate conservatrice que M. Jolin connaît depuis quelques années.

Les ponts ne sont donc pas coupés entre le gouvernement et l’AFO, qui s’autorise à espérer, au printemps, un budget 2019-20 qui ne contiendra pas que des mauvaises nouvelles pour les Franco-Ontariens.

Franco-Ontarienne
Marilissa Gosselin, conseillère de Doug Ford aux Affaires francophones.

Francophonie économique

Au ministère du Développement économique, de la Création d’emploi et du Commerce, l’AFO demande notamment «des initiatives stimulant les entreprises sociales, privées et coopératives et l’entrepreneuriat franco-ontarien».

On souhaite aussi que le gouvernement de l’Ontario affecte deux ressources à temps plein pour travailler sur les dossiers de l’Organisation internationale de la francophonie, en vue de renforcer les liens économiques avec les pays francophones et de créer des partenariats afin de hausser le nombre d’immigrants francophones en Ontario.

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«S’il est normal que notre voisin du Sud soit notre principal partenaire économique, l’Ontario a l’occasion de diversifier davantage son commerce international grâce aux 1,5 million d’habitants de l’Ontario pouvant s’exprimer en français», fait valoir Carol Jolin.

Selon lui, la ministre des Affaires francophones, Caroline Mulroney, manifeste beaucoup d’intérêt chaque fois que l’AFO parle de facilitation du commerce grâce à la francophonie.

Une offre de 42 millions $

Et l’AFO ne lâche pas le dossier de l’Université de l’Ontario français (UOF) à Toronto.

Nonobstant la décision du 15 novembre de stopper sa mise en oeuvre, l’AFO pense pouvoir finir par convaincre le gouvernement de débloquer 42 millions $ sur quatre ans pour l’UOF, pour profiter de la même somme allongée par le gouvernement fédéral, puisée dans le nouveau Plan d’action pour les langues officielles.

ministre de la Formation et des Collèges et Universités
Merrilee Fullerton, ministre de la Formation et des Collèges et Universités.

«Je ne peux pas croire qu’ils (Doug Ford, Vic Fideli, Merrilee Fullerton, Caroline Mulroney…) vont abandonner ces 42 millions $ aux autres provinces», dit M. Jolin.

«Au bout de quatre ans, quand la province aura réussi à assainir ses finances, elle pourra prendre en charge 100% du financement de l’UOF.»

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